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Langues officielles : des organismes fransaskois appréhendent les élections fédérales

Des représentants de différents organismes fransaskois discutent et sont assis à une table à La Cité.
En vue des élections fédérales, les leaders fransaskois espèrent que tous les partis politiques s'engageront à moderniser la Loi sur les langues officielles, et ce dès le premier mandat. Photo: Radio-Canada / Sophie Chevance
Radio-Canada

Dans le cadre de sa tournée au Canada, le ministère des Langues officielles et de la Francophonie a pris le pouls de la communauté francophone en Saskatchewan lors de son passage dans la province mercredi.

Un texte d’Amélia MachHour

Il a discuté autour d'une table ronde de la modernisation de la Loi sur les langues officielles avec la Fédération des communautés francophones et acadienne du Canada (FCFA) et des leaders de la communauté fransaskoise.

Une grande partie des organismes fransaskois y étaient en compagnie du directeur général du ministère des Langues officielles et de la Francophonie, Denis Racine, et de la directrice de l'Unité de politique stratégique du ministère de l'Éducation de la Saskatchewan, Anne-Marie Chevalier.

Ce rendez-vous est une étape importante dans la présentation du projet de loi aux deux paliers gouvernementaux. La FCFA travaille sur ce projet depuis mars 2018. Après deux heures de consultation, les leaders fransaskois se disent en général satisfaits de l’échange et de l’écoute des gouvernements. Ils auraient aimé avoir plus de temps pour discuter de cette Loi que beaucoup considèrent comme étant vitale à la survie des communautés francophones en milieu minoritaire.

Une question reste tout de même sans réponse, soit celle de la concrétisation de ce projet de Loi. Bien qu’Ottawa s’est engagée à moderniser la Loi, Denis Racine a affirmé que ce processus va prendre du temps.

Jean Johnson est en entrevue dans la rotonde à La Cité.Le président de la FCFA, Jean Johnson, se dit satisfait de la Table ronde et de l'ouverture d'Ottawa. Photo : Radio-Canada / Cory Herperger

Le président de la FCFA, Jean Johnson, estime que les communautés francophones au pays ont sensiblement les mêmes craintes. Ces craintes sont alimentées par de récents gestes politiques, comme les compressions budgétaires du gouvernement de Doug Ford qui minent l’éducation des Franco-ontariens, ou encore le recul des services offerts en français par la Gendarmerie royale du Canada (GRC).

Par contre, le président de la FCFA estime que ces gestes ne vont pas toucher le projet de Loi. Il affirme qu’il échange régulièrement, tant avec le gouvernement de Justin Trudeau, que les autres partis politiques qui sentent eux aussi le besoin de moderniser la Loi.

Dans les dialogues qu’on a avec les gouvernements, il faut enlever la partisanerie. [...] On veut chercher un engagement de leur part.

Jean Johnson, président de la Fédération des communautés francophones et acadienne du Canada

Ceci soulève une deuxième question, soit celle de l’engagement de tous les partis politiques à moderniser la Loi en vue des élections fédérales qui auront lieu en octobre.

Marie-France Kenny est en entrevue à la rotonde de La Cité.Marie-France Kenny, présidente de la Coopérative des publications fransaskoises, espère que les élections fédérales d'octobre ne mettront pas un frein à la modernisation de la Loi sur les langues officielles. Photo : Radio-Canada

Pendant la Table des élus fransaskois le 13 avril, les élus avaient souligné l’importance de faire de ce projet de Loi, un enjeu politique aux élections fédérales. Jean Johnson est d’avis qu’une importante partie du travail de sensibilisation auprès des partis politiques par les leaders francophones doit se faire avant et pendant les élections.

On a un gouvernement [libéral] qui vient de s’engager à moderniser la Loi dans un prochain mandat. Il faut s’assurer que les deux autres partis vont faire la même chose. Et qu’on va se servir de ce qui existe déjà et qu’on ne recommencera pas à zéro

Marie-France Kenny, présidente de la Coopérative des éditions fransaskoises

Les consultations doivent se poursuivre jusqu’au 3 mai. Un Symposium sur les langues officielles aura lieu les 27 et 28 mai à Ottawa.

Un projet de Loi « avec une touche fransaskoise »

Selon Jean Johnson, la Loi comme elle a été écrite en 1969, puis modifiée en 1988, ne correspond plus à la réalité des communautés francophones du Canada. Cette modernisation touche alors l’entièreté de la Loi qui doit permettre aux communautés francophones de s’outiller pour être capables de résister aux tentatives de recul du fait français.

La structure [de la Loi] est là, mais la capacité d’imposer des responsabilités n’est pas là. On utilise un langage très doux, comme « le Conseil du trésor peut ». Alors nous [les communautés francophones] ce qu’on a besoin c’est de donner la capacité à l’ensemble du gouvernement de faire tout le travail qu’il fait et que la coordination soit faite par une agence centrale.

Jean Johnson, président de la Fédération des communautés francophones et acadienne du Canada

Jean Johnson a aussi souligné l’importante contribution de plusieurs organismes fransaskois, dont l’Assemblée communautaire fransaskoise (ACF) et le Conseil scolaire fransaskois (CSF).

Denis Simard est en entrevue à la rotonde à la Cité. Denis Simard, président de l'ACF, met de l'avant l'importance de la Loi sur les langues officielles qui reconnaît autant les droits des francophones que des anglophones. C'est pourquoi sa modernisation est primordiale. Photo : Radio-Canada / Cory Herperger

Pour Denis Simard, président de l’ACF, contribuer (notamment financièrement) à ce projet de Loi était important, puisque la Loi légitimise la communauté francophone et l’existence des deux langues officielles. Le Conseil scolaire fransaskois a, entre autres, travaillé sur l’élargissement des droits en ce qui concerne l’article 23 de la Charte canadienne des droits et libertés et la reconnaissance du continuum en éducation.

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