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Comment améliorer les services de santé mentale en français dans les T.N.-O.?

Un homme souffre un souffre de santé mental.
Le gouvernement ténois espère améliorer son service de santé mentale en français. Photo: Shutterstock
Radio-Canada

Même avant de recevoir les résultats d'une campagne de consultation publique sur les besoins de la communauté en santé mentale en français, les intervenants du milieu s'entendent pour dire que l'offre n'est pas à la hauteur dans les Territoires du Nord-Ouest. Le gouvernement espère s'ajuster en sondant les Franco-Ténois sur ce qu'ils ont vécu dans le système.

La consultation, lancée en collaboration avec l'Administration des services de santé et des services sociaux des Territoires du Nord-Ouest (ASTNO) et le Réseau TNO Santé, a pour but ultime d’améliorer l'offre de services de santé mentale en français dans le territoire.

Plus concrètement, la consultation, qui s’est faite avec l’aide de groupes et d’un sondage en ligne, doit permettre de mieux quantifier et de définir les besoins et la demande de services en santé mentale en français dans le territoire.

Le Réseau TNO Santé avait déjà tenu une consultation publique similaire, l’an dernier, qui avait permis de produire un dépliant résumant la question de la santé mentale en français dans le territoire. Ces informations lui ont permis remettre à l’Administration de la santé des données sur l’état des choses.

Selon la coordonnatrice du réseau, Audrey Fournier, la nouvelle consultation devrait toutefois permettre la mise en place d’un projet plus précis en santé mentale dans le territoire.

« C’est pour aller un peu plus loin et proposer de nouvelles façons de donner des services en français, explique-t-elle. On avait besoin d’avoir quelque chose de plus précis et de plus de chiffres. »

Selon la directrice du mieux-être des enfants, des familles et des collectivités de l’ASTNO, Nathalie Nadeau, le processus permettra aussi de mieux cibler la redistribution des ressources ainsi que les demandes de subventions pour plus de services en français.

Un service défaillant

Le dépliant, publié l’été dernier, dresse un portrait peu reluisant d’un système de santé mentale avec des besoins criants, toutes langues confondues, et des services limités, voire même inexistants, en français.

Aux Territoires du Nord-Ouest, aucun poste de professionnel de la santé mentale n’est désigné bilingue. Deux postes de conseiller en santé mentale sont présentement occupés par quelqu’un qui parle français, mais c’est surtout un hasard, puisque ce n’est pas requis.

Des services d’interprétation sont offerts en français, mais les interprètes ne sont pas formés pour le vocabulaire médical, ce qui pourrait compromettre le traitement, selon le dépliant.

L’administration des services en santé tente de pourvoir un nouveau poste d’interprète médical certifié en français depuis quelques mois. Ce poste qui doit s'ouvrir à l'Hôpital territorial Stanton, mais aussi de coordonner la prestation de services d'interprétation par téléphone, devrait bientôt être pourvu, selon un porte-parole de l’administration.

Le dépliant propose également plusieurs recommandations, notamment de créer des postes de professionnels en santé mentale désignés bilingues ou d’offrir des services en santé mentale par le biais de la télémédecine.

Nathalie Nadeau accepte ces recommandations, mais rappelle que les choses sont parfois compliquées.

« En étant francophone, c’est sûr qu’on n’est pas nécessairement bien ressourcé, croit-elle. Mais c’est plus compliqué que de dire qu’on va engager plus de francophones pour [offrir] des services [...] C’est vraiment en étant un peu plus stratégique avec les ressources. On veut avoir les services à la bonne place. »

Elle se dit toutefois d’accord avec la nécessité de déclarer des postes bilingues, mais ajoute ne pas savoir quels postes et combien d’entre eux devraient l’être.

L’administration dit aussi étudier les options en cybersanté mentale, soit des services comme la télémédecine grâce aux nouvelles technologies. Des services qui seraient offerts autant en anglais qu’en français.

Selon Nathalie Nadeau quelques programmes de cybersanté mentale devraient être annoncés dans un avenir rapproché.

Une pancarte offre un service en français. Un point de service en français dans les Territoires du Nord-Ouest. Photo : Radio-Canada / Mario De Ciccio

Est-ce que la demande reflète le besoin?

Pour ce qui est des services en français, il y a une différence entre le besoin et la demande, remarque Audrey Fournier, et il est beaucoup plus difficile de quantifier la demande, une difficulté que dit connaître l’ASTNO.

« Les gens, quand on leur demande s’ils veulent des services en français et s’il y a un besoin, la réponse est : "Oui, il y a un besoi", dit-elle. Mais quand ils arrivent sur place, en pensant que ce qui va être offert ne sera pas satisfaisant, parce que ça va être plus long ou parce que c’est un interprète qu’ils connaissent, ils ne demanderont pas leur service en français. »

Une des solutions proposées par le Réseau et des membres de la communauté serait de collecter la variable linguistique du patient directement auprès des points de services.

Une méthode qui permettrait de mieux établir des statistiques pour suivre les patients et savoir où il y a plus de demandes, selon Audrey Fournier.

De son côté, Nathalie Nadeau estime que c’est, justement, ce genre de façon de faire que l’ASTNO étudie en ce moment.

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