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L'île d'Orléans s'invite aux consultations sur le Vieux-Québec

Le Vieux-Québec
Le Vieux-Québec Photo: iStock
Maxime Corneau

Des citoyens de l'île d'Orléans se sont invités hier à la consultation publique sur la conservation du patrimoine du Vieux-Québec. Ils mettent en garde les résidents du quartier historique contre les abus qu'ils disent subir de la part du ministère de la Culture et des Communications.

Le Conseil du patrimoine culturel du Québec tenait mercredi toute la journée une consultation publique sur le projet de Plan de conservation du patrimoine du Vieux-Québec.

Ce type de plan, qui balise la préservation du patrimoine, est développé pour tous les sites patrimoniaux du Québec par le ministère de la Culture et des Communications. Le Conseil du patrimoine culturel du Québec a la responsabilité de tenir les consultations sur ces plans et de faire part des recommandations au ministère.

Depuis 2017, les résidents de l’île doivent composer avec les conséquences d’un plan de conservation lors de leurs projets de rénovation. Et leur constat est sans équivoque.

« D’un côté on met en place un plan pour préserver le patrimoine, mais de l’autre côté, la façon dont on l’applique, ça a comme l’effet contraire et on vide un site de ses résidents », déplore Jeanne d’Arc Delisle, la représentante du regroupement Citoyens du site patrimonial de l’île d’Orléans.

« Étouffés »

Mme Delisle a déposé au nom de son regroupement un mémoire afin d’éviter ce qu’elle qualifie d’abus de la part du Ministère. Selon elle, depuis la mise en place du plan à l’île d’Orléans en 2017, les citoyens de l’île sont étouffés par les normes et les contraintes. Elle estime que le plan préliminaire proposé pour le Vieux-Québec aura les mêmes conséquences.

« Nous, on dit que ces lieux-là, autant le Vieux-Québec que l’île d’Orléans, devraient être des milieux de vie, que l’on tienne compte des gens et de leur situation financière », souligne-t-elle, rappelant que les normes de restauration patrimoniale riment souvent avec des coûts extraordinaires.

On veut faire [de ces sites] presque un musée finalement, et c’est ça le piège.

Jeanne d'Arc Delisle, représentante du regroupement Citoyens du site patrimonial de l'île d'Orléans

L’avocate Caroline Roberge représente elle aussi les citoyens de l’île d’Orléans. Elle a tenu, à la suite du dépôt du mémoire, à rappeler que les conséquences sur les citoyens vont bien au-delà de l’aspect financier et deviennent parfois des drames humains.

« On n’est pas dans la théorie, là. On est dans la pratique. Il y a des gens qui nous appellent et qui sont en pleurs. C’est vrai, on ne théorise pas », maintient-elle.

Vingtaine d’intervenants

Près d’une vingtaine de mémoires ont été déposés lors des consultations. La panoplie d'autorités responsables des différents sites du Vieux-Québec a été décriée par plusieurs.

Ils ont en effet été nombreux à rappeler que le Vieux-Québec est sous la responsabilité d’autorités municipales, provinciales et fédérales. Le tout engendrerait une géométrie variable dans l’application des règles.

Une vingtaine de mémoires ont été déposés lors de la consultation publique. Une vingtaine de personnes ont pris la parole lors de la consultation publique de mercredi. Photo : Radio-Canada / Guillaume Croteau-Langevin

Un promoteur, en accord avec les citoyens sur cet aspect, a expliqué que la multitude d'intervenants cause des délais qui se comptent en années lorsqu’il est temps d’autoriser de nouveaux développements.

De nombreux intervenants ont par ailleurs martelé que les résidents du Vieux-Québec se sentent souvent écartés au profit du développement touristique, et que le document préliminaire du Ministère ne se concentre pas assez sur l’aspect « milieu de vie » du secteur du Vieux-Québec.

Des pouvoirs aux citoyens?

Le conseiller municipal du district Cap-aux-Diamants, Jean Rousseau, croit qu’il serait nécessaire que les citoyens puissent avoir un mécanisme afin de s’opposer à certains projets qui ne cadrent pas avec leur réalité de résidents.

« Les citoyens devraient avoir un endroit où se tourner pour dire : “ce projet-là, il ne marche pas” », a-t-il dit à la sortie de la rencontre.

Il faut trouver des mécanismes qui faciliteraient la capacité d’intervention des citoyens quand les paliers de gouvernement, la Ville, ou le ministère de la Culture semblent aller dans des directions qui sont en contravention de la dimension patrimoniale.

Jean Rousseau, conseiller municipal de Démocratie Québec

Line Ouellet, la présidente du Conseil du patrimoine culturel du Québec, a assuré que les recommandations des citoyens seront considérées lors de la rédaction de la version finale du Plan de conservation patrimoniale du Vieux-Québec par le ministère de la Culture. « Nous rendrons compte fidèlement de vos commentaires », a-t-elle conclu.

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