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Les émissions de gaz à effet de serre du Canada n'ont diminué que de 2 % en 12 ans

Une pelle minière remplit un camion de transport sur une mine de sables bitumineux près de Fort McMurray, en Alberta.
De 2005 à 2017, on peut observer une augmentation des émissions de GES de 43 mégatonnes dans le secteur de l’extraction du gaz et du pétrole au Canada. Photo: La Presse canadienne
Isabelle Maltais

Les émissions de gaz à effet de serre (GES) du Canada n'ont diminué que de 2 % de 2005 à 2017, selon un « inventaire » remis lundi à l'ONU dans sa poursuite de la lutte aux changements climatiques. Le pays est donc bien loin de la cible qu'il s'est engagé à atteindre pour 2030 dans le cadre de l'Accord de Paris, soit une baisse de 30 % de ses émissions par rapport à 2005.

Malgré une diminution des émissions dans le secteur de la production d’électricité et dans l’industrie lourde, les tendances à la hausse observées dans le secteur de la production de pétrole et dans les transports annulent les progrès accomplis ailleurs.

Ainsi, de 2005 à 2017, on peut observer une augmentation des émissions de GES de 43 mégatonnes dans le secteur de l’extraction du gaz et du pétrole, pendant que la production d’électricité diminuait sa part d’émissions de 46 mégatonnes.

De son côté, au cours de la même période, le secteur des transports augmentait ses émissions de 9 mégatonnes.

Le document indique que c’est l’augmentation de 158 % du volume de production de pétrole et de gaz issus des sables bitumineux lors de cette période de 12 ans qui explique la hausse dans le secteur pétrolier.

La fermeture des centrales utilisant du gaz et du charbon pour produire de l’électricité est responsable de la diminution des émissions du secteur de la production d'électricité.

Par ailleurs, la préférence des Canadiens pour l’achat de véhicules utilitaires plutôt que pour de plus petites voitures, moins énergivores, ainsi que l’augmentation des poids lourds transportant des marchandises sur les routes expliquent la hausse observée dans le secteur des transports.

« Les petites voitures occupent une place moins importante dans la flotte [de véhicules au pays] que les VUS comparativement à il y a quelques années, car les gens continuent à acheter plus de VUS que de voitures », a dit une porte-parole d’Environnement et Changement climatique Canada en entrevue à Radio-Canada.

« Les émissions provenant des véhicules lourds depuis 2005 ont toutes augmenté. On observe une augmentation des GES de 11 % pour les poids lourds à essence et de 28 % pour les poids lourds au diesel », a-t-elle poursuivi.

Au total, le secteur pétrolier est responsable de 27 % des émissions de GES canadiennes, contre 24 % pour le secteur des transports, 12 % pour les bâtiments, 10 % pour les secteurs de l'électricité, de l'industrie lourde et de l'agriculture et 6 % pour le secteur des déchets.

Notons que les émissions du secteur de l'agriculture ont été stables depuis 2005, tournant autour de 60 mégatonnes par année.

Selon les évaluations du gouvernement fédéral, qui a déposé en décembre dernier un autre rapport à l’ONU détaillant notamment ses projections d’émissions de gaz à effet de serre pour l'avenir, le pays ratera de 66 millions de tonnes de GES son objectif de réduction pour 2030.

Augmentation des émissions de 2016 à 2017

Les émissions de GES canadiennes sont restées très stables de 2013 à 2015. Après une diminution de 2 % de 2015 à 2016, celles-ci ont de nouveau augmenté de 1 % en 2017, pour un total de 716 mégatonnes.

Selon la porte-parole du ministère de l’Environnement, d’une perspective scientifique, ces changements ne deviennent significatifs que s’ils sont observés sur plusieurs années. « Il y a des fluctuations, toujours. Peut-être que l’hiver de 2016 a été particulièrement doux, par exemple », affirme-t-elle.

Pour la ministre de l’Environnement Catherine McKenna, dont le cabinet a fait suivre une courte réaction, l’augmentation de 1 % des GES en 2017 « peut être attribuée aux incendies de forêt dévastateurs il y a deux ans à Fort McMurray, qui ont eu un impact significatif sur nos émissions ».

Quant à Patrick Bonin, responsable de la campagne Climat-Énergie de Greenpeace Québec, il a plutôt fait le parallèle avec l’augmentation des émissions dans l’industrie des sables bitumineux.

Une marge d’erreur à considérer

Commentant cette augmentation de GES de 1 % en 2017, la ministre McKenna a souligné que celle-ci « reste dans la marge d’erreur », laquelle, selon la porte-parole du ministère de l’Environnement, se situe « autour de 2 % » et reflète « l’incertitude qui existe autour des estimés d’inventaire de toute une économie ».

Rappelons que la diminution des émissions de gaz à effet de serre du Canada estimée par le ministère de l'Environnement de 2005 à 2017 est elle-même de 2 %.

Environnement