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Le plaisir toujours au rendez-vous pour le vétéran hockeyeur d’une ligue de garage

Herman Morin a disputé une 52e saison avec le club La Dépression en 2018-2019.
Herman Morin joue au hockey avec le club La Dépression depuis 1967. Photo: Radio-Canada / Francis Bouchard
Francis Bouchard

À 76 ans, Herman Morin complète une cinquante-deuxième saison de hockey avec le club La Dépression à Hearst.

Tant que mon corps dit que c’est correct, on va continuer, affirme le septuagénaire qui enfile son équipement deux fois par semaine, le vendredi soir et le dimanche matin.

Herman Morin est le dernier membre original du groupe fondé à l’automne 1967.

Il était alors âgé de 25 ans quand il a été invité par un ami, Léo Turbide, à se joindre à d’autres afin de former deux équipes de hockey qui s’affronteraient d'une façon hebdomadaire pour s’amuser.

Le groupe adopte le nom La Dépression, tel que suggéré par le directeur de l’aréna de Hearst à l’époque, qui s’est inspiré d’un groupe du même nom à Montréal.

À ce jour, Herman Morin n’est pas certain de l’origine du nom. Ce n’est pas dépressif, loin de là, dit-il.

Des membres originaux du club de hockey La Dépression à Hearst.Lors du cinquantième anniversaire du club La Dépression en 2017, Herman Morin (deuxième de la gauche) pose avec quelques membres originaux du groupe, Léo Turbide, Gérard Proulx et Dominique Proulx. Photo : Lise Camiré Laflamme

La plupart des joueurs n’avaient pas ou très peu évolués au hockey.

Quand ç’a commencé La Dépression, la plupart (des gars) ne savaient pas patiner. Il y en a qui faisaient le tour de la glace et se tenaient avec la bande. Mais c’était une rencontre de chums.

Herman Morin

M. Morin n’avait jamais lui-même vraiment joué au hockey.

Ce sport ne faisait pas partie de ses activités quand il a grandi au sein d’une grande famille sur une ferme à Ryland, située à dix kilomètres de Hearst.

Toutefois, il a appris à patiner à l’adolescence en fréquentant le Séminaire de Hearst pour ses études secondaires à la fin des années 50.

Tous les autres jouaient du hockey et un vieux curé m’a demandé pourquoi je ne patinais pas. J’ai dit que je n’avais pas de patins. Il m’en a acheté une paire. C’est là que j’ai commencé à patiner, dit-il.

Au séminaire, sa seule présence dans un match de hockey s’est soldée par un coup de bâton au visage, ce qui lui a valu dix points de suture.

Extérieur du Centre récréatif Claude LaroseLe Centre récréatif Claude Larose, où évoluera la nouvelle équipe junior A de Hearst, les Lumberjacks. Photo : Radio-Canada / Francis Bouchard

Par contre, un autre élève presque du même âge que lui était un joueur étoile.

Claude Larose était sur le point d’être invité à faire partie de l’organisation des Canadiens de Montréal.

Après ses années au séminaire, Herman Morin est entré sur le marché du travail et n’a plus pensé au patinage ou au hockey avant la fameuse invitation de 1967.

Herman Morin examine d'anciennes photos du club de hockey La Dépression.Herman Morin examine d'anciennes photos du club de hockey La Dépression. Photo : Radio-Canada / Francis Bouchard

Au début, le groupe La Dépression saute sur la glace le dimanche soir, après le match hebdomadaire de l’équipe de hockey senior de Hearst, les Lumberkings.

Parfois les parties des Lumberkings se terminaient à 23 h ou même à minuit.

Il fallait passer les pelles et arroser la glace avec des barils. On pouvait prendre notre bière à 2h du matin. C’est arrivé assez souvent qu’on ne se couchait pas et on allait travailler lundi matin, se rappelle Herman Morin.

Plus tard, le groupe a réussi à obtenir des heures de glace plus favorables le dimanche matin, ainsi que le vendredi soir.

Le calibre de jeu est plus élevé maintenant qu’au début, mais les responsables du groupe se chargent d’équilibrer les équipes pour que le jeu soit partagé.

L'amitié entre les joueurs caractérise le groupe depuis ses débuts et constitue un élément important qui incite Herman Morin à continuer.

Avant et après la partie, c’est l’esprit de camaraderie. Pour moi, c’est ma seconde famille, La Dépression.

Herman Morin
Le club de hockey La Dépression à Hearst existe depuis 1967.Herman Morin pose avec les joueurs de La Dépression. Photo : Radio-Canada / Francis Bouchard

Esprit de camaraderie

Chaque année, durant ou après la saison, les membres du club se réunissent pour des activités à l’extérieur de la patinoire.

Au fil des ans, le groupe a participé à plusieurs tournois dans d’autres communautés et a participé à des voyages organisés à Ottawa et à Philadelphie.

Des équipes de La Dépression participent aussi annuellement au Tournoi des Deux Glaces, qui clôture la saison de hockey à Hearst.

M. Morin explique la survie du club par l’imposition de règlements contre la rudesse et pour favoriser l’assiduité.

S’ils ne peuvent jouer, les joueurs réguliers doivent trouver un remplaçant à partir d’une liste, sous peine d’une petite amende monétaire.

Les frais payés par les remplaçants, ainsi que les amendes génèrent des fonds pour les fêtes.

Le club se permet même des dons, comme une contribution de mille dollars, effectuée il y a quelques mois, à la Fondation de l’Hôpital Notre-Dame de Hearst.

Au sujet de sa propre longévité, Herman Morin est plutôt humble : Être capable de jouer encore, ce n’est pas un exploit, c’est un privilège, il faut l’apprécier et en profiter chaque jour qui passe, affirme celui qui porte le numéro 42 en l'honneur de son année de naissance.

En octobre prochain, Herman Morin célébrera ses 77 ans et il envisage une 53e saison avec La Dépression.

Nord de l'Ontario

Hockey