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L’hôtel de ville de Montréal ferme ses portes

Sterling Downey, Cathy Wong et Alexandre Norris.
Les élus Sterling Downey, Cathy Wong et Alexandre Norris ont immortalisé leurs derniers moments dans la salle du conseil municipal de Montréal. Photo: Radio-Canada / Romain Schué
Romain Schué

L'édifice historique de l'hôtel de ville de Montréal a vécu sa dernière séance du conseil municipal avant d'importantes et nécessaires rénovations. Une réouverture est prévue pour 2022.

« On a un peu de tristesse », confie le chef de l’opposition, Lionel Perez, au moment de quitter la salle du conseil, qui accueille, chaque mois, 65 élus montréalais, qu’ils soient maires d’arrondissement ou conseillers de la ville.

« C’est notre joyau patrimonial », ajoute Cathy Wong, première femme présidente du conseil municipal.

Lieu historique national, l’hôtel de ville de Montréal a ouvert ses portes en 1878 avant qu’un incendie ne ravage l’édifice en 1922. Sa reconstruction, entamée en 1923, a duré trois ans.

Mais voilà : l'édifice doit maintenant fermer ses portes pour se refaire une beauté.

« Les archives de Montréal prennent littéralement l’eau », explique François Limoges, leader de la majorité.

« Des fenêtres ne ferment plus ou s’ouvrent toutes seules; le plafond est effrité; il y a des problèmes de ventilation et de chauffage; les ascenseurs tombent en panne », détaille le conseiller de Rosemont–La Petite-Patrie. « On est en fin de vie du bâtiment, ce n’est pas une restauration esthétique. »

Un budget de 140 millions est prévu à cet effet. « On est dans les temps », précise François Limoges.

L'hôtel de ville de Montréal.Le chantier de rénovation de l'hôtel de ville sera géré par la firme Pomerleau. Photo : Radio-Canada / Jérôme Labbé

Des moments « houleux » et « nobles »

Au moment d’entrer une dernière fois dans cette enceinte, ou avant de la quitter, de nombreux élus ont sorti leur téléphone pour immortaliser ce moment. L’occasion de se remémorer des moments marquants.

Il y a eu des instants forts, avec la visite de présidents, comme François Hollande [en 2014]. Mais le plus touchant, c’était la venue de Ban Ki-moon [alors secrétaire général des Nations unies] en 2016.

Aref Salem, conseiller depuis 2009
Denis Coderre et Ban Ki-moonDenis Coderre avait accueilli Ban Ki-moon à l'hôtel de ville le 12 février 2016. Photo : Radio-Canada

Incertain sur son avenir politique, Francesco Miele – qui était le bras droit de Denis Coderre au conseil municipal, avant de continuer dans l’opposition – se souvient des « moments difficiles » vécus durant son premier mandat, entre 2009 et 2013.

« Au total, j’ai servi cinq maires : [Gérald] Tremblay, [Michael] Applebaum, [Laurent] Blanchard, Denis Coderre et Valérie Plante. Mais lorsqu’on a dû élire des maires par intérim en 2012 et 2013 [après une série de scandales], c’était difficile. On devait le faire avec des votes secrets », se rappelle-t-il.

« On ne sait pas si on va revenir un jour dans cette salle en tant qu'élu », reconnaît Richard Ryan, conseiller du Plateau-Mont-Royal. « C’était un privilège de siéger dans cette enceinte, un symbole fort de la démocratie locale. »

La salle du conseil municipal.La salle du conseil municipal de Montréal sera rénovée et le crucifix, situé sur le mur en face du siège de la présidente du conseil sera retiré. Photo : Radio-Canada / Romain Schué

Doyen de l’hôtel de ville, Marvin Rotrand, élu depuis novembre 1982, aime rappeler qu’il était déjà présent lorsque Jean Drapeau était encore au pouvoir. Assis sur une chaise de la salle du conseil, le conseiller de Snowdon évoque « des débats houleux, avec des tensions, des conseils très divisés », mais aussi « des discussions très nobles ».

Exemple récent, mentionne-t-il, « ce qu’on a été capable de faire contre le projet de loi sur la laïcité ».

Lundi, l’ensemble des élus montréalais ont soutenu une déclaration préparée par Valérie Plante et Lionel Perez pour réclamer un statut particulier pour la métropole.

« Il y a un peu d’ironie, sourit Lionel Perez. Ce dernier conseil, dans cette salle où il y a encore le crucifix [il sera retiré après les rénovations], on a fait une déclaration commune pour une laïcité ouverte. »

Les prochaines séances du conseil municipal, tout comme celles du comité exécutif, se dérouleront désormais dans le bâtiment voisin, l’édifice Lucien-Saulnier.

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