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La tarification du carbone au coeur du débat des chefs à l'Île-du-Prince-Édouard

Quatre hommes vêtus de complets, debout sur une scène, se donnent la main devant un rideau.

Les chefs Joe Byrne, du Nouveau Parti démocratique, Dennis King, du Parti progressiste-conservateur, Peter Bevan-Baker, du Parti vert, et Wade MacLauchlan, du Parti libéral de l'Île-du-Prince-Édouard, ont croisé le fer lors d'un débat électoral à Summerside.

Photo : CBC / Brian McInnis

François Pierre Dufault

La tarification du carbone s'est retrouvée au coeur du principal débat entre les chefs des quatre partis politiques de l'Île-du-Prince-Édouard, mardi soir, à une semaine des élections provinciales du 23 avril.

Le chef du Parti vert, Peter Bevan-Baker, s'est dit en faveur d'une taxe directe sur les émissions de gaz à effet de serre (GES), calquée sur le modèle que le gouvernement fédéral a imposé à d'autres provinces, comme le Nouveau-Brunswick. Les sommes perçues seraient remises aux contribuables, a-t-il promis.

Il serait trop coûteux de ne prendre aucune mesure significative, a déclaré le chef du Parti vert d'entrée de jeu.

Le chef progressiste-conservateur Dennis King s'est rapidement interposé. À son avis, une taxe sur le carburant serait une mesure punitive puisque la plupart des insulaires n'ont d'autre choix que d'utiliser un véhicule pour leurs déplacements.

Pourquoi ne laissez-vous pas l'argent dans les poches des insulaires?

Dennis King, chef du Parti progressiste-conservateur de l'Île-du-Prince-Édouard

Contrairement à d'autres leaders conservateurs au pays, qui poursuivent le gouvernement fédéral pour stopper la taxe sur le carbone, Dennis King s'est dit prêt à s'asseoir avec Ottawa afin de négocier un plan sur mesure pour une petite province comme l'Île-du-Prince-Édouard, où la majorité des émissions de GES proviennent des transports et du chauffage des bâtiments.

En faveur d'une taxe sur le carbone, le chef néo-démocrate Joe Byrne voudrait toutefois que le gouvernement provincial en réinvestisse les revenus dans des programmes environnementaux et sociaux au lieu de les redonner aux contribuables sous forme de ristournes. Les lois du marché ne vont pas régler l'enjeu du climat, a-t-il insisté.

En retrait pendant que ses rivaux s'affrontaient entre eux sur la question de la tarification du carbone, le premier ministre sortant Wade MacLauchlan est intervenu seulement pour indiquer que son plan avait été conçu sur mesure pour l'Île-du-Prince-Édouard.

Parce que les insulaires ont réduit leur consommation de mazout de 40 % entre 2003 et 2017, nous avons été en mesure de convaincre le gouvernement fédéral de ne pas taxer le mazout.

Wade MacLauchlan, chef du Parti libéral de l'Île-du-Prince-Édouard

Le gouvernement fédéral n'a cependant pas accepté le plan de l'Île-du-Prince-Édouard dans son intégralité et a obligé la province à augmenter la taxe sur l'essence de 4 cents le litre. Les libéraux à Charlottetown ont décidé de faire contrepoids à cette hausse en éliminant les coûts du permis de conduire et en réduisant les droits d'immatriculation des véhicules.

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Photo : Radio-Canada

Le ton a monté d'un cran lorsque Peter Bevan-Baker a déclaré qu'il était d'une stupidité gratuite de récompenser les propriétaires de véhicules qui sont à l'origine des émissions de GES. Wade MacLauchlan s'est aussitôt porté à la défense de son plan, affirmant qu'il avait aussi permis à quelque 4000 insulaires de remplacer à moindre coût leur fournaise au mazout par une thermopompe électrique.

En entrevue avec Radio-Canada tout de suite après le débat, mardi soir, le chef du Parti vert a déclaré qu'il était important, à ses yeux, de remettre en question le bilan du gouvernement sortant. Les autres chefs se sont quant à eux réjouis de la civilité des échanges, loin de la campagne acrimonieuse qui prenait fin au même moment en Alberta.

Deux hommes vus de profil, debout sur une scène, débattent devant un rideau.Agrandir l’image (Nouvelle fenêtre)

Le débat des chefs à l'Île-du-Prince-Édouard a donné lieu à quelques étincelles entre le chef du Parti vert, Peter Bevan-Baker, et le chef du Parti libéral, Wade MacLauchlan.

Photo : CBC / Brian McInnis

Le débat électoral organisé par CBC, qui avait lieu à Summerside, a tout de même donné lieu à quelques étincelles.

Alors qu'il était question des finances publiques, Peter Bevan-Baker a accusé les libéraux d'avoir engrangé d'importants surplus budgétaires sans toutefois investir dans les services sociaux, ce qu'a nié Wade MacLauchlan.

Les deux politiciens ont aussi échangé quelques flèches sur la question de la rétention des immigrants. Notre taux de rétention est pitoyable, a lancé Peter Bevan-Baker, déplorant des services inadéquats pour les nouveaux arrivants. Wade MacLauchlan a balayé du revers de la main cette déclaration de son adversaire, la qualifiant de folklorique et basée sur des données vieilles de quatre ans.

Par ailleurs, les chefs des quatre partis politiques de l'Île-du-Prince-Édouard se sont largement entendus sur l'importance de recruter et de mieux retenir les médecins en milieu rural. Ils se sont aussi engagés à mettre fin à une importante pénurie de logements, chacun promettant de construire davantage d'unités de logement abordable.

Interpellés sur la question de la réforme du mode de scrutin, Dennis King, Peter Bevan-Baker et Joe Byrne se sont prononcés en faveur d'un nouveau mode de scrutin proportionnel mixte. Wade MacLauchlan a quant à lui esquivé la question, affirmant qu'en tant que premier ministre sortant, il ne voulait pas que son opinion influence le résultat d'un référendum concomitant aux élections provinciales du 23 avril.

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