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Notre-Dame de Paris après les flammes, une impression de déjà vu pour les Manitobains

Radio-Canada

Alors que la cathédrale Notre-Dame de Paris est encore chaude à la suite de l'incendie de lundi, la France veut se lancer dans une reconstruction de son monument emblématique. À Saint-Boniface, l'histoire de la cathédrale de Saint-Boniface offre un éclairage sur le projet de reconstruction d'un édifice iconique pour une communauté.

Dans la capitale française, mardi matin, nombreux étaient les badauds venus constater l’ampleur des dégâts d’un incendie qui a fait le tour des médias de la planète.

« Les gens sont là par centaines pour voir ce qu’il reste. Il y a énormément de journalistes venus de tous les pays qui font des directs. Il y a tout de même un périmètre de sécurité. De grandes échelles sont déployées, des grues », indique Barbara Gorrand, ancienne journaliste d'ICI Manitoba vivant actuellement à Paris.

Même à plus de 6600 kilomètres de Paris, certains Winnipégois ressentent la même émotion que les Parisiens.

William Lazarenko est en 12e année à l’École secondaire Saint-Paul’s, à Winnipeg. Lors d’un voyage scolaire à Paris, il a eu l’occasion, avec une trentaine de ses camarades, de visiter ce lieu de culte emblématique, le 25 mars dernier.

« On est allés dans la cathédrale pour une messe. Certains ne voulaient pas aller dans une messe dès notre arrivée, mais quand on est sortis, tout le monde était silencieux », se souvient-il en évoquant l’impact psychologique de la grandeur de l'édifice.

Il explique que ses amis et lui ont passé la soirée de lundi à s'envoyer des messages pour parler du « désastre » et les discussions ont continué à l’école le lendemain.

William Lazarenko et d'autres élèves de l'école Saint Paul's devant la cathédrale.

William Lazarenko et d'autres élèves de l'école Saint Paul's ont pu visiter la cathédrale Notre-Dame de Paris en mars dernier.

Photo : William Lazarenko

« Quand on voyage, on prend beaucoup trop de photos et de vidéos. La semaine dernière, j’allais presque supprimer certaines photos et vidéos de la cathédrale. Maintenant, je vais les garder précieusement », promet-il.

Si deux tiers de la charpente du bâtiment et de nombreux artefacts ont été détruits ou abîmés par les flammes, un avenir est envisageable pour la cathédrale.

« Il s’agit maintenant de s’assurer de la solidité de la structure. Le feu et l’eau ont endommagé les fondations et l’ensemble de la structure. La première des bonnes nouvelles, c’est que la cathédrale, le symbole est toujours debout. Je pense que ça rassure beaucoup de gens », explique Barbara Gorrand.

Reconstruire l’irréparable

Le président français Emmanuel Macron a annoncé, mardi, vouloir rebâtir « la cathédrale Notre-Dame, plus belle encore, et [souhaite] que cela soit achevé d’ici 5 années ».

À Saint-Boniface, un tel projet de reconstruction a des airs familiers.

« Quand la cathédrale a brûlé ici, j’avais 13 ans et je voyais les mêmes choses qu’on a vues à Paris : des gens qui priaient, des visages de choc. Ils ne pouvaient pas croire qu’un tel bâtiment, fait en pierre puisse brûler ainsi », raconte l’ancien directeur du musée de Saint-Boniface, Philippe Mailhot.

Il rappelle qu’en 1968 la question s’est également posée de déterminer comment reconstruire l'édifice.

« La cathédrale de Saint-Boniface était assurée pour 500 000 $. Ça aurait coûté 6,5 millions juste pour remettre un nouveau toit, des murs et un plancher », explique Philippe Mailhot.

Bien que les Bonifaciens aient été prêts à mettre la main à la poche pour reconstruire l’édifice, Monseigneur Baudoux avait à l’époque fait le choix d’un projet modeste, préférant réunir de l’argent pour des missions à destination des personnes dans le besoin.

Philippe Mailhot dans l'enceinte des ruines de la cathédrale de Saint-Boniface.

Philippe Mailhot remarque qu'à Paris comme à Saint-Boniface, les travaux de rénovation des bâtiments font « grandement augmenter » les risques de dégâts sur la structure.

Photo : Radio-Canada

« [À cette époque], c’était fini, les grands monuments religieux. Étienne Gaboury a eu le contrat pour 635 000 $ pour une nouvelle cathédrale selon deux conditions : que ce soit dans les murs de la cathédrale et qu’on puisse y mettre 1000 personnes au lieu de 2000 », précise Philippe Mailhot.

Quoi qu'il en soit, il estime que la cathédrale parisienne a pu conserver le principal afin de perdurer.

« Le fait que les deux grandes tours iconiques aient été préservées à Paris, cela permettra de reconstruire quelque chose qui se rapprochera de ce qui a été perdu. Même s’ils ne vont pas refaire le même édifice qu’il y a 800 ans, mais ça restera un édifice remarquable comme ici », conclut-il.

Avec des informations de Patrick Foucault et Abdoulaye Cissoko

Manitoba

Incendie