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Les groupes environnementaux partagés devant la victoire de Jason Kenney

Paysage du sud de l'Alberta avec une éolienne en premier plan à côté d'un ascenseur à grain et les montagnes Rocheuses en arrière-plan
Jason Kenney a promis d'annuler les subventions aux énergies renouvelables une fois élu. Photo: La Presse canadienne / Jeff McIntosh
Audrey Neveu

Méfiance et ouverture, les différents groupes écologistes et environnementaux ne voient pas du même oeil l'élection d'un gouvernement conservateur uni en Alberta. Si l'Institut Pembina se dit prêt à collaborer avec le premier ministre désigné Jason Kenney, Greenpeace Canada l'attaque déjà.

Mike Hudema, responsable de la campagne sur le climat et l’énergie à Greenpeace Canada, affirme ceci :« La courtoisie pourrait suggérer que nous donnions le bénéfice du doute à Jason Kenney, mais qu’il n’y a rien d’habituel dans ses attaques éhontées contre les environnementalistes, sa réticence à condamner catégoriquement l’islamophobie, le sexisme, l’homophobie et le désir archaïque de retirer des droits aux enfants LGBT. »

Jason Kenney a fait de son annulation de la taxe carbone une promesse phare durant la campagne, rappelle Mike Hudema, qui déplore les pertes d’emplois que l’élimination de cette taxe causera en Alberta. Selon lui, les revenus générés par la taxe sur le carbone ont financé de nombreux emplois dans les énergies renouvelables, notamment pour la conversion d’installations pétrolières.

Cette industrie a vraiment fleuri en Alberta, et ça voulait dire que les gens pouvaient retourner travailler. Si on annule ce plan, ça veut dire que les gens vont perdre leur emploi et qu’on va perdre des investissements dans la province.

Mike Hudema, Greenpeace Canada

Selon lui, il est impératif de combattre ces politiques qui nuisent à l’environnement et aux communautés vulnérables aux changements climatiques.

Le chef du Parti conservateur uni Jason Kenney à la tribune le soir de sa victoire aux élections du 16 avril 2019.Jason Kenney a promis de mener une longue liste de bataille au nom des Albertains. Photo : La Presse canadienne / Jeff McIntosh

L’Institut Pembina adopte quant à lui une approche plus conciliante. Son directeur général, Simon Dyer, se dit prêt à collaborer avec Jason Kenney, comme il l’a fait avec tous les gouvernements albertains depuis la fondation de l’organisation en 1982.

Simon Dyer appelle toutefois Jason Kenney à présenter un plan sur l’environnement plus crédible. La plateforme actuelle du PCU propose de créer un fonds financé par un plafond des émissions de gaz à effet de serre pour les plus grands pollueurs industriels, dont l’industrie pétrolière.

Je crois que, tout comme l’Institut Pembina, la communauté d’affaires reconnaît que de bonnes politiques économiques vont de pair avec de bonnes politiques environnementales. Si nous voulons prospérer, il faut avoir des règles solides en place.

Simon Dyer, directeur général de l’Institut Pembina

M.Dyer croit que l’Alberta doit garder les mesures qui augmentent l’acceptabilité sociale de son pétrole, si elle veut le vendre avec succès aux Canadiens. Parmi ces mesures figurent la taxe sur le carbone, mais aussi le développement plus intensif des énergies renouvelables.

« On peut faire économiser de l’argent aux Albertains tout en faisant de bons choix », affirme Simon Dyer.

L’industrie éolienne peu inquiète

Jason Kenney a également promis que son gouvernement va annuler les subventions pour les énergies renouvelables en Alberta. Malgré cela, le vice-président des politiques publiques et des communications de l’Association canadienne de l’énergie éolienne, Jean-François Nolet, a bon espoir de faire voir le potentiel de son industrie à Jason Kenney.

Ce qu'on voit à travers l'Amérique du Nord, c’est que les énergies renouvelables, dont l’éolien, sont de moins en moins un enjeu partisan, de gauche et de droite. L’énergie éolienne est la forme d’énergie électrique la plus compétitive, la moins chère. On est convaincu qu'on a des arguments pour convaincre Jason Kenney.

Jean-François Nolet, vice-président des politiques et des communications, Association canadienne de l'énergie éolienne

Jean-François Nolet souligne l’énorme potentiel éolien de l’Alberta, couplé à l’occasion d’affaires que représente la fermeture des centrales électriques au charbon d’ici 2030.

« Il faudra remplacer cette production d’électricité, mais par quoi? Nous, on dit qu’on est présents, qu’on est compétitifs et qu’on attire des capitaux, qu’on crée des emplois et qu’on stimule le développement économique régional. »

Alberta

Politique provinciale