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  • La nébuleuse affaire Marie-Andrée Leclerc

    Marie-Andrée Leclerc, pensive, en entrevue à son retour au Québec.
    La Québécoise Marie-Andrée Leclerc a été déclarée coupable du meurtre et du vol de touristes en Asie avec son compagnon de voyage Charles Sobhraj. Photo: Radio-Canada
    Radio-Canada

    Le 20 avril 1984 mourait Marie-André Leclerc, considérée comme l'une des rares femmes canadiennes tueuses en série. Était-elle victime ou meurtrière? Retour en archives sur une affaire tout aussi scabreuse qu'énigmatique.

    À la fin des années 70, l’affaire Marie-Andrée Leclerc a fait couler beaucoup d’encre. Comment une secrétaire médicale de Lévis est-elle devenue la femme la plus recherchée d'Asie?

    Pendant un périple d'un an, de 1975 à 1976, la Québécoise aurait participé aux meurtres de plusieurs touristes européens et nord-américains en Asie.

    En août 1976, elle est arrêtée et incarcérée à la prison de Tihar, en Inde. Elle devra y demeurer plusieurs années en attente de son procès. Ses conditions de détention lui attirent une certaine sympathie.

    Marie-Andrée Leclerc nie être une meurtrière et prétend plutôt avoir été sous l’emprise de Charles Sobhraj, un criminel indo-vietnamien avec qui elle voyageait.

    Six ans plus tard, elle sera inculpée et condamnée à la prison à perpétuité avec son complice.

    Elle aurait aidé Charles Sobhraj à droguer des voyageurs naïfs pour leur dérober argent et passeports, puis s'en débarrasser.

    Téléjournal, 27 juillet 1983

    Ce reportage du journaliste Yves Désautels au Téléjournal du 24 juillet 1983 est présenté lors de son retour au pays.

    Partie pour un voyage en Inde qui ne devait durer que quelques mois, la voici huit ans plus tard, épuisée, devant se déplacer en chaise roulante, meurtrie physiquement et moralement, mais visiblement heureuse d’être de retour au pays.

    Yves Désautels

    La jeune femme étant atteinte d'un cancer, la Cour suprême indienne l’autorise à revenir temporairement au Canada afin de se faire soigner.

    Son retour lui donne l’occasion de publier un livre sur son histoire qui compte cependant plusieurs zones d'ombres.

    Le témoignage de Marie-Andrée Leclerc

    Moins d’un an plus tard, le 20 avril 1984, Marie-Andrée Leclerc meurt à Québec des suites d’un cancer de l’utérus.

    Téléjournal, 20 avril 1984

    Le reportage du journaliste Jacques Plante au Téléjournal montre quelques extraits d’une entrevue qu’elle a accordée à Radio-Canada lors de la publication de son livre.

    On y découvre une femme charmante, toute délicate et en apparence sereine. Cela pourrait expliquer pourquoi plusieurs Québécois l'ont crue innocente jusqu’au dernier moment.

    La Lévisienne prétendra jusqu'à sa mort qu'elle ne savait rien des activités meurtrières de Charles Sobhraj, disant plutôt avoir été sa victime. Il lui aurait dérobé tout son argent et aurait fait en sorte que son passeport soit inutilisable. Elle était à sa merci, écrit-elle dans son livre.

    Elle affirmera également ne pas avoir été amoureuse de son compagnon, qui se disait négociant en pierres précieuses.

    Pourtant, elle va le rejoindre en Asie quelques mois à peine après l’avoir rencontré en 1975 lors d'un premier voyage en Inde. Son journal intime, obtenu par les autorités thaïlandaises, exprime également le contraire.

    L’enquête de la journaliste Huguette Laprise

    Outre le livre Je reviens…, publié aux Éditions Stanké en 1983, L'Affaire Marie-Andrée Leclerc de Huguette Laprise permet un certain éclairage sur cette histoire.

    Envoyée spéciale du quotidien La Presse, la journaliste s’est rendue à trois reprises en Asie pour couvrir l’affaire Marie-Andrée Leclerc. Elle met en doute l'innocence complète de la Québécoise.

    Le Point Médias, 5 novembre 1993

    À l’émission Le Point Médias du 5 novembre 1993, la journaliste Madeleine Poulin s’entretient longuement avec Huguette Laprise.

    Elle explique être allée à la rencontre de Marie-André Leclerc en Inde à la suite du mandat d’arrestation international d’Interpol.

    « Je suis vraiment partie avec cette idée d’aller aider une Québécoise qui est mal prise », raconte-t-elle.

    Mais au cours de son enquête, la journaliste découvre un dossier très chargé et documenté. Les faits et les témoignages qu’elle recueille au Népal, à Hong Kong et en Thaïlande sont accablants.

    On ne peut pas être dans un appartement et qu’il y ait des gens qui sont enchaînés dans notre appartement sans les voir!

    La journaliste Huguette Laprise

    Lorsque la journaliste la visite en prison, Marie-Andrée Leclerc parle comme une petite fille naïve, se disant en bien mauvaise posture et appelant à l’aide.

    Huguette Laprise croise également Charles Sobhraj au palais de justice. Un personnage qu’elle décrit comme antipathique qui a tout d’un psychopathe et auquel Marie-Andrée Leclerc semble encore très attachée.

    Marie-Andrée Leclerc était très certainement sous le charme de Charles Sobhraj, mais sous son emprise, sans voir tout ce qui tramait? Tous les éléments d’information colligés par la journaliste Huguette Laprise vont dans le sens contraire.

    « Après toutes ces années-là, ce que je peux dire, c’est que cette fille a eu un destin très très triste, abominable », conclut la journaliste de La Presse.

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