•  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  

Énergir présente son projet de gazoduc

Robert Rousseau au micro
Robert Rousseau, d'Énergir, a présenté le projet de gazoduc lors d'une séance d'information du BAPE. Photo: Radio-Canada / Catherine Dib
Mélyssa Gagnon

La compagnie Énergir demeure convaincue que la construction d'une conduite de 13,8 kilomètres servant à desservir la zone industrialo-portuaire (ZIP) de Saguenay en gaz naturel ne présente pas de risques pour la population et pour l'environnement.

L’entreprise a présenté son projet lors d’une séance d’information tenue par le Bureau des audiences publiques sur l’environnement (BAPE), mercredi soir, à La Baie.

Son porte-parole, Robert Rousseau, a répété que le projet de gazoduc, tel que défini dans une étude d’impact environnemental, a été jugé recevable par le ministère de l’Environnement du Québec.

Une quarantaine de citoyens ont écouté le représentant de l’entreprise dresser les grandes lignes du projet, dont l’objectif est d’alimenter l’usine que Métaux BlackRock souhaite construire à La Baie.

À ce jour, Métaux BlackRock est le seul client d’Énergir dans la ZIP, mais la compagnie croit que la construction du gazoduc inciterait d’autres entreprises à venir s’y installer. L’usine utiliserait environ le quart (27 000 mètres cubes) du gaz naturel qu’Énergir rendrait disponible dans ce secteur de Saguenay.

C’est un beau projet qui va permettre à Métaux BlackRock d’utiliser du gaz naturel au lieu du charbon, avance Robert Rousseau.

Un projet de 30 millions

Le point de départ des infrastructures nécessitant un investissement de 30 millions de dollars serait l'aéroport de Bagotville. Le gazoduc culminerait au quai Marcel-Dionne.

Selon Énergir, autrefois Gaz Métro, il s’agit du meilleur tracé, puisqu’il serait en grande partie adjacent à une infrastructure existante et utiliserait des emprises déjà en place.

Une carte dépeignant le tracé du gazoduc que souhaite construire Énergir. Le gazoduc de 14 kilomètres proposé par Énergir pour alimenter Métaux BlackRock partirait de l'aéroport de Bagotville et aboutirait sur le chemin du quai Marcel-Dionne à La Baie. Photo : Courtoisie

La protection des milieux humides et de la végétation sont les principaux défis auxquels fait face la compagnie, qui a dressé la liste des mesures d’atténuation qu’elle souhaite mettre de l’avant pour limiter les impacts, dont le versement de compensations financières et un suivi de la régénération forestière pendant cinq ans.

On ne travaillera pas de nuit pour le bruit. On ne dérangera pas le monde.

Robert Rousseau

Des mesures d’atténuation sont aussi prévues pour protéger les 12 cours d’eau traversés lors de la construction.

Énergir croit que les probabilités qu’un accident important se produise après la mise en service du gazoduc sont minces et que ces risques sont jugés acceptables par le Conseil canadien des accidents industriels majeurs (CCAIM).

Un plan de mesures d’urgence qualifié de « rigoureux » par l’entreprise a été présenté au ministère de l’Environnement du Québec.

Si le projet d’aménagement de la conduite va de l’avant, 75 travailleurs seront embauchés pendant la construction, ce qui, de l’avis d’Énergir, représente des retombées économiques intéressantes.

Si Québec donne son aval au projet de gazoduc, les travaux commenceraient au début de 2020.

Audiences demandées

Présente lors de la séance d’information, la Coalition Fjord, qui est contre l’implantation d’un gazoduc et d’une usine de gaz liquéfié aux abords du Saguenay, a confirmé son intention de réclamer la tenue d’audiences publiques.

Le BAPE est là pour ça. Il faut l’utiliser. Et on va faire la demande au ministre pour que le BAPE aille jusqu’au bout, confirme Anne Gilbert-Thévard, co-porte-parole de la Coalition Fjord.

L’organisme a questionné Énergir au sujet de la provenance du gaz naturel qu’elle entend acheminer à La Baie et s’il s’agit de gaz traditionnel ou de schiste.

Une porte-parole du BAPE devant une affiche. Une quarantaine de personnes ont assisté à la séance d'information organisée par le BAPE. Photo : Radio-Canada / Catherine Dib

La compagnie fait affaire avec une soixantaine de fournisseurs de l’Ouest canadien et du nord des États-Unis. Le gaz provient de bassins traditionnels et non traditionnels. La compagnie assure qu’elle a mis en place une démarche pour assurer la traçabilité du gaz naturel.

« Les gaz de schiste, entre autres pour les populations locales qui sont autour de ces sites d’extraction, c’est inquiétant parce qu’il y a des impacts sur la santé et aussi beaucoup plus de production de gaz à effet de serre », affirme Anne Gilbert-Thévard.

Pierre Charbonneau, mandataire d’une pétition signée par plus de 9000 personnes qui se disent en faveur des grands projets dans la région, est pour sa part venu poser des questions d’ordre technique.

Saguenay–Lac-St-Jean

Environnement