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Enseignement religieux : le comité scolaire de l’École Taché interroge la DSFM

Le fronton à l'entrée de l'école Taché.
Des cours de catéchèse seront donnés par le groupe Child Evangelism Fellowship à l’École Taché à l'heure du midi. Photo: Radio-Canada
Catherine Logan
Julien Sahuquillo

À Winnipeg, le comité scolaire de l'École Taché, à Saint-Boniface, s'est réuni mercredi soir pour discuter de la décision de la Division scolaire franco-manitobaine d'autoriser le groupe américain Child Evangelism Fellowship à donner un enseignement religieux à l'heure du midi au sein de l'école.

Une quinzaine de personnes rassemblées ont pu poser leurs questions à des représentants de la Division scolaire franco-manitobaine (DSFM).

Si, habituellement, les membres et les parents d’élèves se réunissent pour discuter de questions pratiques concernant la vie de l’école, le sujet de mercredi était plus épineux. L’arrivée d’un enseignement religieux chrétien une fois par semaine soulève des craintes chez certains parents d’élèves.

Le président du comité scolaire, Lionel Demers, regrette d’ailleurs que la DSFM n’ait pas averti le comité de sa décision plus tôt. La demande de tel cours religieux est en effet faite directement auprès de la DSFM dès lors que 25 parents sont d’accord.

« C’est un peu une surprise qu’on ait ce besoin ici chez certains enfants et familles », affirme Lionel Demers, qui souhaite malgré tout respecter la volonté des parents.

Le directeur général de la DSFM, Alain Laberge, était présent à la réunion pour répondre à des questions de parents du comité réunies par Lionel Demers. « Je n’étais pas surpris par les questions de ce soir. Ce sont les mêmes qu’on entend d’une école à l’autre quand les groupes de religion arrivent. Je comprends l’appréhension des gens, c’est tout à fait normal », a-t-il dit.

La loi scolaire doit être respectée

Face aux inquiétudes de prosélytisme ou d'ambiguïté sur le contenu de cours, le directeur général de la DSFM a rappelé qu’il serait « illégal pour la DSFM » de refuser une demande qui respecte légitimement la loi scolaire.

« En tant que tel, tout enseignement religieux, si c’est la loi qui l’autorise, moi, je n’ai pas d’objection par rapport à ça, parce que nous sommes tous citoyens et nous respectons la loi. Mais il faut quand même reconnaître que les religions, ça soulève beaucoup de passions », reconnaît Sory Sacko, un parent d’élève venu à la réunion.

Alain Laberge a insisté sur le fait que la DSFM a eu des discussions et un contrôle préalable du matériel et du contenu pédagogique de Child Evangelism Fellowship pour s’assurer que les enseignements donnés au sein de l’École Taché respectent les valeurs de la commission scolaire.

De plus, il précise que le programme que la DSFM a accepté n’est pas celui que le groupe CEF présente sur son site Internet et sur lequel certains parents se sont basés pour formuler leur critique quant à des contenus « basés sur la honte » et « faisant la promotion de l’exclusion ».

Des parents présents à la réunion de mercredi ont aussi évoqué des plaintes au sujet des cours donnés par le CEF dans d’autres cadres, notamment aux États-Unis.

À l’extérieur, on n’a pas de contrôle [sur ce qu’un groupe religieux] peut faire, mais il doit se soumettre aux règles de l’école.

Alain Laberge, directeur général de la DSFM

Selon lui, il est du devoir du personnel administratif de l’école de s’assurer que les engagements du CEF quant au contenu de ses cours sont respectés.

Alain Laberge ajoute que ce type de contrôle existe déjà. « Les directions d’école à l’heure du lunch vont de classe en classe, elles vont à l’extérieur », affirme-t-il.

« On s’assure que les administrateurs de l’école vont dans la salle de classe et que le matériel qui est distribué est vérifié », précise Alain Laberge.

Certains parents ont justement souligné le poids supplémentaire de travail pour le personnel de l’École Taché, qui devra alors avoir la responsabilité de s’assurer que le contenu de l’enseignement religieux respecte les valeurs de la DSFM.

Alain Laberge a reconnu devant les parents du comité scolaire ne pas pouvoir déroger à la loi scolaire. Selon lui, si les parents souhaitent s’opposer au droit de demander de l'enseignement religieux à l’école, ou le restreindre, c’est vers le gouvernement provincial qu’ils devraient se tourner.

Manitoba

Éducation