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La refonte des services ambulanciers mal accueillie dans l'Est de l'Ontario

Michel Chrétien devant une ambulance.

Michel Chrétien, directeur des services d’urgence des Comtés unis de Prescott et Russell

Photo : Radio-Canada / Ashley Burke/CBC

Radio-Canada

La fusion de 59 services municipaux d'ambulanciers paramédicaux en Ontario en 10 agences, proposée par le gouvernement progressiste-conservateur dans son récent budget, est mal accueillie dans l'Est de l'Ontario, où nombre d'élus et d'employés municipaux craignent une diminution de la qualité des services.

C'est le cas notamment du directeur des services d’urgence des Comtés unis de Prescott et Russell (CUPR), que le changement a totalement pris par surprise.

Michel Chrétien a indiqué que trois questions sont primordiales pour sa communauté. Premièrement, les soins aux patients : est-ce qu’on va continuer d’avoir la même qualité de soins que par le passé? Deuxièmement, les employés : nos employés ont beaucoup de questions en lien avec leur sécurité d’emploi, mais on n’a aucune réponse. Troisièmement : quels sont les coûts et qu’est-ce que ça implique?

Je ne vois aucun changement à l’horizon, sauf le fait que ça va diminuer la qualité des services.

Michel Chrétien, directeur des services d'urgence, CUPR

Il a aussi déploré le manque d'écoute de la province. Au départ, on croyait que le gouvernement aurait consulté les experts et les municipalités impliquées pour mieux savoir ce qui doit être fait, a-t-il dit.

Diminuer le temps d'attente... des ambulanciers

Je ne vois pas comment ils prévoient faire des économies en rationalisant ces services, a fait valoir M. Chrétien. Si le ministère de la Santé voulait faire des économies, il aurait dû diminuer les temps d’attente des ambulanciers paramédicaux dans les hôpitaux.

Selon M. Chrétien, des millions et des millions de dollars pourraient être économisés si les ambulances étaient rapidement redéployées sur la route lorsqu’un patient est arrivé à destination.

Actuellement, les ambulanciers paramédicaux doivent attendre trop longtemps dans leurs véhicules avant que les patients soient pris en charge par les établissements. C’est là la cause du problème, selon M. Chrétien.

Ici, les contribuables sont prêts à payer des taxes plus élevées pour s’assurer d’une couverture adéquate. Mais, si ça va ailleurs, ils ne voudront pas payer pour ça.

Michel Chrétien, directeur des services d'urgence, CUPR

Selon M. Chrétien, les services offerts par les ambulanciers paramédicaux se sont améliorés depuis 2001, année où ces services leur ont été dévolus par la province. Il ne souhaite pas mettre la hache dans ces progrès, parce que des gens pourraient souffrir en raison de ces changements.

Impacts en région

C'est le même son de cloche pour le maire du canton de Russell. Ma première réaction, c’est de me demander qu’est-ce que ces changements-là impliquent, a indiqué Pierre Leroux. Quel impact aura cette décision sur mes citoyens et sur les employés?

C’était une surprise pour tout le monde.

Pierre Leroux, maire du canton de Russell

M. Leroux a dit adopter une approche prudente et qu’il attend avec impatience des précisions de la part de Queen’s Park sur les changements à venir en ce qui a trait aux services des ambulanciers paramédicaux.

Le maire dit que des ambulances de son secteur sont déjà parfois sollicitées pour des déplacements jusqu'à Ottawa, ce qui réduit les effectifs dans sa municipalité. Selon lui, le changement ne réglera en rien ce problème.

M. Leroux comprend que la province doit équilibrer ses livres et réduire ses dépenses, mais cela étant dit, nous devons nous assurer d’offrir des services adéquats à nos citoyens.

Quatre personnes côte à côte

Christine Elliott et Doug Ford

Photo : La Presse canadienne / Chris Young

Il en va de même pour le conseiller du comté de Renfrew, Peter Emon, qui a dit craindre que la qualité des services ambulanciers régionaux soit mise à mal. Nos quartiers ruraux seront certainement moins bien desservis à la suite de ces changements, a-t-il mentionné.

À l’heure actuelle, nous avons un certain contrôle sur nos ressources que nous consacrons à aider les municipalités autour, mais, dorénavant, nous allons payer et probablement avoir une moins bonne couverture, a-t-il prédit.

Beaucoup de questions demeurent sans réponses, a déploré M. Emon. Nous n’avons aucune idée, aucune indication à savoir quelles seront les frontières ni avec quelles municipalités nous serions associés, a-t-il dit.

Des inquiétudes dans l'opposition

La critique néo-démocrate en matière de santé est d'avis que la fusion des services représente un danger pour la population. D'en avoir encore moins, qui vont servir des régions encore plus grandes, ça va contre les recommandations du coroner, et ça va mettre la vie des gens que je représente, et les gens du nord et en milieu rural, à risque, a déploré France Gélinas, députée de Nickel Belt.

De son côté, la députée libérale d'Ottawa-Vanier, Nathalie Des Rosiers, estime que la proposition gouvernementale sent l'improvisation. On voit souvent ce développement de politiques à la va-comme-je-te-pousse, a-t-elle remarqué. J'espère qu'ils vont consulter, parce que les gens sur le terrain, c'est ça qui compte.

Avec les informations de Matthew Kupfer et Rachel Gaulin

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Santé