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Quand une cathédrale renaît de ses cendres

Un clocher s'écroule dans une boule de flammes, plus bas, la rosace luit d'un orange infernal.

Le devant de la cathédrale de Saint-Boniface pendant l'incendie

Photo : Maurice Desloges

Gavin Boutroy

Au moment où le président français Emmanuel Macron déclare que la France rebâtira la Cathédrale Notre-Dame, on peut se souvenir d'une autre église emblématique renaissant de ses cendres. La cathédrale de Saint-Boniface était ravagée par les flammes le 22 juillet 1968 et quatre ans plus tard, un nouvel édifice était dédicacé.

Les archives de l’architecte de la nouvelle Cathédrale de Saint-Boniface, Étienne Gaboury, sont soigneusement conservées au Centre du Patrimoine de la Société historique de Saint-Boniface, à Winnipeg.

On y retrouve le récit de la construction de la cathédrale dans une série de correspondances, contrats, devis, propositions de services, rapports d’étapes, rapports d’inspection, croquis, dessins, plans, budgets et bien d’autres documents.

Un croquis en feutre.

Un croquis d'Étienne Gaboury

Photo : Radio-Canada / Gavin Boutroy

Étienne Gaboury a tout de suite voulu participer à la conception du nouvel édifice, écrivant à l’archidiocèse peu après l’incendie pour proposer les services de son cabinet. Il fait valoir la spécialité du cabinet : les édifices religieux, en plus de souligner ses racines franco-manitobaines.

Il met également en garde l'archidiocèse, qui avait proposé aux architectes intéressés par le projet de soumettre des dessins préliminaires pour inspirer la reconstruction de l’édifice.

Un lettre du 9 mars 1969.

Une lettre rappelant les règles des appels d'offre d'architecture à tous les cabinets d’architectes manitobains.

Photo : Radio-Canada / Gavin Boutroy

C'était une violation des règles régissant la profession d’architecte, qui interdit de fournir des dessins architecturaux gratuitement, sans appel d’offres hautement codifié. L'initiative de l'archidiocèse a amené l'Association manitobaine des architectes à rappeler à ses membres la nécessité de respecter ce code de conduite.

Pendant près de deux ans, se sont enchaînés réunions et sondages afin de déterminer comment la cathédrale serait reconstruite.

Ces sondages montrent qu’initialement, beaucoup voulaient que la cathédrale soit une réplique exacte de celle qui avait brûlé. Cette possibilité a été écartée quand la valeur d'une reconstruction intégrale a été chiffrée à environ 5 millions $ en dollars de l’époque.

Finalement, les paroissiens décident que la meilleure option est de bâtir une nouvelle cathédrale à l’intérieur des ruines de l’ancienne. En 1970, Étienne Gaboury remporte l’appel de soumissions, respectant un budget serré d’environ 630 000 $.

Dès juin 1971, la construction commence avec l’aide de l’entrepreneur Bird Construction Ltd. La pierre angulaire est posée en mars 1972, et la nouvelle cathédrale est dédicacée le 17 juillet 1972.

La cathédrale de Saint-Boniface

La cathédrale de Saint-Boniface à Winnipeg a été brûlée le 22 juillet 1968.

Photo : Florence Reinson

Le résultat est une église résolument moderne, réalisée dans l’esprit du renouveau liturgique de Vatican II.

« La nouvelle cathédrale est un monument au drame de juillet et à la joie du printemps - qu’elle ne connaisse que célébration », pouvait-on lire dans la brochure de la dédicace, près de la photographie de M. Gaboury.

Une brochure avec l'image d'une cathédrale.

La dédicace de la cathédrale de Saint-Boniface, conservée dans les archives d'Étienne Gaboury.

Photo : Radio-Canada / Gavin Boutroy

Mais Étienne Gaboury n’a pas tout à fait terminé de laisser sa marque sur la cathédrale de Saint-Boniface. En 1983, il remporte un autre appel d’offres, cette fois-ci pour créer un chemin de croix en vitrail pour l’édifice qu’il a lui-même conçu. L’église aura son vitrail en 1984.

Un vitrail montrant le Christ sur la croix.

Chemin de croix de la Cathédrale de Saint-Boniface. Des vitraux imaginés par Étienne Gaboury sont courant dans ses lieux de culte et édifices laïques.

Photo : Radio-Canada / Bert Savard

Manitoba

Croyances et religions