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Projet pilote de la GRC : « Ce n’est pas acceptable », dit Denis Simard

Denis Simard devant une caméra dans une salle remplie de journalistes.

Le président de l'Assemblée communautaire fransaskoise, Denis Simard, fera part de son opposition au projet pilote de la GRC.

Photo : Radio-Canada / Bryan Eneas

Radio-Canada

Le projet pilote de la Gendarmerie royale canadienne (GRC) qui mettra fin à la formation policière en français des cadets suscite de vives réactions au sein de la communauté fransaskoise.

Le président de l’Assemblée communautaire fransaskoise (ACF), Denis Simard, estime que la GRC fait fausse route avec ce nouveau programme offrant la formation bilingue ou en anglais dans son école de formation, à Regina, en Saskatchewan, où les recrues sont formées au métier de policier fédéral.

M. Simard craint que cela ne réduise le nombre d’agents francophones en milieu minoritaire anglophone. « L’histoire nous le dit : chaque fois qu’un programme [devient] bilingue, l’anglais domine. Et les gens qui vont faire la demande [d’une formation bilingue] vont se faire ridiculiser au point d’avoir une haine de le demander. »

On vient essentiellement de dire que les francophones ne peuvent plus faire carrière à la GRC. Ce n’est pas acceptable.

Denis Simard, président de l'ACF

Le président de l’ACF fera part de son opposition au projet à l’automne lors de la prochaine table de concertation entre la police fédérale et la communauté fransaskoise.

La professeure adjointe au Collège militaire royal du Canada, Stéphanie Chouinard, craint comme Denis Simard que cette décision ne puisse « décourager les francophones de se joindre à la GRC ».

« Ça enfreint directement l’égalité des opportunités dans les rangs de la GRC, déplore-t-elle. Le message que cela envoie, c'est : [...] si on est francophone, ce n’est pas assez bon pour la GRC et on doit absolument être bilingue. »

Une femme en complet, portant des lunettes, répond à des questions à la caméra.Agrandir l’image (Nouvelle fenêtre)

Stéphanie Chouinard, professeure adjointe au département de sciences politiques du Collège royal militaire du Canada.

Photo : Radio-Canada

La Gendarmerie royale canadienne n’a pas voulu accorder d’entrevue à Radio-Canada. Par courriel, la GRC a affirmé qu’une évaluation du projet pilote était prévue à la fin de celui-ci. « La décision de cesser d’offrir la formation en français à [la Division] Dépôt n’a pas été prise. »

Les francophones perdants

La Fransaskoise Céline Merriman, qui a déjà été institutrice pour la police fédérale, est aussi d’avis que les francophones du Canada sont les grands perdants de l'arrêt de la formation en français.

« On réduit la présence du français en Saskatchewan et au niveau fédéral », dit-elle.

C’est une perte pour notre communauté et pour la place du français au Canada.

Céline Merriman

La Fédération des communautés francophones et acadienne du Canada (FCFA) a préféré prendre connaissance du dossier avant de le commenter en détail.

Le président, Jean Johnson, a tout de même mentionné que cela est une « bonne chose » si le projet pilote de la GRC permet d’offrir une formation en français à un plus grand nombre d’agents unilingues anglophones, mais que la FCFA allait s’y opposer si cela allait diminuer l’offre de formation en français.

Avec les informations de Marie-Christine Bouillon et de Romain Chauvet

Saskatchewan

Francophonie