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Il y a 100 ans, les femmes pouvaient finalement voter au Nouveau-Brunswick

Deux femmes tiennent une pancarte pour le droit de vote des femmes.
Le Nouveau-Brunswick donnait le droit de vote aux femmes pour la première fois il y a 100 ans. Photo: L'Encyclopédie canadienne
Radio-Canada

Il y a 100 ans aujourd'hui, les femmes obtenaient pour la première fois le droit de vote au Nouveau-Brunswick. Quatre Néo-Brunswickoises témoignent de l'importance de ce moment pour elles.

Certaines tiennent peut-être leur droit de vote pour acquis en 2019, mais les Néo-Brunswickoises n'ont pas toujours eu leur mot à dire sur leurs dirigeants politiques.

Régina Cormier a 104 ans aujourd'hui. Elle se souvient de la première fois qu'elle a voté et raconte fièrement n'avoir jamais manqué une seule élection au cours de sa vie. Pour elle, l'obtention du droit de vote a permis aux femmes d'avoir enfin leur mot à dire sur l'organisation de la vie en société. Pour elle, voter a toujours été un devoir de citoyen auquel elle tient plus que tout.

Pour Albertine Comeau, 89 ans, voter est aussi un événement exceptionnel, intime même : sa conviction qu'il est important de voter lui a été transmise par sa mère. Étant issue d'une famille de six filles, Mme Comeau raconte que pour sa mère, le vote des femmes était une avancée importante et elle le faisait valoir auprès de ses enfants.

Féministe engagée lors des élections, la mère d'Albertine Comeau avait toujours rêvé que ses filles puissent un jour avoir les mêmes responsabilités citoyennes que les hommes.

Faut pas oublier que dans notre temps, les églises menaient et la femme n'avait pas de voix dans la religion. Alors, quand le gouvernement a décidé que oui, les femmes ont une voix et peuvent faire des choix, c'était beaucoup, beaucoup, beaucoup, raconte Albertine Comeau.

Elle se souvient encore très bien du moment où elle a voté pour la toute première fois. Elle était alors âgée de 18 ans et était en première année d'études postsecondaires.

J'étais aux études et on nous avait donné une heure pour aller voter. Je me souviens que c'était quelque chose. Ça répondait à une révolte féminine sociale du temps. On avait enfin une voix, ou l'espérance d'avoir une voix, et c'était beaucoup pour nous dans le temps.

Deux femmes regardent un album photos. Plongées dans les souvenirs, Régina Cormier (à gauche) et Albertine Comeau (à droite) se souviennent d'avoir voté pour la première fois. Photo : Radio-Canada / Marielle Guimond

Est-ce qu'on tient le droit de vote pour acquis aujourd'hui?

Pour Françoise Ward, 77 ans, le droit de vote des femmes a toujours été une question importante. Elle trouve que les jeunes d'aujourd'hui ont peut-être oublié le long combat qu'ont livré les femmes pour que leurs descendantes puissent exercer leur devoir de citoyennes. Peu importe, ce qui compte, pour elle, c'est de voter tout simplement.

Tant mieux si elles [les femmes d'aujourd'hui] prennent leur droit de vote pour acquis. Tant mieux. Mais faut pas juste le prendre pour acquis, faut y aller puis voter, lance-t-elle en riant.

Même dans ce temps-là, je trouvais que les jeunes n’étaient pas toujours intéressés à aller voter , ajoute-t-elle.

Françoise Ward pose avec Régina Cormier et Albertine Comeau.Françoise Ward (à gauche) dans la photo, trouve que les jeunes n'exercent pas suffisamment leur droit de vote. Photo : Radio-Canada / Marielle Guimond

Elle se souvient encore de la fois où elle est allée voter pour la première fois. Elle pouvait en discuter longuement avec l'une de ses amies et ses cousines. La politique était un sujet qui les passionnait.

Bien que 100 ans se soient écoulés depuis cet événement historique, plusieurs intervenantes s'entendent pour dire que les femmes ont encore bien du progrès à faire pour avoir la place qui leur revient dans la société.

Pour Mathilde Thériault, étudiante en travail social à l'Université de Moncton, de nombreuses inégalités demeurent, en 2019.

Je trouve ça vraiment triste que ces femmes-là n'avaient pas le droit de voter, n'avaient pas la chance d'étendre leur voix. Il ne faut pas oublier que c'est une lutte qui a été gagnée parmi des luttes qui sont toujours présentes aujourd'hui , explique l'étudiante.

Elle reconnaît la chance qu'elle a d'exercer librement son devoir de citoyenne et, pour elle aussi, il n'est pas question de s'abstenir aux élections.

Voter, c'est tellement fondamental pour le bon fonctionnement de toutes les sphères de la société, conclut Mathilde Thériault.

Nouveau-Brunswick

Égalité des sexes