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Formations des cadets : les occasions se font rares pour les francophones unilingues, se défend la GRC

Des agents de la GRC portent un drapeau du Canada.
Depuis le 1er avril, les cadets de la Gendarmerie royale du Canada (GRC) n'ont plus la possibilité de recevoir leur formation policière en français. Photo: Getty Images / VisualCommunications
Angie Bonenfant

La Gendarmerie royale du Canada (GRC) a défendu, mercredi, la mise sur pied d'un projet pilote qui met fin aux formations policières en français des cadets. L'organisation dit avoir choisi de former les recrues seulement en anglais ou dans un format bilingue afin de respecter la réalité policière sur le terrain.

Dans une entrevue accordée à Radio-Canada, le commandant responsable de l’École de la GRC à Regina, Jasmin Breton, a expliqué que depuis la fermeture de certains détachements situés dans la province du Québec, il n’existe plus de postes unilingues francophones à la GRC.

Une fois leur diplôme obtenu, les futurs agents fédéraux seront appelés à travailler dans un milieu majoritairement anglophone ou bilingue, a-t-il précisé. Les formations ont donc été conçues en fonction de cette réalité.

Tous nos postes aujourd’hui sont des postes soit anglophones ou bilingues.

Jasmin Breton, commandant division Dépôt, École de la GRC

Je comprends l’aspect de formation en français, je respecte ça. Sauf qu'en bout de ligne, c’est beau de former quelqu’un en français, mais on n’a pas de jobs pour vous parce que vous ne parlez pas l’anglais, a-t-il déclaré.

Ce n’est pas que l’on veut fermer la porte aux joueurs francophones, mais c’est juste la réalité de ce que l’on a comme organisation.

Mardi, Radio-Canada a révélé que la GRC mettait à l’essai un projet pilote de deux ans au cours duquel on privilégiera des formations bilingues au détriment d’une formation uniquement en français. En 2019-2020, deux troupes de 32 cadets chacune suivront une formation bilingue. Les 38 autres troupes apprendront leur métier en anglais.

Le commissaire aux langues officielles, Raymond Théberge, a déjà reçu deux plaintes en lien avec ce changement et il analyse présentement leur recevabilité.

Avant, les cadets pouvaient choisir d’être formés uniquement en français ou en anglais. La GRC a toutefois indiqué qu'un sondage mené auprès de ses membres francophones a révélé que le programme de formation des cadets en français ne leur avait pas rendu service puisqu’un grand nombre d’entre eux travaillent dans un environnement majoritairement anglophone.

On a fait des études; on a fait des entrevues avec les gens qui ont fait les différentes formations et la plupart d’entre eux nous disent que le système que l’on utilisait ne fonctionne pas de façon efficace. Donc, on essaie quelque chose de nouveau, a expliqué le commandant Breton.

En ce moment, l’opportunité n’est pas là [d’être formé uniquement en français]. L’opportunité, présentement, c’est de faire la formation bilingue.

Jasmin Breton, commandant division Dépôt, École de la GRC,

Cette décision de la GRC a été vivement critiquée par des défenseurs de la langue française qui ont soutenu qu’elle empêcherait les francophones de faire carrière dans l’organisation.

M. Breton a plaidé, au contraire, qu’elle offre l’occasion à un plus grand nombre de francophones de se joindre à la GRC puisqu’au lieu de former, chaque année, une seule troupe en français de 32 cadets, on en formera deux bilingues pour un total de 64 cadets.

Les joueurs qui sont en formation linguistique, ce sont tous des joueurs francophones, ce sont des candidats venus pour la plupart du Québec, a-t-il indiqué. La culture qui va se créer [sera] à 100 % francophone.

La décision d’éliminer ou non les formations en français de façon définitive sera prise à la fin du projet pilote. Si au bout de deux ans, ça ne marche pas, on retournera possiblement aux formations francophones, a déclaré Jasmin Breton.

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