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analyse

La chute de l’Église

Le pape François parle au micro.

Le pape François a promis que plus jamais les abus sexuels ne seraient impunis au sein de l'Église catholique.

Photo : AFP/Getty Images / FILIPPO MONTEFORTE

Alain Crevier

Depuis quelque temps, je travaille sur un projet de reportage au sujet de la chute de l'Église catholique. La part la plus visible de ce drame, c'est évidemment tous ces scandales de criminels sexuels qui ont abîmé sérieusement la chose qui compte le plus pour l'institution deux fois millénaire : son autorité morale.

Des scandales à répétition et à l’échelle de la planète catholique qui ont démontré comment cette grande institution a si souvent troqué la vertu pour la complicité, confondu la prière au silence intolérable de ces criminels immondes.

Et puis je repense à la lettre de Benoît XVI, il y a quelques jours, dans laquelle le pape émérite soutient que tous ces drames de pédophilie ont une origine : l’absence de Dieu. Comme si ne pas croire en un Dieu ouvrait la porte à l’ignominie, à la normalisation de l’immoralité.

Comme si, au fond, si Dieu n’existe pas, alors tout est permis. Difficile à accepter, cette idée d’un monde qui ne trouve son salut que dans la présence des Dieux.

Il est vrai que longtemps, la foi et l’Église ont constitué l’essentiel de notre raison d’être au monde. La réponse à nos grandes questions existentielles. On y trouvait, croyait-on, toutes les réponses à nos tragédies et nos émerveillements humains. Pourquoi naître, pourquoi vivre et souffrir, pourquoi et comment mourir? Notre moralité, nos définitions du bien et du mal y reposaient.

Mais au fil des ans et de toutes nos réflexions, nombreux sont ceux qui ont entrepris d’autres quêtes de sens en acceptant que le monde est fait d’incertitudes, d’impermanence et d’imperfections. L’Église n’est plus la seule réponse à nos angoisses.

Benoît XVI voit dans la révolution sexuelle des années 60 un symptôme, un début de maladie, un monde sans Dieu. On pourrait aussi y voir la fracture qui éloigne l’Église des préoccupations et de la réalité des gens d’aujourd’hui.

Lundi, dans les flammes violentes qui engloutissaient Notre-Dame de Paris, je n’ai pu faire autrement, comme d’autres et même certains religieux qui ont toujours la foi, que de voir le symbole de la chute de l’Église.

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