•  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  

Victoire de Jason Kenney : du pain bénit pour les pétrolières

Un homme fait un discours.
C'est à Calgary que Jason Kenney a fait son discours après sa victoire aux élections du 16 avril 2019. Photo: La Presse canadienne / Jeff McIntosh
Radio-Canada

Des entreprises espèrent que la victoire du premier ministre élu en Alberta, Jason Kenney, donnera confiance aux investisseurs dans les secteurs pétrolier et gazier albertains.

Ces dernières années, c’était très difficile pour le président-directeur général (PDG) de Performance Energy Services, Scott Darling, de convaincre les investisseurs étrangers de venir en Alberta.

« À Toronto comme à New York ou [dans le reste de l’Amérique du Nord], ils [les investisseurs] ont peur de nous depuis un moment », observe-t-il.

C’est le même constat pour le PDG de Tamarack Valley Energy, Brian Schmidt.

Ce dernier reconnaît que le contexte économique n’était pas toujours des plus favorables, et que la première ministre sortante, Rachel Notley, s’est toujours portée à la défense de l’industrie.

Toutefois, Brian Schmidt croit surtout qu’un changement de gouvernement permettra à l'Alberta de redevenir, dans la tête de tous, la terre d’accueil de l'investissement dans l’or noir.

« Nous pourrons enfin approcher [les investisseurs] avec un discours plus positif », dit-il.

La défense dans l’attaque

Dans ses projets, comme dans sa rhétorique, Jason Kenney adopte un ton plus vigoureux et tranché que Rachel Notley. Et c’est ce qui plaît au président de l’Association canadienne des explorateurs et des producteurs (EPAC), Tristan Goodman.

Il salue la création d’une cellule de guerre pour défendre la réputation des sables bitumineux annoncée par Jason Kenney et son approche sans compromis pour faire construire de nouveaux pipelines.

« Rachel Notley a travaillé fort pour tenter d’expliquer pourquoi les pipelines étaient importants, mais, malheureusement, ça n’a pas fonctionné avec le gouvernement fédéral », constate Tristan Goodman.

La première ministre sortante a essayé de convaincre tout le Canada que ces pipelines étaient indispensables, alors que Jason Kenney entend combattre les opposants à ces projets.

Dans son discours de victoire, il s’en est pris à eux, qui vont « des frères Rockefeller à la Fondation David Suzuki en passant tous les autres », avec la mise en garde suivante : « Vos jours sont comptés et vous ne pourrez plus intimider l’Alberta. Ils prennent fin ce soir. »

Jason Kenney ravive aussi la menace de couper l'approvisionnement de pétrole à la Colombie-Britannique, si la province continue de s’opposer au projet Trans Mountain.

Le premier ministre désigné de l’Alberta a par ailleurs promis de se débarrasser de la taxe carbone et de renverser le plan climatique des néo-démocrates, en annulant les mesures pour fermer progressivement les centrales au charbon et les plafonds d'émission de carbone pour les grands émetteurs.

Toutefois, le groupe américain d’analyse politique Eurasia voit dans ces mesures, plus de risques que d'avantages pour les pétrolières, en particulier si le premier ministre Justin Trudeau venait à remporter les élections fédérales à l'automne.

« Le clivage Kenney-Trudeau sur les politiques énergétique et climatique pourrait être très risqué pour les investisseurs, puisqu’il faut s’attendre à [...] des poursuites en justice et à ce que les négociations entre les gouvernements fédéral et provincial compliquent l’approbation de certains projets et la mise en place de certaines politiques clés », peut-on lire dans un rapport que le groupe d'analyse a publié la semaine dernière.

Élections provinciales

Politique