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« L’extraordinaire histoire » d’une greffée

Andrée Roy, un café à la main.
Andrée Roy a reçu une greffe de foie en 2016. Photo: Radio-Canada
Fanny Lachance-Paquette

Lumineuse et dynamique, Andrée Roy profite désormais pleinement des petits bonheurs de la vie. Trois ans après avoir reçu une greffe de foie, elle souhaite sensibiliser la population à l'importance du don d'organes, mais surtout donner espoir à ceux qui attendent.

Andrée Roy a reçu un diagnostic de maladie auto-immune en 1992. Pendant des années, elle vit plutôt bien avec les hauts et les bas de sa maladie. Résidente de la Gaspésie, Andrée Roy est suivie par des hépatologues de l'Hôpital Saint-Luc, à Montréal. Pour des raisons de logistiques, elle décide de se rapprocher de la région métropolitaine. Elle choisit alors de s’établir à Sherbrooke.

Puis en 2013, de premiers épisodes d'encéphalopathie font leurs apparitions. Son comportement change, elle perd alors souvent conscience et est hospitalisée tous les 15 jours. Son état se détériore et son nom est ajouté à la liste des personnes en attente d’une greffe d’organe.

Deux jours avant d’avoir mon appel, j’étais certaine certaine que je ne passais pas au travers.

Andrée Roy, greffée

Une fille dévouée

Au pire de la maladie, Audrey, la fille d’Andrée Roy, souhaitait donner une partie de son foie à sa mère. Pourtant, la principale intéressée espérait de tout coeur que sa fille ne soit pas compatible.

Je ne voulais pas qu’elle donne à moi. Elle aurait pu donner à sa voisine, j’aurais été contente.

Andrée Roy, greffée

Après deux années de démarches, le médecin d’Audrey lui annonce qu’elle ne pourrait donner une partie de son foie à sa mère, parce que la grosseur de ses vaisseaux n’était pas compatible. Une nouvelle dévastatrice pour la fille, mais un grand soulagement pour la mère. « Si jamais il était arrivé quelque chose, jamais je ne me serais pardonné ça », lance Andrée Roy, encore bouleversée par cette possibilité.

L’appel tant attendu

Après un peu plus de trois ans sur la liste de transplantation, Andrée Roy reçoit un appel de l’Hôpital Saint-Luc : un foie est disponible pour elle.

En virée de magasinage avec sa fille à Québec, elle se précipite à l’hôpital. Là-bas, une autre mère, en compagnie de sa fille, est présente. C’est finalement à cette femme qu’ira le foie.Pour un organe, souvent, ils vont appeler deux, même trois patients, explique Andrée Roy.

Heureusement, on lui annonce qu’elle recevra un autre foie, encore mieux adapté à ses besoins, le lendemain. Après deux semaines d’hospitalisation, elle rentre à la maison pour commencer une nouvelle vie. Depuis ce temps-là, ça va extrêmement bien! lance gaiement la femme d’une soixantaine d’années.

La sensibilisation

Andrée Roy elle-même n’avait pas signé sa carte d’assurance maladie avant d’être transplantée. Selon elle, la méconnaissance du don d’organes et le fait que les gens ne connaissent pas de greffés expliquent en partie la réticence des gens à signer leur carte. C’est pour pouvoir mettre un visage sur les greffés qu’Andrée Roy raconte son histoire.

Ces gens-là qui donnent, ce sont des héros!

Andrée Roy, greffée

Elle pense que le Québec devrait se pencher sur le consentement présumé comme en Nouvelle-Écosse.

Il faut en parler, et parlez-en dans vos réunions de famille. C’est important! répète la greffée.

Transplant Québec rapporte que 37 % des dons n’ont pas lieu parce que la famille du donneur s’y oppose.

Deux derniers défis

La maladie a fortement changé le corps d’Andrée Roy. Au cours des prochaines années, elle veut retrouver le poids santé qu’elle avait avant que la maladie ne prenne toute la place.

Un autre défi figure aussi sur sa liste. En cette Semaine nationale du don d’organes et de tissus, Andrée Roy veut écrire à la famille de son donneur. Grâce à Transplant Québec, elle peut envoyer une lettre à la famille qui demeurera anonyme. Le chemin inverse est aussi possible.

Il me semble qu’il y a pas de merci assez grand. Je ne sais pas comment leur dire merci.

Andrée Roy

Andrée Roy prend soin de son foie, elle mange bien, fait des suivis médicaux fréquents, elle parle même à son organe quotidiennement. Désormais, elle veut que la famille du donneur sache qu’ils n’ont pas à regretter leur don. Son histoire de transplantation est « extraordinaire » et remplie d’amour et elle va merveilleusement bien.

Estrie

Santé