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Lock-out à l’ABI : Québec présente son hypothèse de règlement

Jean Boulet en point de presse à l'Assemblée nationale à Québec.
Le ministre du Travail, de l'Emploi et de la Solidarité sociale, Jean Boulet, a remis mercredi une hypothèse de règlement à la direction de l'Aluminerie de Bécancour inc. (ABI) et au syndicat des travailleurs. Il a ensuite répondu aux questions des journalistes, sans dévoiler le contenu de la proposition. Photo: Radio-Canada
Marilyn Marceau

Le gouvernement caquiste a dévoilé mercredi sa plus récente tentative pour mettre fin au conflit qui dure depuis 15 mois à l'Aluminerie de Bécancour inc. (ABI). Québec a déposé une hypothèse de règlement au syndicat et à la direction. Ils devraient se prononcer sur la proposition d'ici 10 jours.

L’hypothèse de règlement n’est pas publique, mais le ministre du Travail, de l'Emploi et de la Solidarité, Jean Boulet, assure que dans ces documents-là, il y a des concessions exigées autant pour la partie syndicale que pour la partie patronale, même si le premier ministre s'est positionné en faveur d'Alcoa.

Le ministre souhaite que cette proposition contribue minimalement à rapprocher les parties, de façon significative et que ça leur permette de reprendre le dialogue. La dernière offre patronale a été rejetée par le syndicat, et la direction avait à son tour rejeté la contre-offre syndicale.

Je suis profondément convaincu que c’est une hypothèse acceptable, qui est raisonnable.

Jean Boulet, ministre du Travail, de l'Emploi et de la Solidarité

Il ajoute que les conditions proposées permettraient de préserver les emplois qui sont chers au Québec, à la Mauricie et au Centre-du-Québec, et de permettre à la compagnie de poursuivre ses opérations de façon efficace tout en améliorant sa productivité, dit-il.

L’hypothèse de règlement porte sur la convention collective et le protocole de retour au travail.

Le retour au travail proposé se ferait sur une durée plus respectueuse d’une reprise normale des opérations, a spécifié Jean Boulet. Elle n’est plus de 10 mois, dit-il, comme la direction l’avait proposée. Il précise aussi qu’il a éliminé certaines conditions et en a atténué d’autres.

La balle est dans le camp de la direction et du syndicat

Le ministre du Travail espère que la direction locale de l’ABI présentera l’hypothèse de règlement à la haute direction d’Alcoa et que le syndicat la soumettra à ses membres.

Jean Boulet leur a demandé de se prononcer sur la proposition d’ici 7 à 10 jours, ce que les parties ont accepté de faire lorsqu’il les a rencontrées, tour à tour, mercredi après-midi.

La section locale 9700 des Métallos entend prendre le temps de l’analyser au cours des prochains jours. Les porte-parole ne souhaitent pas en commenter le contenu sur la place publique et se réservent un temps de réflexion quant au processus, a indiqué le syndicat des quelque mille travailleurs, par voie de communiqué.

Nous analyserons rigoureusement l’hypothèse de règlement et nous apprécions les efforts du gouvernement pour aider les parties à conclure une entente, a écrit la direction d’Alcoa, par courriel.

Le ministre du Travail s’attend à ce que la partie patronale se prononce avant le syndicat.

M. Legault est tout à fait d’accord avec le processus, il n’a pas pris connaissance du contenu de l’hypothèse, a précisé le député de Trois-Rivières.

Pas d’arbitre ni de loi spéciale

Si l’une ou l’autre des parties devaient rejeter l’hypothèse de règlement, Jean Boulet refuse d’imposer un arbitre dans le dossier sans l’accord du syndicat et de la direction.

Il écarte aussi la possibilité d’avoir recours à une loi spéciale.

Gens rassemblés en face de l'aluminerie l'hiver, près de la pancarte ABI extérieure.Les syndiqués ont appris le 11 janvier 2018 que la direction de l'ABI les mettait en lock-out. Ils venaient de rejeter la dernière offre patronale. Photo : Radio-Canada

Une hypothèse de règlement basée sur des « critères objectifs »

Quant à l’hypothèse de règlement rédigée par son ministère, Jean Boulet affirme qu’elle traite de « toutes les questions qui demeuraient en suspens entre les parties ».

Je traite des libérations syndicales, de la sous-traitance, de la réorganisation du travail, des mouvements de main-d’oeuvre, du régime de retraite, du salaire, de la rétroactivité et de la durée de la convention collective, a-t-il déclaré en point de presse.

Il a répété qu’il a été « guidé par des critères objectifs », tels que le marché du travail, les conditions de travail applicables dans des entreprises semblables ou dans des circonstances semblables, l’état du droit et la jurisprudence.

Objectifs de négociation identifiés par Québec :

  • l’augmentation de la productivité
  • la flexibilité opérationnelle
  • la pérennité de l’usine
  • la stabilité des emplois
  • l’amélioration du climat de travail

Les activités générées par l’Aluminerie de Bécancour représentent 500 millions de dollars dans le produit intérieur brut (PIB) du Québec, selon Jean Boulet.

Les 1030 travailleurs et travailleuses d’ABI sont en lock-out depuis le 11 janvier 2018.

Le ministre Jean Boulet a tenté par plusieurs moyens d’aider les deux parties à régler leur différend, notamment par la création d’un conseil de médiation. Rien n’a encore permis à la direction et au syndicat de s’entendre.

Le premier ministre du Québec, François Legault, a rencontré les deux parties le 1er avril dernier. Au terme de la journée, il avait déclaré que c’était au syndicat de faire des compromis.

Mauricie et Centre du Québec

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