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Rimouski garde son crucifix… pour l’instant

Le crucifix dans la salle du conseil municipale à Rimouski et des conseillers municipaux.
Le crucifix dans la salle du conseil municipale à Rimouski Photo: Radio-Canada / Édith Drouin
Édith Drouin

Si les députés de l'Assemblée nationale se sont entendus pour retirer le crucifix du Salon bleu, les élus municipaux de Rimouski ne comptent pas, pour l'instant, faire la même chose avec celui de la salle du conseil de l'hôtel de ville. Cette décision a été prise de façon informelle, à huis clos, il y a plus de cinq mois et n'a pas été communiquée au public.

Le conseiller municipal Grégory Thorez affirme être à l’origine de cette discussion. Ce dernier souhaite retirer le crucifix qu’il considère comme un symbole religieux avant tout [...] qui n’a pas sa place dans un lieu où s’exerce le pouvoir politique.

Radio-Canada a contacté tous les conseillers municipaux pour connaître leur position. Les réponses étaient diverses.

Position des conseillers municipaux sur la présence du crucifix

  • Sébastien Bolduc : laisser le crucifix en place pour l'instant
  • Rodrigue Joncas : n’a pas voulu se prononcer
  • Jennifer Murray : n’a pas voulu se prononcer
  • Cécilia Michaud : ne nous a pas rappelé
  • Jacques Lévesque : consulter la population
  • Grégory Thorez : retirer le crucifix
  • Karol Francis : consulter la population
  • Simon St-Pierre : consulter la population
  • Dave Dumas : n’a pas voulu se prononcer
  • Virginie Proulx : retirer le crucifix, mais aussi consulter la population
  • Jocelyn Pelletier : retirer le crucifix

Plusieurs conseillers ont précisé que la présence du crucifix dans la salle du conseil n’était pas un enjeu prioritaire, que la Ville avait des dossiers plus pressants et chauds.

Certains ont dit vouloir attendre l’adoption du projet de loi 21 du gouvernement Legault sur la laïcité.

M. Bolduc a précisé que le crucifix n’influençait pas les décisions prises au conseil, tandis que M. Francis a souligné l’importance de garder une distance avec la religion.

Ouvert à discuter

Comme la plupart des conseillers, le maire, Marc Parent, estime que la présence du crucifix n’est pas un enjeu pour l'instant. Il se dit toutefois ouvert à en discuter à nouveau si les membres du conseil le souhaitent.

Pour le moment, les membres du conseil n’ont pas demandé qu’on rouvre le dossier.

Marc Parent, maire de Rimouski

Déplacer le crucifix dans un musée ou un présentoir dans l’hôtel de ville pourrait être une option, selon le maire. Il précise toutefois que cette décision sera prise de façon conjointe avec les autres membres du conseil.

Dans le reste de l’Est-du-Québec, certaines municipalités ont toujours un crucifix dans la salle du conseil, tandis que d’autres l’ont retiré. À titre d’exemple, il n’y a plus de crucifix à Matane et Rivière-du-Loup, alors qu’il y en a toujours un à Sept-Îles et Trois-Pistoles.

Un crucifix sur un mur de la salle du conseil municipal de Sept-Îles.Un crucifix est présent dans la salle du conseil municipal de Sept-Îles Photo : Radio-Canada / Jean-Louis Bordeleau

Un crucifix à l’histoire inconnue

La Ville de Rimouski ne connaît pas l’historique du crucifix qui se trouve dans la salle du conseil municipal.

Le maire soupçonne qu’il soit présent depuis la construction de l’hôtel de ville. Selon Patrimoine Neigette, le bâtiment a ouvert ses portes en 1930 et a été rénové et agrandi dans les années 70.

Le maire explique que la croix, qu’il qualifie « d’artisanale » ne porte aucune date ou signature.

Le crucifix qui se trouve au parc adjacent à l’hôtel de ville a quant à lui été érigé en 1934 pour le 19e centenaire de la Rédemption.

Le crucifix dans le parc à l'extérieur de l'hôtel de ville à Rimouski.Le crucifix à l'extérieur de l'hôtel de ville à Rimouski a été érigé en 1934. Photo : Radio-Canada / Jean-Luc Blanchet

Le patrimoine et son contexte

Un crucifix peut conserver sa valeur patrimoniale même s’il est retiré de son contexte original pour être placé dans un musée ou dans un présentoir, explique Sabrina Gendron, directrice générale de la Société rimouskoise du patrimoine.

Elle précise toutefois qu’il est crucial de fournir de l’information près de son nouvel emplacement pour en comprendre l’importance et la signification.

Souvent, quand on le retire, on retire aussi son contexte, son contexte culturel, son contexte historique. […] Il faut quand même le mettre en valeur si on le retire pour justement expliquer son contexte historique, culturel, religieux.

Sabrina Gendron, directrice générale de la Société rimouskoise du patrimoine

Mme Gendron ajoute qu’au Québec, le crucifix peut être perçu à la fois comme un objet cultuel et culturel en raison de l’apport important des communautés religieuses dans l’histoire du Québec.

À Rimouski, par exemple, la congrégation des Sœurs de Notre-Dame du Saint-Rosaire a fait sa marque en éducation, tout comme les Sœurs de la Charité, qui ont également contribué à la construction d’un hôpital et d’un hospice.

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