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La Nouvelle-Écosse songe à relancer le charbon dans le comté de Pictou

Les nouvelles règles qui s'appliqueront aux mines de charbon au Canada devraient être connues en 2019.
La Nouvelle-Écosse songe à exploiter du charbon à ciel ouvert, dans le comté de Pictou. Photo: CBC
La Presse canadienne

Le gouvernement McNeil, en Nouvelle-Écosse, ne semble pas avoir renoncé à l'exploitation du charbon, même si Ottawa vise l'élimination des centrales alimentées au charbon d'ici 2030.

Il a lancé un appel de propositions pour savoir si des entreprises croient pouvoir exploiter sans danger et à profit le charbon qui se trouve toujours dans les vieilles galeries souterraines abandonnées de la région de Westville, dans le comté de Pictou.

Le charbon y a été exploité pendant des décennies avant qu’elles soient abandonnées. Une explosion meurtrière dans la mine de charbon Westray, située à proximité, a sonné le glas de l’industrie dans la région en 1992.

Une vue aérienne de la mine Westray, le 11 mai 1992. Deux jours plus tôt, une immense boule de feu a parcouru les tunnels de la mine, tuant 26 mineurs.Une vue aérienne de la mine Westray, le 11 mai 1992. Deux jours plus tôt, une immense boule de feu a parcouru les tunnels de la mine, tuant 26 mineurs. Photo : La Presse canadienne / Kerry Doubleday

Une porte-parole du ministère de l’Énergie et des Mines, JoAnn Alberstat, affirme que toute nouvelle mine serait à ciel ouvert, ce qui réduit les risques en cas d’explosion. Vingt-six mineurs sont morts dans la tragédie de la mine Westray.

Les objectifs de réduction de GES

Mme Alberstat explique que la Nouvelle-Écosse pourrait se permettre de se servir de nouveau du charbon du comté de Pictou pour produire de l’électricité puisque les émissions de gaz à effet de serre de la province (GES) ont baissé. Elles sont maintenant à près d'un tiers sous les niveaux de 2005.

Le Canada s’est engagé à réduire ses émissions de 30 % sous les niveaux de 2005 d’ici 2030. Ottawa est tout de même prêt à signer avec certaines provinces des ententes qui leur permettront de continuer à brûler du charbon après 2030 si elles réduisent leurs émissions totales de GES d’un volume équivalent à celles produites par les centrales au charbon.

Notre approche en vue de l’élimination graduelle du charbon tient compte de la réduction des émissions que nous avons déjà atteinte, précise Mme Alberstat, et de notre souci d’assurer des tarifs [d’électricité] abordables. 

Le porte-parole en matière d’énergie du Centre d’action écologique d’Halifax, Stephen Thomas, estime que la Nouvelle-Écosse s’engage dans une mauvaise voie.

C’est une très mauvaise idée [de songer à relancer le charbon]. Nous vivons une urgence climatique!

Stephen Thomas, Centre d'action écologique

Des contrôles suffisants, selon l'industrie

Le directeur général de l’Association minière de la Nouvelle-Écosse, Sean Kirby, cherche à rassurer ceux qui craignent la pollution que les mines de charbon peuvent engendrer. Les exploitants, dit-il, doivent verser une caution pour la remise en état des lieux à la fin de la vie des mines. Et les plans d’exploitation doivent être approuvés par le gouvernement avant qu’il délivre un permis. Il n’aborde toutefois pas la question des émissions de GES des centrales au charbon.

M. Kirby joue aussi la carte des emplois. L’exploitation du charbon crée de nombreux emplois, selon lui, et autre avantage pour une province où ce combustible génère encore la moitié de l’électricité produite, elle est moins chère que le charbon importé.

Nouvelle-Écosse

Industrie minière