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analyse

Quel impact aura Jason Kenney sur la prochaine élection fédérale?

Le premier ministre élu de l'Alberta, le conservateur Jason Kenney.

Le premier ministre élu de l'Alberta, le conservateur Jason Kenney

Photo : Radio-Canada

Madeleine Blais-Morin

Ils sont maintenant cinq. Cinq premiers ministres provinciaux à s'opposer à la taxe sur le carbone. Comme les cinq doigts d'une main qui montre le poing à Justin Trudeau. Parmi eux, Jason Kenney est le politicien qui a le plus d'expérience sur la scène fédérale. Il risque de compliquer particulièrement la stratégie environnementale de Justin Trudeau.

Dans son discours de victoire, Jason Kenney a tendu la main. À François Legault d’abord, en disant qu’il a « énormément de respect » pour le premier ministre québécois. Et aux Albertains qui n’avaient pas voté pour lui, il a déclaré qu’il « respecte et honore » leur choix.

Mais cette courtoisie ne s’étendait pas au gouvernement Trudeau. Ce qui n’est pas une grande surprise, Jason Kenney ayant réservé à Justin Trudeau une bonne partie de ses attaques durant la campagne. « À Ottawa, avait-il dit, nous avons un gouvernement fédéral qui a empiré une situation déjà mauvaise. »

Environnement et pipeline, un équilibre plus fragile que jamais

Son discours anti-taxe sur le carbone vient renforcer celui du chef du Parti conservateur sur la scène fédérale, Andrew Scheer.

Pour Justin Trudeau, c’est un adversaire de plus susceptible de conforter l’opinion de l’électorat irrité par les mesures environnementales fédérales.

Jason Kenney a non seulement promis d’annuler la taxe sur le carbone, mais aussi d’éliminer le plafond des émissions de gaz à effet de serre provenant des sables bitumineux. Ce sera plus compliqué pour Justin Trudeau de défendre un pipeline pour acheminer davantage de pétrole s'il n'y a pas de garanties environnementales en contrepartie.

Les répercussions ailleurs qu'en Alberta

La moyenne des derniers sondages comptabilisée par Éric Grenier de CBC montre que les conservateurs fédéraux en Alberta récoltent 59 % des intentions de vote, contre 20 % pour les libéraux.

Une voix conservatrice à la tête de la province, aussi forte soit-elle, ne devrait pas changer grand-chose dans le portrait électoral fédéral en Alberta, car la pente semble déjà pratiquement insurmontable pour les libéraux.

Mais la voix de Jason Kenney et les enjeux qu’elle porte dépassent les frontières du pays de la rose sauvage.

Les avantages et les risques pour Andrew Scheer

Les conservateurs à Ottawa étaient bien heureux de la victoire d’un des leurs en Alberta.

Mais si Jason Kenney décide de mettre à exécution sa menace de fermer les robinets du pétrole vers la Colombie-Britannique, Andrew Scheer sera peut-être moins à l’aise d’être associé à lui sur la côte ouest.

Jason Kenney a aussi indiqué qu’à défaut de nouveaux pipelines, il tiendrait un référendum sur la péréquation canadienne.

Comment cela serait-il perçu au Québec, la province qui reçoit la plus grande part de l’enveloppe? Andrew Scheer en subirait-il les contrecoups?

Pour ce qui est de ce référendum, Jason Kenney ne le promet pas pour demain matin. En fait, pas avant l’automne 2021. Les prochaines élections seront alors loin derrière Andrew Scheer.

Jason Kenney est un politicien d’expérience qui a fait sa marque sur la scène fédérale.

Il est bien placé pour anticiper l’impact de ses politiques sur son allié naturel Andrew Scheer et sur son adversaire, tout aussi naturel, Justin Trudeau.

Si le premier ministre était l’une des cibles de choix de Jason Kenney au cours de la campagne albertaine, les actions qu'il posera au cours des prochains mois nous indiqueront si cette stratégie visait à simplement gagner le coeur des Albertains ou à véritablement nuire à Justin Trudeau.

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