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Des familles lancent un cri du coeur aux élus de Gatineau pour l'accès aux logements sociaux

Un immeuble à logements vu de loin à Gatineau en hiver.
Le prix des loyers a augmenté et le taux d'inoccupation a baissé à Gatineau entre 2017 et 2018. Photo: Radio-Canada
Radio-Canada

Désemparés devant le manque de logements sociaux de qualité, une quinzaine de citoyens ont lancé un véritable cri du coeur aux élus de Gatineau au début de la rencontre du conseil municipal, mardi soir.

L'un d'entre eux, Stéphane Lafleur, est père de deux jeunes garçons. Avec beaucoup d'émotion, il a raconté qu'il devait quitter son logement dans les cinq prochains jours, mais qu'il n'avait toujours pas d'endroit où aller.

M. Lafleur a dit avoir visité près d'une trentaine de logements en deux mois, sans succès. Il craint maintenant de se retrouver à la rue. [Il y a une] liste de 28 logements que j'ai visités en 58 jours... Penchez-vous sur la question sérieusement, a-t-il lancé aux membres du conseil.

Une mère de quatre enfants a pour sa part indiqué vivre dans un logement de dépannage de deux chambres depuis 11 mois. Le coût du loyer et de l'entreposage est un défi pour elle.

Ces citoyens, appuyés par l'organisme Logemen'occupe, ont réclamé que des pressions soient faites auprès de la ministre de l'Habitation, Andrée Laforest.

Ils ont également demandé le retour du Programme d’aide d’urgence aux ménages sans logis, instauré au début des années 2000, pour répondre à des taux d'inoccupation très bas partout dans la province.

En janvier, la Ville de Gatineau a indiqué qu'une crise du logement était à prévoir pour l'été 2019 et qu'aucune solution viable n'avait encore été trouvée. Le taux d'inoccupation était d'à peine 1,2 % à Gatineau.

En entrevue avec Radio-Canada, le coordonnateur de Logemen'occupe, François Roy, a dénoncé la lourdeur administrative imposée aux citoyens qui se retrouvent en situation de précarité du logement. Il a cité en exemple ce qu'il a qualifié d'inaction de la Ville de Gatineau lorsqu'il y a des rats dans un appartement.

Tous les jours, on reçoit des appels de détresse de gens qui craignent de perdre leurs enfants parce qu'ils vont se retrouver à la rue, a souligné M. Roy. Ce ne sont pas des statistiques, mais des personnes qui ont besoin d'aide immédiate. 

Il faut absolument que Québec reconduise les mesures d'urgence comme on avait dans les années 2000.

François Roy, coordonnateur de Logemen'occupe

Les élus présents ont assuré qu'ils avaient entendu le cri du coeur de ces familles. Le maire, Maxime Pedneaud-Jobin, a rappelé qu'une première vague de logements abordables avait été perdue lors des inondations, puis une seconde cet automne, pendant les tornades.

Ce dernier a soulevé que la Ville travaillait de concert avec les organismes communautaires vers une centralisation des demandes. Ça nous prend une liste commune des logements disponibles, mais ça nous prend aussi une liste commune des gens en recherche de logement, a-t-il illustré.

La conseillère du district du Plateau, Maude Marquis-Bissonnette a ajouté que le conseil municipal analysait présentement les solutions qui ont été envisagées pour d'autres villes et qu'il cherchait activement une façon d'assurer la transition cet été, lors de la période de déménagement.

Avec les informations de Nathalie Tremblay

Ottawa-Gatineau

Pauvreté