•  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  

12 livres pour survivre à la mort d’un proche

Des personnes petites lisent des livres en étant assises sur des livres géants.
Voici une liste de 12 livres sur la mort et le deuil Photo: getty images/istockphoto / ma_rish
Radio-Canada

Écrire sa douleur peut faire partie du processus de deuil. Plusieurs écrivains et écrivaines l'ont fait avec succès à la mort d'un proche, et c'est le thème de la liste de lecture que nous vous proposons aujourd'hui.

Pauvres petits chagrins, de Miriam Toews, l’un des cinq romans en lice pour le Combat national des livres 2019, est inspiré de l’histoire de l’autrice, dont la sœur et le père se sont suicidés. C’est en écrivant ce livre, qui, contre toute attente, est drôle, qu’elle a finalement pu « accepter » l'indicible.

Voici 12 livres lumineux qui parlent de la mort sans jamais être lugubres.


La page couverture du livre.Tes lunettes sans ton regard Photo : Éditions David

Tes lunettes sans ton regard, de Joanne Morency (Éditions David)
Ce récit autobiographique raconte par petites touches le quotidien de l’écrivaine dans les jours, les semaines et les mois qui ont suivi la mort de sa mère.

« Pour exprimer ces derniers moments avec sa mère, Johanne Morency conjugue ici la prose poétique et le haïku dans cette forme si particulière qu’offre le haïbun. » Joanne Morency a gagné le Prix du récit Radio-Canada en 2014 avec un extrait de ce livre.

Originaire de Sherbrooke, Joanne Morency vit en Gaspésie. Elle a remporté le Prix de poésie Radio-Canada 2015 pour Ni le nom des caresses en français, une suite poétique qui explore les rapports entre l'intime, la solitude et l'écriture. Elle vient de lancer le livre Preuves d'existence.


La page couverture du livre.Le fleuve, de Sylvie Drapeau Photo : Éditions Leméac

Le fleuve, Le ciel, L’enfer et La terre, de Sylvie Drapeau (Leméac)
Ces quatre romans font partie d’une tétralogie dans laquelle l’autrice raconte les différents drames qui ont émaillé son histoire familiale.

Il y a eu d'abord Le fleuve (2015), qui racontait la noyade de son grand frère. Ensuite, Le ciel (2017) constituait une déclaration d’amour à sa mère disparue. Avec L’enfer (2018), elle parle de la schizophrénie et du suicide de son frère. Dans le dernier roman, paru en 2019, La terre, l’autrice parle de la mort de l’une de ses sœurs, Suzanne. Elle a voulu faire une adresse à ses morts.

Sylvie Drapeau est comédienne. Elle a joué dans de nombreuses productions théâtrales ainsi qu’au cinéma et à la télévision.


La page couverture du livre.Tombeau de Lou Photo : Éditions du Noroît

Tombeau de Lou, de Denise Desautels (Éditions du Noroît)
Les photographies de l'artiste Alain Laframboise ont été l’inspiration de la poète pour l'expression de toute la souffrance qu'a provoquée le décès de son amie Lou.

Résumé : Ce livre est le chant d'une mémoire en deuil. La disparition de Lou, l'amie d'enfance, la sœur choisie, inflige une souffrance qui touche à l'indicible, l'enjeu de toute la poésie.

Denise Desautels a publié plus de 40 ouvrages et remporté de nombreux prix, dont le Prix du Gouverneur général, le prix Athanase-David et le Prix européen de littérature francophone Jean-Arp. Elle a été membre du jury du Prix de poésie Radio-Canada en 2013.


La page couverture du livre« Ceux qui restent », de Marie Laberge Photo : Radio-Canada / QuébecAmérique

Ceux qui restent, de Marie Laberge (Québec Amérique)
Un roman qui parle du suicide et de ses conséquences pour les proches qui doivent gérer leur vie après un tel drame. Personne n'en sort indemne. Un livre qui est malgré tout loin d’être sombre.

Résumé : Combien de gens sont touchés, atteints en plein coeur quand quelqu'un se suicide? Combien de blessures sont infligées à ceux qui restent?
Charlène, Vincent, Mélanie, Stéphane, Muguette... tous brisés, freinés dans leur vitalité par la mort brutale de Sylvain. Chacun réagit à sa façon. Chacun se bat comme il peut, avec les armes dont il dispose. La violence du geste suicidaire se répercute longtemps dans leur existence. Mais la vie est forte, très forte.

Marie Laberge est l’une des écrivaines les plus lues du Québec. Elle a écrit de nombreux romans et pièces de théâtre.


