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Des citoyens de Mirabel se plaignent des odeurs de cannabis produit en serre

Les serres de Vert Mirabel, où est produit du cannabis médical. Photo: Radio-Canada
Radio-Canada

Depuis un mois, la Ville de Mirabel reçoit des plaintes de citoyens incommodés par l'odeur de cannabis qui émane de serres avoisinantes. Comme une douzaine d'autres producteurs souhaitent s'implanter sur son territoire, la Municipalité envisage maintenant d'imposer un moratoire sur la construction de serres.

L’odeur en question provient des installations de Vert Mirabel, coentreprise des Serres Stéphane Bertrand et de Canopy Growth. Reconnue pour ses tomates roses, la famille Bertrand produit plutôt, depuis un an, du cannabis médicinal dans ses serres.

Mirabel est une zone agricole à 87 %. Les Mirabellois, habitués à l’odeur du fumier, doivent donc apprivoiser une nouvelle odeur. Et ce n’est pas tout le monde qui est d’accord.

« Moi, j'ai l'impression que ça sent comme la mouffette, pis ça me dérange un peu », dit une citoyenne qui habite non loin des installations de Vert Mirabel. « C'est sûr qu'on s'inquiète un peu à l'idée que ça va peut-être diminuer la valeur de nos propriétés », ajoute une autre.

Le maire de la ville, Jean Bouchard, dit recevoir de 5 à 10 plaintes par jour depuis un mois. « Quand les vents dominants ne vont pas d’est en ouest, lorsqu’il n’y a pas de vent, il se peut que les odeurs se propagent vers le centre urbain de Saint-Canut, à 2,5 kilomètres des serres », explique-t-il.

Le problème, poursuit le maire, réside dans les serres elles-mêmes. « Souvent, c'est très chaud et très humide dans ces serres-là. Donc, ils n’ont pas le choix d'ouvrir les panneaux. Et en ouvrant les panneaux, tout dépend des vents dominants, les odeurs peuvent se propager en direction inverse. C’est le cas à Saint-Canut », illustre-t-il.

Quelques mois après le début des activités de Vert Mirabel, la Municipalité a mis en place une réglementation qui prévoit notamment qu’aucune production ne doit se faire en zone urbaine et que les entreprises doivent s’installer à 200 mètres de la rue.

« On pensait que cette distance était suffisante, dit Jean Bouchard. La particularité, c’est que les entrepreneurs ont de la misère à contrôler les odeurs dans les serres. »

Une douzaine d’entrepreneurs du secteur du cannabis souhaitent s’établir sur le vaste territoire agricole de Mirabel, indique le maire, qui ajoute que deux entreprises viennent d'obtenir les permis fédéraux.

Mirabel évalue donc la possibilité d’imposer un moratoire aux entreprises qui utilisent des serres pour produire du cannabis. Dans d’autres municipalités, la production se fait dans des bâtiments fermés, qui ne posent pas ce problème d’odeur.

« C’est une légalisation faite par le fédéral, on vit avec maintenant au Québec, mais au niveau municipal, on se retrouve avec cette particularité des odeurs », conclut-il, exactement six mois jour pour jour après la légalisation du cannabis au Canada.

Pas de danger pour la santé

L’odeur du cannabis, comme celle du fumier, peut certes être incommodante. Mais pose-t-elle un danger de santé publique?

« D’après les experts qu’on a consultés, il n’y a pas d’effets sur la santé, c’est-à-dire que de respirer ces odeurs ne rend pas malade », explique Éric Goyer, directeur de la santé publique des Laurentides.

Ces odeurs sont cependant des nuisances, poursuit-il. « Comme toute nuisance, entre autres les odeurs, ça peut entraîner chez certaines personnes, selon leur sensibilité individuelle, soit des maux de tête ou des nausées », raconte le Dr Goyer.

Le directeur de la santé publique des Laurentides précise que ce type de plaintes est une première. « On peut voir de telles nuisances dans d’autres types de production agricole, par exemple les fermes porcines ou la production industrielle de pâte et papier, mais le cannabis, c’est relativement nouveau pour nous », dit-il.

M. Goyer rencontrait d’ailleurs mercredi des représentants de Vert Mirabel pour discuter de solutions possibles. De son côté, l’entreprise dit prendre au sérieux les préoccupations des citoyens. Elle affirme surveiller chaque jour les impacts environnementaux de ses installations. Des filtres ont été installés à l'intérieur et à l'extérieur des serres pour atténuer le problème.

Avec les informations de Marie-Eve Cousineau

Cannabis

Économie