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La première cargaison d'aide humanitaire de la Croix-Rouge arrive au Venezuela

Des travailleurs  humanitaires de la Croix-Rouge vénézuélienne distribuent de l'aide humanitaire sous forme de conteneurs d'eau et de pilules de purification de l'eau dans le quartier Agua Salud à Caracas le 16 avril 2019.

Cette aide représente «un grand pas en avant, qui permet d'aider les plus vulnérables», selon Francesco Rocca, président de la Fédération internationale des sociétés de la Croix-Rouge et du Croissant-Rouge.

Photo : Reuters / Stringer .

Agence France-Presse

Antibiotiques, groupes électrogènes, seringues : une première cargaison d'aide de la Croix-Rouge est arrivée mardi à Caracas et doit être distribuée aux hôpitaux vénézuéliens en proie à de graves pénuries. Cette assistance humanitaire est au centre du bras de fer entre le président Nicolas Maduro et son opposant Juan Guaido.

Arrivés depuis le Panama par avion au petit matin, les 24 tonnes de matériel médical et 14 groupes électrogènes étaient acheminés dans l'après-midi par une trentaine de camions dans un hangar de l'est de Caracas, a constaté une journaliste de l'AFP. Le matériel doit ensuite être distribué à 8 hôpitaux et 30 centres médicaux, selon le ministre de la Santé Carlos Alvarado.

Cette aide représente « un grand pas en avant qui permet d'aider les plus vulnérables », a jugé Francesco Rocca, président de la Fédération internationale des sociétés de la Croix-Rouge et du Croissant-Rouge, qui avait annoncé fin mars l'envoi de cette aide destinée à 650 000 personnes dans un premier temps.

Les hôpitaux du Venezuela, qui affronte la pire crise de son histoire récente, ont toutes les peines du monde à soigner leurs patients. Les antibiotiques manquent, de même que les compresses, les appareils respiratoires ou les traitements destinés aux malades chroniques.

Les pannes de courant à répétition plongent les hôpitaux dans le noir et empêchent toute utilisation des appareils de dialyse et des scanneurs.

Selon les Nations unies, un quart des 30 millions de Vénézuéliens ont besoin d'une aide urgente. D'après un rapport de l'organisation, quelque 3,7 millions d'entre eux souffrent de malnutrition, et au moins 22 % des enfants de moins de 5 ans souffrent de malnutrition chronique.

La Croix-Rouge vénézuélienne veut éviter « la politisation de la réussite » de l'opération humanitaire de mardi, selon les mots de son patron Mario Villarroel.

Cela paraît très difficile, tant l'aide humanitaire est au centre de la bataille politique qui se joue entre le chef de l'État Nicolas Maduro et l'opposant Juan Guaido, depuis que ce dernier s'est autoproclamé président par intérim le 23 janvier. Il a depuis été reconnu comme tel par une cinquantaine de pays, dont les États-Unis.

Peu après l'arrivée de l'avion affrété par la Croix-Rouge à Caracas, Juan Guaido a jugé que cette aide revenait à un « aveu d'échec du régime qui niait l'existence d'une urgence humanitaire il y a quelques semaines encore ». En plus d'évoquer « un palliatif pour maîtriser une urgence ».

La crise, a-t-il affirmé, ne pourra être résolue qu'une fois que le gouvernement qui se réclame d'Hugo Chavez (1999-2013) aura « cessé d'usurper » le pouvoir.

Un convoi de camions arrive à Caracas, au Venezuela, le mardi 16 avril 2019, dans un entrepôt transportant de l'aéroport international la première cargaison d'aide humanitaire de la Fédération internationale des Sociétés de la Croix-Rouge et du Croissant-Rouge. Agrandir l’image (Nouvelle fenêtre)

La Croix-Rouge a annoncé fin mars qu'elle avait obtenu l'autorisation des autorités pour commencer à fournir de l'aide à ce pays frappé par la crise.

Photo : Associated Press / Ariana Cubillos

Le gouvernement vénézuélien a salué l'arrivée de l'aide humanitaire comme le fruit du travail de Nicolas Maduro « pour protéger le peuple vénézuélien » grâce au lien entretenu avec la Croix-Rouge, comme l'a affirmé le ministre des Affaires étrangères Jorge Arreaza.

M. Maduro avait accepté la semaine dernière de « travailler avec les agences de l'ONU pour apporter toute l'aide humanitaire qu'il est possible d'apporter », après une rencontre avec le président du Comité international de la Croix-Rouge (CICR) Peter Maurer.

Pour le pouvoir, les sanctions et le « blocus » de Washington – son ennemi le plus acharné – sont seuls responsables de ses problèmes d'approvisionnement en nourriture et en médicaments.

Le camp de Juan Guaido met au contraire en avant « l'incurie » et « la corruption » du gouvernement Maduro pour expliquer la situation actuelle.

Le 23 février, les partisans du chef de file de l'opposition ont tenté de faire entrer plusieurs tonnes d'aide humanitaire stockées aux portes du Venezuela en Colombie, au Brésil et sur l'île néerlandaise de Curaçao.

Les camions chargés de produits de première nécessité, envoyés essentiellement des États-Unis, ont dû rebrousser chemin face au blocage frontalier ordonné par le gouvernement. Sept personnes ont été tuées et plusieurs centaines d'autres ont été blessées dans des heurts.

Le président Maduro avait alors dénoncé l'opération comme un prétexte en vue d'une intervention militaire.

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