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Les corvées de nettoyage plus populaires que jamais à Montréal

Frédéric Vachon, souriant, un râteau à la main, dans un entrepôt.
Frédéric Vachon, chargé de mobilisation citoyenne à l'Éco-quartier Mercier-Hochelaga-Maisonneuve, croit que les participants aux corvées prennent conscience de leur pouvoir d'améliorer leur milieu de vie. Photo: Radio-Canada / René Saint-Louis
René Saint-Louis

Depuis maintenant 10 ans, la Ville de Montréal fournit l'équipement et l'encadrement nécessaires aux citoyens qui souhaitent nettoyer leur rue, leur ruelle ou encore leur parc. Une plateforme en ligne permet de s'inscrire à une corvée citoyenne ou même d'en créer une.

Pas moins de 270 corvées sont déjà à l'horaire au printemps. Dans la Petite-Italie, par exemple, Paola Giuge a décidé d'en organiser une pour nettoyer des tronçons des rues Clark et Mozart.

Elle a d'abord vu passer sur les réseaux sociaux de petits encarts commandités par la Ville, qui proposaient d'organiser des corvées par l'intermédiaire d'une plateforme Internet.

La réponse a été très positive, parce qu'on était 11 à participer. Beaucoup c'était nos voisins les plus proches, qu'on est allés voir directement, mais j'ai eu deux inscriptions qui se sont faites directement par la plateforme.

Paola Giuge

Quelques jours avant la corvée, Paola avait reçu chez elle des gants, des sacs poubelles et des t-shirts pour tous les participants, gracieuseté de la Ville.

Cela fait 10 ans que Montréal fournit gratuitement le matériel de base aux citoyens qui souhaitent mettre sur pied des corvées de propreté. S'il faut du matériel plus costaud, comme des râteaux, des balais de rue, des pics à papier ou même des pelles, l'organisateur d'une corvée est invité à l'emprunter gratuitement à son écoquartier.

On voit des maisons en rangée, rue Clark, avec des déchets et de la saleté autour.La rue Clark au moment où devait avoir lieu la corvée organisée par Paola Giuge. En raison de la pluie, la corvée a cependant été déplacée au 28 avril. Photo : Radio-Canada / René Saint-Louis

Participation en hausse

En 2011, quelque 9300 Montréalais ont participé à des corvées. En 2016, ils étaient 21 700 à le faire et l'an dernier, 24 400.

Le chargé de mobilisation citoyenne à l'Éco-quartier Mercier-Hochelaga-Maisonneuve, Frédéric Vachon, a aussi constaté une augmentation du nombre de participants autant pour des corvées autonomes, coordonnées par des citoyens, que pour des corvées de plus grande ampleur, organisées par des associations ou par les écoquartiers.

Il y a les grands enjeux de changements climatiques [...] qui mobilisent beaucoup de gens, mais en tant que tel, un citoyen n'a pas nécessairement un effet très large sur les changements de société. [...] Je pense que les citoyens sentent qu'il y a quand même un pouvoir qu'il est possible d'avoir sur l'amélioration de son milieu de vie.

Frédéric Vachon, chargé de mobilisation citoyenne à l'Éco-quartier Mercier-Hochelaga-Maisonneuve

Frédéric Vachon fait aussi un lien entre l'augmentation du nombre de corvées et l'augmentation du nombre de ruelles vertes. Dans l'arrondissement de Mercier-Hochelaga-Maisonneuve, où l'on ne comptait qu'une seule ruelle verte en 2009, on en dénombre maintenant 54.

« On a l'impression qu'en faisant de nouveaux projets de verdissement, on invite les citoyens à participer plus à des activités de bénévolat dans le quartier, puis on pense que ça va aider à stimuler la profusion des corvées citoyennes », ajoute Frédéric Vachon.

Un comité de ruelle verte peut mobiliser 50 citoyens pour une corvée de nettoyage, une école primaire ou secondaire en attirera une centaine, tandis que les corvées de grands parcs rassemblent jusqu'à 200 personnes, raconte le chargé de mobilisation citoyenne.

Les écoquartiers organisent aussi leurs propres corvées pour des défis de plus grande ampleur. L'Éco-quartier Mercier-Hochelaga-Maisonneuve invite les citoyens à participer le 27 avril au grand nettoyage annuel des rues Sainte-Catherine Est et Ontario Est, soit huit kilomètres de rues au total.

Cette année, les médias sociaux jouent en faveur des corvées de nettoyage en raison du mouvement #trashtagchallenge, une initiative née en Algérie. Les participants publient des photos d'eux avant et après leur corvée pour démontrer l'impact de leur travail. La Ville de Montréal les encourage d'ailleurs à se prendre en photo.

Autre mouvement en émergence : l'écojogging (plogging), qui allie course à pied et ramassage des déchets... un jogging tendance qui nous vient cette fois de Suède!

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