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Des cours d'informatique gratuits pour contrer le décrochage

Une photo montrant une salle de classe. Une douzaine d'adolescents sont assis, dos tourné à la caméra, et regardent un téléviseur sur lequel est affiché du code informatique.

Les cours sont dispensés par des employés d'Osedea de façon bénévole.

Photo : Osedea

Karl-Philip Vallée

Quand le sport et les activités culturelles ne suffisent plus à combattre le décrochage scolaire, l'informatique peut-elle être une solution? C'est le pari qu'a fait il y a quatre ans l'École Saint-Henri, à Montréal, après qu'un jeune entrepreneur local l'a approchée pour offrir des cours d'informatique de façon bénévole aux adolescents du quartier.

Tout a commencé quand Osedea, une PME du quartier Saint-Henri spécialisée dans la conception d’applications mobiles et de sites web, a proposé d'offrir gratuitement des cours d’informatique aux élèves de troisième secondaire. L’entreprise fournissait les ordinateurs, le matériel didactique, les professeurs et même un repas aux participants.

L’offre était difficile à refuser pour le directeur de l’École Saint-Henri, Camille Gouin. D’autant plus que l’établissement doit composer avec l’un des taux de décrochage les plus élevés de la métropole québécoise; 38 % de la population du quartier ne détient aucun diplôme scolaire ou seulement un diplôme d’études secondaire. Plus du quart des enfants vivent d’ailleurs en situation de faible revenu, selon le recensement de 2016.

Confronté à cette réalité, M. Gouin n’a pas hésité à accepter l’aide offerte par Martin Coulombe, président d’Osedea.

HTML, CSS et JavaScript

On appelle ça l’école de design et de programmation, explique M. Coulombe. On fait d’abord un survol des différents métiers avec les élèves pour leur expliquer ça a l’air de quoi, travailler dans le numérique. Ensuite, on leur montre les outils de design pour qu’ils puissent concevoir un site web ou une application mobile avec l’aide de designers de l’entreprise. Pendant les dernières séances, on leur donne des cours de programmation HTML, CSS et un peu de JavaScript.

Ce sont les élèves qui décident quel genre de projet ils vont concevoir en groupe. Par exemple, cette année, l’équipe a choisi de créer un jeu-questionnaire en ligne dans lequel les joueurs doivent identifier la personne représentée par une image.

Ça fait une grosse différence.

Martin Coulombe est persuadé que ce genre de programme peut faire une différence dans le parcours scolaire d’un jeune du secondaire. Ce ne sont pas tous les participants qui sont des décrocheurs, mais il y en a peut-être là-dedans qu’on aide. Ils n’ont peut-être pas tous accès à du matériel informatique de qualité à la maison et ça leur fait une activité après l’école. Ça leur montre qu’ils sont capables.

Camille Gouin abonde dans le même sens. Ce sont des jeunes qui n’auraient peut-être jamais vécu ou même entendu parler de ces métiers-là. Les jeunes voient qu’ils peuvent avoir un avenir près de chez eux dans ce milieu-là.

Le directeur de l’École Saint-Henri souligne par ailleurs que le programme attire un bon nombre de filles, pourtant traditionnellement peu représentées dans le domaine de l’informatique. En 2018, la moitié des élèves participants étaient des filles. Une réussite notable, compte tenu du fait que plus de filles décrochaient que de garçons auparavant à cette école.

Pour nous, c’est important qu’une quinzaine d’élèves par année participent à un projet comme ça. On a déjà aidé 60 élèves en 4 ans, ça fait une grosse différence, affirme avec fierté Camille Gouin.

Un modèle à suivre

Une fierté partagée par Martin Coulombe, qui raconte l’histoire d’un ancien participant qui l’a récemment contacté par le biais de LinkedIn. J’ai reçu un message il y a quelques semaines d’un ancien élève qui voulait me dire qu’il s’est inscrit en sciences au cégep et qu’il me remerciait pour le programme. On voit les résultats. C’est le fun de voir que les élèves sont rendus au cégep.

Constatant ces effets positifs, MM. Gouin et Coulombe espèrent que leur projet sera imité ailleurs à Montréal et dans d’autres régions du Québec. Pour moi, c’est une implication de quartier, explique Camille Gouin. L’école est fière de participer à ça. et on est gagnant-gagnant là-dedans. Il faudrait que ça fasse des petits ailleurs.

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