La couverture du recueil de nouvelles Le jeu de la musique de Stéfanie ClermontLe recueil de nouvelles Le jeu de la musique de Stéfanie Clermont Photo : Radio-Canada

Le jeu de la musique, de Stéfanie Clermont (Le Quartanier)
La trentaine de nouvelles qui composent le livre se lisent comme un roman, puisqu’elles mettent en scène le même groupe d’amis à différents moments de leur vie.

Résumé : Un garçon se suicide sur un terrain vague d'Hochelaga-Maisonneuve où il passait souvent la journée étendu au soleil et la nuit à faire des feux. Des amis lui survivent. Ils portent sa mémoire et continuent à vivre, à lutter, à aimer, confrontant les amours du présent à ceux du souvenir. Depuis l'enfance dans l'Ontario français jusqu'aux squats punks de Californie, en passant par le Montréal des années 2010, Le jeu de la musique est un appel, une ode à la vie et à l'amitié, adressée à celles et à ceux qui ressentent toute la violence du monde, au point parfois d'avoir envie de mourir.

Ce roman est le premier de la jeune autrice Stéfanie Clermont, qui a grandi à Ottawa et habite maintenant Montréal. Ce livre a été défendu par Philippe-Audrey Larrue-St-Jacques au Combat national des livres 2018.


La page couverture du livre.Je voudrais me déposer la tête, de Jonathan Harnois Photo : Les éditions Sémaphore

Je voudrais me déposer la tête, de Jonathan Harnois (Éditions Sémaphore)
L’auteur raconte le lent et difficile processus de reconstruction après le suicide d'un ami.

Ce roman est décrit comme une ode à la vie, à l’amitié et à l’amour. « Je voudrais me déposer la tête aborde le suicide, mais du point de vue de la vie. Celle qu'il reste à rebâtir, après. Sans nier la peine, la douleur, ni la colère, l'auteur nous entraîne du côté lumineux des choses. »

Jonathan Harnois est né à Joliette. Il a été finaliste du prix Anne-Hébert en 2006 pour ce roman qui était son premier. L’adaptation théâtrale du roman a été jouée par le théâtre PàP à l’Espace Go, une mise en scène de Claude Poissant, en avril 2007. Poète, romancier, nouvelliste et chanteur (il est finissant de l'École nationale de la chanson de Granby), Jonathan Harnois a aussi remporté le Prix du récit Radio-Canada en 2009 pour son récit Sonam, inspiré d'un voyage au Tibet.


La couverture du livre « Dehors » de Gilles Poulin-Denis : vue en coupe d'une souche d'arbre illustrée sur laquelle est dessinée une cible rouge.La couverture du livre « Dehors » de Gilles Poulin-Denis Photo : L'instant scène

Dehors, de Gilles Poulin-Denis (Instant même)
Cette pièce raconte l’histoire d’un journaliste correspondant de guerre qui revient à la ferme familiale à la suite du décès de son père, après 14 ans sur le terrain. On peut voir la pièce, enregistrée au Théâtre Cercle Molière, à Winnipeg, sur ICI Tou.tv. (Nouvelle fenêtre)

Résumé : La pièce de théâtre raconte avec brio une histoire intemporelle et universelle, celle de deux frères déchirés par le décès de leur père. Arnaud, l’aîné, a quitté dès qu’il l’a pu la ferme familiale au profit d’un travail de journaliste international. Resté seul avec son père, Armand a longuement mûri sa rancœur envers ce frère qui, estime-t-il, l’a abandonné. Convoqués par le notaire pour la lecture du testament paternel, les deux hommes s’affrontent là où tout a commencé, dans la forêt qui entoure la maison.

Fransaskois maintenant établi à Vancouver, Gilles Poulin-Denis est comédien, auteur et traducteur. Il a quitté ses Prairies natales afin de poursuivre une formation en art dramatique à l’Université du Québec à Montréal. Nommé par Wajdi Mouawad, il a été auteur associé au Théâtre français du Centre national des Arts du Canada de 2008 à 2011, où il a développé la pièce Dehors.


La page couverture du livre.Dolce agonia, de Nancy Huston Photo : Leméac

Dolce agonia, de Nancy Huston (Leméac/Actes sud)
Présentation de l’éditeur : Dolce agonia est une danse macabre autour d'un repas de l'Action de grâces dans l'Amérique profonde, où 12 convives partagent leurs vues sur la vie, la mort, l'amour, leurs espoirs et leurs désillusions.

Écrit d'abord en anglais avant d'être traduit par l'autrice, Dolce agonia était en lice pour le Goncourt en 2001. Romancière et essayiste, Nancy Huston est née à Calgary et vit à Paris depuis plusieurs années. Elle a écrit de nombreux romans, dont L'empreinte de l'ange, Instruments des ténèbres et Cantiques des plaines.


La page couverture du livre.Pour faire une maison avec ses morts, d’Élise Turcotte Photo : Leméac

Pourquoi faire une maison avec ses morts, d’Élise Turcotte (Leméac)
L’autrice présente dans ce recueil de nouvelles sept récits qui parlent de la mort autour de sa propre vie.

