•  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  

De plus en plus de Canadiens « brisent le silence » face à la discrimination

Une femme triste laisse reposer sa tête sur ses mains.

La police de Calgary a constaté une hausse des plaintes pour agression sexuelle.

Photo : iStock

Rania Massoud

La Commission canadienne des droits de la personne (CCDP) affirme avoir reçu un nombre record de plaintes en plus de 10 ans. Près de la moitié des plaintes acceptées avaient généralement comme motif la déficience, l'ethnie ou encore le sexe.

Dans son dernier rapport 2018, la CCDP indique avoir accepté 1129 plaintes, principalement liées à la déficience, à l'origine nationale ou ethnique, à « la race », à la couleur, à la religion et au sexe.

La déficience est d’ailleurs le motif de discrimination le plus souvent mentionné, comptant pour plus de 52 % des plaintes, selon le document intitulé Brisons le silence. En revanche, les plaintes qui ont eu pour motifs « la race » et l'origine nationale ou ethnique ont connu la plus forte hausse, respectivement de 118 % et 98 %.

En tout, près de 25 000 personnes ont communiqué avec la Commission pour obtenir de l'aide, ce qui représente également un chiffre record pour l’organisme, selon sa présidente Marie-Claude Landry. La plupart des plaintes sont liées à l’emploi et proviennent à 49 % de l’Ontario. La Colombie-Britannique occupe la deuxième place avec 15 % des plaintes, suivie du Québec, 12 %.

Selon l’avocate, l’augmentation du nombre de plaintes ne représente pas nécessairement l’évolution de l’état de la discrimination au Canada, mais elle montre que de plus en plus de personnes « osent briser le silence ».

Les efforts déployés au cours des quatre dernières années pour moderniser la CCDP semblent avoir porté leurs fruits. Selon Mme Landry, la mise en place de nouvelles initiatives pour améliorer l’accès aux services en ligne et faciliter le processus des plaintes à travers une plateforme numérique compte pour beaucoup.

Je trouve encourageant de voir que plus de gens osent briser le silence pour dénoncer la discrimination. Pourtant, ce ne sont pas toutes les personnes qui subissent de la discrimination qui peuvent ou veulent demander de l'aide. Alors, il appartient à chacun de nous, collectivement, de briser le silence pour dénoncer la haine.

Marie-Claude Landry, présidente de la CCDP

L’avocate affirme également avoir déployé beaucoup de ressources et d’efforts sur le terrain pour rejoindre les communautés les plus éloignées et vulnérables afin de faire connaître les services offerts par la CCDP.

« J’ai sillonné le pays du nord au sud, de l’est à l’ouest, visitant les territoires et les provinces pour rencontrer les gens sur le terrain qui sont en situation de vulnérabilité, dont les communautés autochtones, afin de leur montrer que nous sommes là, pour sensibiliser les communautés qui ne parviennent pas à nous rejoindre », explique Mme Landry.

Populisme et désinformation

Elle confie toutefois que le nombre record de plaintes est également lié à la montée du populisme qui touche le Canada, comme d’autres pays dans le monde.

Cela « met en évidence le nombre croissant de personnes qui s’autorisent à propager des opinions racistes et intolérantes », affirme-t-elle, tout en se disant « inquiète » des dangers de la désinformation qui est propagée à des fins politiques.

Société