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L'accent d'un médecin change-t-il la perception des patients envers son travail?

Médecin tenant un stéthoscope
Médecin tenant un stéthoscope Photo: iStock
Radio-Canada

Une nouvelle étude de l'Université de l'Alberta tend à démontrer les effets de l'accent étranger d'un médecin sur sa crédibilité en tant que professionnel.

Pour sa thèse de fin d’études de premier cycle universitaire, l’étudiante de la Faculté des sciences de l’Université de l’Alberta, Lorelei Baquiran, s’est demandé si les gens jugeaient différemment une personne dite savante, selon son accent.

Pour faire ce premier test, elle a décidé de cibler son attention sur deux publics précis, soit la profession médicale et la communauté chinoise. Ainsi, près de 80 Canadiens, dont la moitié d’origine chinoise, ont écouté les diagnostics remis par deux médecins : l’un au fort accent chinois, l’autre à l’accent « standard » canadien.

« Les Canadiens d’origine chinoise comme les autres ont chacun estimé que le médecin avec l’accent chinois était moins compétent que l’autre, constate Lorelei Baquiran. Et ce, quelle que soit la sévérité du diagnostic annoncé. »

La professeure du département de psychologie qui a supervisé l’étude, Elena Nicoladis, souhaite étendre cette expérience à d’autres accents étrangers pour les comparer et tenter de comprendre les raisons de ces jugements de valeur fondés uniquement sur un accent.

« Il serait intéressant de voir également si les accents qu’on pourrait considérer comme étant plus snobs n’auraient pas un effet inverse sur l’appréciation des gens », se demande la chercheuse.

Peut-être qu’un docteur à l’accent britannique serait même jugé plus compétent qu’un médecin avec l’accent standard canadien.

Elena Nicoladis, professeure au département de psychologie de l’Université de l’Alberta.

Un article concernant les recherches de l'Université de l'Alberta est paru à la fin mars dans la revue Health Communication (en anglais) (Nouvelle fenêtre).

Défiance

Et si, dans l’esprit des Canadiens, parler avec un accent signifiait qu’une personne ne comprenait pas suffisamment la culture canadienne? Cette question de l’acculturation est l’hypothèse principale avancée par les chercheurs pour expliquer ce jugement, bien qu’ils manquent encore d’études pour le prouver.

« En attendant, il va nous falloir trouver des façons de soutenir ces médecins et toutes les personnes à l’accent étranger, d’être désavantagés simplement du fait de leur façon de parler », souligne Lorelei Baquiran.

Environ 18 % des médecins du pays ne sont ni nés, ni formés au Canada, selon les données de l'Université de l'Alberta.

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