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Protéger sans dénaturer, le dilemme de l'église du Précieux-Sang

Une église avec un toit hélicoïdal en bardeaux.

L'Église du Précieux-Sang a été ouverte pour la première fois en 1968 dans le quartier de Saint-Boniface. Elle représentait une révolution architecturale à l'époque.

Photo : Radio-Canada

Pierre Verrière

Deux jours après l'incendie qui a partiellement détruit la cathédrale Notre-Dame de Paris, la question de la protection des églises et édifices religieux anciens se pose au Manitoba comme ailleurs. Bon nombre d'entre eux n'ont pas de systèmes de gicleurs. C'est le cas, entre autres, de l'église du Précieux-Sang à Saint-Boniface.

Avec son toit recouvert de bardeaux de cèdre et sa forme hélicoïdale reconnaissable entre toutes, l’église du Précieux-Sang est l'un des bâtiments emblématiques de Winnipeg. Sa construction unique en bois rend aussi ce bâtiment vieux de 50 ans particulièrement vulnérables en cas d’incendie.

Pour se prémunir contre une telle éventualité, l’église est équipée d’une alarme incendie et un protocole est en vigueur concernant l’utilisation des lieux.

« Des choses aussi simples que ne pas laisser des allumettes sur une table, s’assurer que toutes les portes sont barrées ou qu’il n’y a personne dans l’église quand on ferme », énumère l’économe diocésain et porte-parole de l'Archidiocèse de Saint-Boniface, Richard Fréchette.

Un homme chauve porte des lunettes et un costûme.

Richard Fréchette est l'économe diocésain et le porte-parole de l'Archevêché de Saint-Boniface.

Photo : Radio-Canada

Il reconnaît que le bâtiment n’est pas équipé de gicleurs comme dans les édifices modernes.

« Si on devait construire cette église aujourd’hui, c’est sûr qu’il y aurait des gicleurs », estime M. Fréchette.

« Ils seraient intégrés à la charpente et on ne les verrait que lorsqu’ils seraient en action. Mais dans une église comme celle-ci, si on voulait tout d’un coup installer des gicleurs, on verrait les tuyaux et il en faudrait beaucoup. »

Selon lui, une telle installation, une fois que l’édifice est déjà construit, aurait un coût que la paroisse ne peut se permettre. Surtout, cela risquerait de dénaturer l’édifice.

« Est-ce que c’est une bonne raison pour ne pas le faire, c’est une question de jugement », s'interroge Richard Fréchette, qui soulève un autre point.

« Les gicleurs peuvent causer beaucoup de dommage si l’eau est projetée partout, surtout dans des églises historiques où l’on retrouve des objets d’art ou des peintures », estime-t-il.

Il cite les églises de Sainte-Anne, La Broquerie et Lorette comme des exemple d’édifices historiques qui renferment des oeuvres d’art et ne sont pas équipés de gicleurs.

Est-ce qu’on mettrait des gicleurs dans la chapelle Sixtine ?

Richard Fréchette, économe diocésain et le porte-parole de l'Archevêché de Saint-Boniface

« Pour protéger ce qu’elle abrite, on enlèverait la beauté de l’endroit. »

Des bancs de bois dans une église.

L'intérieur de l'Église du Précieux-Sang à Saint-Boniface est presque entièrement constitué de bois, mais le bâtiment n'est pas équipé de gicleurs.

Photo : Radio-Canada

Du point de vue de la réglementation, la protection des bâtiments nouveaux comme anciens contre les incendies est loin d’être une science exacte. C’est le Code du bâtiment du Manitoba qui fait loi, mais selon la taille, la hauteur et le type de bâtiments.

« Lorsqu’un bâtiment est construit, il est construit selon les standards du Code du bâtiment du Manitoba en vigueur au moment de la construction », explique l’architecte Richard Derksen, employé de la Ville de Winnipeg.

« Après cela, le Code du bâtiment n’est pas rétroactif et les bâtiments peuvent rester ainsi perpétuellement. »

Richard Derksen indique que les bâtiments n’ont pas l’obligation de se conformer aux nouvelles réglementations en vigueur, sauf en cas de rénovation et de travaux d’agrandissement.

L’architecte pointe également du doigt le fait que les bâtiments historiques sont généralement les plus vulnérables lorsque des travaux y sont menés.

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