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Jason Kenney, le nouvel allié de Doug Ford

Le premier ministre de l'Ontario, Doug Ford, et le chef du Parti conservateur uni de l'Alberta, Jason Kenney (à gauche), se félicitent autour de deux drapeaux lors d'un rassemblement contre la taxe carbone à Calgary.
Le premier ministre de l'Ontario, Doug Ford, et le chef du Parti conservateur uni de l'Alberta, Jason Kenney (à gauche), lors d'un rassemblement contre la taxe carbone à Calgary Photo: La Presse canadienne / Jeff McIntosh
Mathieu Simard

Doug Ford se réjouit de l'élection de son « bon ami » Jason Kenney à la tête de l'Alberta. Le premier ministre ontarien croit que le nouveau venu au sein du Conseil de la fédération changera le rapport de forces entre Ottawa et les provinces.

Pour Doug Ford, la victoire du Parti conservateur uni (PCU) signifie que l’Alberta pourra se rallier à l'Ontario, qui a lancé un recours judiciaire contre la taxe carbone de Justin Trudeau. C’est l’ajout d’une autre province qui en a assez, selon lui.

[Jason Kenney] sera un allié proche.

Doug Ford, premier ministre de l'Ontario

Doug Ford n’a jamais caché sa préférence pour Jason Kenney dans la campagne électorale en Alberta.

Mardi, pendant que les Albertains se rendaient aux urnes, il laissait tomber son devoir de réserve et s’enthousiasmait déjà de l’élection possible de M. Kenney. J'espère que nous aurons un autre partenaire aujourd'hui, avec mon bon ami Jason Kenney. J’espère qu'il sera élu premier ministre de l'Alberta, lançait-il lors d’un point de presse devant les journalistes.

Une fois la victoire du PCU confirmée, M. Ford et plusieurs membres de son Cabinet félicitaient le premier ministre désigné sur Twitter.

Même si le conservatisme de l'Ouest et le conservatisme ontarien sont différents, Doug Ford et Jason Kenney appartiennent à la même famille politique. Ensemble, ils promettent de se faire entendre sur la scène fédérale et croient même pouvoir jouer un rôle à l’approche des prochaines élections fédérales.

Selon le politologue Peter Graefe, de l’Université McMaster, à Hamilton, le ton des deux politiciens pourrait se durcir davantage en raison d’un effet d’entraînement, rendant les négociations pancanadiennes plus corsées lorsque le duo Kenney-Ford sera assis à la même table.

M. Ford pourrait avoir une politique plus corsée à l’albertaine, où on est prêt à causer un certain nombre de conflits intergouvernementaux, s’il a des choses à gagner dans ses négociations, explique le professeur Graefe.

De proches collaborateurs

Plusieurs membres de la garde rapprochée de Doug Ford étaient auparavant de proches collaborateurs de Stephen Harper sur la scène fédérale.

Jason Kenney, un ex-ministre dans le Cabinet Harper, connaît donc une bonne partie de l’équipe qu’a récupérée M. Ford lorsqu’il est devenu premier ministre. La communication entre les deux gouvernements s’annonce fluide.

Il y a beaucoup d’atomes crochus et un lien d’amitié entre ces deux gouvernements là.

Peter Graefe, politologue, Université McMaster

Selon le politologue, des membres de l'entourage de Doug Ford pourraient même être tentés de faire le saut vers l’Alberta et se joindre au gouvernement Kenney.

Front commun pour un pipeline

Chose certaine, le nouveau premier ministre albertain n’aura pas à se soucier de l’appui de l’Ontario s’il souhaite redonner vie à un projet transcanadien de pipeline, comme Énergie Est.

La pétrolière TransCanada avait renoncé à la construction du pipeline en 2017, mais des politiciens contemplent l’idée de faire revivre le controversé projet.

L’Ontario a donné un appui indéfectible à la construction du pipeline, si bien que le gouvernement Ford a cru bon en faire mention dans son premier budget, déposé la semaine dernière. Dans la section intitulée Soutenir la construction d’un pipeline, le gouvernement indique qu’il ne ferait pas obstacle à un pipeline qui transporterait du pétrole en passant par l’Ontario.

Le texte précise que le gouvernement veut même simplifier le transport de pétrole brut vers l’est, en éliminant les restrictions imposées relativement au développement d’un pipeline sur son territoire. On y ajoute que l’Ontario soutiendra ses partenaires qui cherchent à accroître la distribution du pétrole.

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