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Guerre au Yémen : un veto de Trump à la rescousse de l’Arabie saoudite

Le président Donald Trump (droite) et le prince héritier saoudien Mohammed ben Salmane (gauche) à la Maison-Blanche
Plusieurs élus du Congrès jugent avec méfiance la relation de Donald Trump avec l’Arabie saoudite. Photo: Reuters / Jonathan Ernst
Radio-Canada

Comme prévu, Donald Trump a opposé son deuxième veto présidentiel à une résolution du Congrès prônant l'arrêt de tout soutien américain à la coalition menée par Riyad dans la guerre au Yémen.

« Cette résolution est une tentative inutile et dangereuse d'affaiblir mes pouvoirs constitutionnels, mettant en danger des vies de citoyens et de militaires américains à la fois aujourd'hui et dans le futur », a déclaré le président par voie de communiqué, mardi.

Le texte avait été adopté par les deux chambres du Congrès, y compris par le Sénat à majorité républicaine, ce qui avait été perçu comme un camouflet par Donald Trump.

La Maison-Blanche avait prévenu que le président aurait recours à son veto présidentiel si le Congrès allait de l'avant en adoptant cette résolution.

Pour bloquer ce veto, la Chambre des représentants et le Sénat devraient tous deux le renverser par une majorité des deux tiers, ce qui semble très peu probable.

La résolution avait été approuvée en mars par le Sénat à 54 voix contre 46, sept républicains votant avec les démocrates, avant d'être adoptée ce mois-ci à la Chambre des représentants, contrôlée par les démocrates, à 247 voix contre 175.

Les partisans de la résolution plaidaient que la responsabilité de toute entrée en guerre des États-Unis incombe au Congrès, et non au président.

Ses opposants arguaient que les États-Unis ne sont pas directement impliqués dans cette guerre, mais se contentent de fournir une assistance technique.

Khashoggi à l'esprit de plusieurs élus

Une veillée aux chandelles en mémoire du journaliste saoudien Jamal Khashoggi, assassiné début octobre dans le consulat saoudien à Istanbul.Le journaliste saoudien Jamal Khashoggi a été assassiné début octobre à l’intérieur du consulat saoudien à Istanbul. Photo : AFP/Getty Images / YASIN AKGUL

Bon nombre de sénateurs et de représentants opposés au soutien financier des États-Unis à ce conflit ont clairement indiqué que leur vote visait également à exprimer leur frustration devant le soutien constant manifesté par le locataire de la Maison-Blanche au prince héritier Mohammed ben Salmane d'Arabie saoudite, malgré les conclusions de la CIA selon lesquelles il est associé à l'assassinat du journaliste Jamal Khashoggi.

Le chroniqueur du Washington Post a été tué dans le consulat d'Arabie saoudite en Turquie en octobre 2018.

Dans la foulée de son assassinat, Donald Trump avait défendu vigoureusement le « grand allié » saoudien. Dans un communiqué émis par la Maison-Blanche en novembre dernier, il s'était porté à la défense de la relation stratégique entre son pays et Riyad, invoquant la sécurité et les intérêts nationaux des États-Unis.

Le président américain y avait énuméré toutes les raisons qui rendent l'alliance avec l'Arabie saoudite importante à ses yeux : lutte contre l'Iran, combat contre le « terrorisme islamique radical », vente d'armes américaines au royaume et stabilité des prix du pétrole, dont Riyad est le premier exportateur mondial.

Le secrétaire d'État américain, Mike Pompeo, et son collègue à la Défense de l'époque, Jim Mattis, avaient défendu les mêmes arguments.

Il s'agit du deuxième veto de Donald Trump depuis le début de sa présidence, mais aussi le deuxième en un mois. Le mois dernier, il a opposé son veto à une résolution du Congrès qui aurait bloqué sa tentative d'utiliser une déclaration d'état d'urgence nationale pour obtenir des fonds destinés à la construction d'un mur à la frontière avec le Mexique.

Un conflit meurtrier

Une femme en burqa tient une femme extrêmement maigre dans ses bras.Des millions de personnes sont menacées par la famine au Yémen. Sur cette photo, une femme transporte sa soeur de 12 ans, qui ne pèse plus que 10 kg, dans une clinique du nord-ouest du pays. Photo : Reuters / Stringer .

L'organisation Armed Conflict Location & Event Data Project (ACLED) évalue que la guerre civile au Yémen a fait plus de 67 600 morts entre janvier 2016 et février 2019.

La famine pourrait en outre avoir tué jusqu'à 85 000 enfants de moins de 5 ans depuis l'intervention de la coalition militaire, en mars 2015, selon un rapport de l'ONG Save the Children publié en novembre 2018.

Avec les informations de Reuters, AFP, et CNN

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