Écrivaine prolifique, poète, romancière et autrice pour la jeunesse, Élise Turcotte est reconnue pour sa réinvention de la langue française, qu'elle dit vouloir rapprocher de l'américanité, sans négliger le style, mais sans trop d'insistance. Elle a remporté à deux reprises le Prix du Gouverneur général.


La page couverture du livre.Au milieu des vivants, de Josée Bilodeau Photo : Hamac

Au milieu des vivants, de Josée Bilodeau (Hamac)
L’amant de la narratrice meurt au milieu d’une tempête de neige de décembre. La veuve disperse ses cendres, la laissant sans lieu pour se recueillir. Pour vivre ce deuil qui lui est interdit et qui doit se vivre caché, la narratrice part au Mexique, pays qui célèbre joyeusement ses morts. L’autrice voulait voir comment le deuil travaille à l’intérieur de nous.

Originaire de l'Abitibi, Josée Bilodeau vit à Montréal. On lui doit, entre autres, On aurait dit juillet (2008) et Incertitudes (2010), parus tous deux aux éditions Québec Amérique. Parallèlement à son métier d'écrivaine, elle travaille comme réviseure au site Internet de Radio-Canada. Au milieu des vivants est son cinquième livre.


« L’énigme du retour », de Dany Laferrière« L’énigme du retour », de Dany Laferrière Photo : Radio-Canada / Boréal

L’énigme du retour, de Dany Laferrière (Boréal)
Ce livre parle du deuil du père, celui qu’un fils n’a pratiquement pas connu. Il évoque aussi la douleur de l’exil quand on quitte son pays.

Résumé : Un jeune homme de 23 ans a quitté son pays de façon précipitée. Un homme épuisé y retourne, 33 ans plus tard. Le jeune homme est passé de l’étouffante chaleur de Port-au-Prince à l’interminable hiver de Montréal. Du sud au nord. De la jeunesse à l’âge mûr. Entre ces deux pôles se trouve coincé le temps pourri de l’exil.
Une nuit, un coup de fil lui apprend le décès de son père à New York. Ce père qu’il n’a pratiquement vu qu’en photo. Cet événement le fait quitter la baignoire pour prendre la route. D’abord n’importe où, vers le nord; comme un adieu à cet univers de glace qui l’a tenu au frais si longtemps. Puis à New York pour les funérailles de son père, que l’exil avait rendu fou. Il compte le ramener dans son village natal de Barradères, dans le sud d’Haïti. Pas le corps, qui appartient au voyage. Plutôt l’esprit. Des funérailles sans cadavre. Et le voici à Port-au-Prince, où il se terre dans une chambre d’hôtel, n’osant regarder cette ville qu’il a tant rêvée, là-bas, dans sa baignoire à Montréal.

Né à Port-au-Prince en avril 1953, Dany Laferrière n’a plus besoin de présentation. Il a grandi à Petit-Goâve. Il quitte son pays natal à la suite de l’assassinat de son collègue et ami, le journaliste Gasner Raymond. Il s’installe au Québec, où il occupe plusieurs emplois avant de commencer à écrire. Son premier roman, Comment faire l’amour avec un nègre sans se fatiguer, paraît en 1985 (VLB). Le succès est immédiat et les réactions nombreuses. Laferrière devient alors l’un des principaux représentants d’une nouvelle génération d’écrivains dans le paysage littéraire québécois. Il est le premier et le seul Québécois membre de l’Académie française.


La page couverture du livre.Loin d'elle, d'Alice Munro Photo : Rivages

Loin d'elle, d'Alice Munro. Traduit par Geneviève Doze (Rivages poche)
L’histoire parle de ce qu’on appelle le deuil blanc et qui survient avec la maladie d’Alzheimer. La personne qu’on a connue n’est plus là et nous oublie, mais elle fait toujours partie du monde des vivants. C’est ce qui arrive à Grant, alors que sa femme Fiona, avec qui il est marié depuis 50 ans, est placée dans une institution. Quand il retourne la voir, un mois plus tard, elle l’a oublié. Loin d'elle est une nouvelle tirée du recueil L'ours traversa la montagne. Elle a inspiré le film du même titre de Sarah Polley.

Fille d'un fermier et d'une maîtresse d'école, Alice Munro a grandi à Wingham, en Ontario. Plutôt réservée, elle s'est très tôt spécialisée dans un genre particulier : la nouvelle.
En 2013, elle remporte le prix Nobel de littérature, considéré comme la plus haute distinction littéraire du monde. L'écrivaine, âgée de 87 ans, est la plus primée des autrices et auteurs de toute l'histoire du pays.

Livres

Arts