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Peine réduite en raison de son enfance « très difficile »

Une photographie de l'accusé tirée de Facebook.
Steeve Grégoire Photo: Facebook / Steeve Grégoire
Yannick Bergeron

Un juge a pris en compte le passé « immensément triste et lourd » d'un homme d'origine innue qui a agressé son ex-conjointe à Québec pour le condamner à 30 mois de prison.

Les gestes posés par Steeve Grégoire auraient commandé une peine beaucoup plus sévère, a convenu le juge Steve Magnan.

Il a par contre voulu lui donner une chance, une autre, en raison des origines de l'homme de 30 ans au lourd passé judiciaire.

Il compte déjà une cinquantaine de condamnations.

Les faits

En septembre 2018 dans le quartier Saint-Émile, Grégoire s'est introduit par effraction dans la résidence de son ex-conjointe avant de la poignarder au dos.

Leur fils et les trois autres enfants de son ex-conjointe étaient dans la résidence au moment du drame.

Steeve Grégoire avait été libéré la veille, sous conditions, pour un épisode de violence conjugale survenu quelques jours plus tôt.

En janvier, il a plaidé coupable à des accusations de voies de fait armées causant des lésions, introduction par effraction, menaces et de ne pas avoir respecté les conditions de sa remise en liberté.

Enfance difficile

Pour déterminer la peine juste à imposer, le juge s'est appuyé sur un rapport qui dresse le portrait de l'enfance difficile de l'homme originaire de la Côte-Nord.

Élevé par ses grands-parents, il n'a connu son père qu'à l'âge de 20 ans.

Sa mère a été peu présente dans sa vie, jusqu'à son décès en 2015. C'est lui qui l'a découverte pendue dans sa maison.

Uashat.La communauté innue de Uashat Photo : Radio-Canada

Déjà à 10 ans, il avait retrouvé son oncle qui avait mis fin à ses jours dans les mêmes circonstances, dans la résidence de ses grands-parents.

Il a alors commencé à commettre des vols en plus de consommer drogue et alcool, tôt dans son adolescence.

Le magistrat note que six personnes de son entourage proche se sont volontairement enlevé la vie.

Grégoire est lui-même passé à l'acte, mais un ami a brisé la corde à temps.

Depuis cet événement, il a passé un pacte avec son frère jumeau, de ne plus tenter de s'enlever la vie.

« L'accusé a souffert de nombreux traumatismes dans sa vie », constate le juge Magnan.

Réalité autochtone

Il souligne que Grégoire provient d'une communauté où les habitants ont été dépossédés de leurs habitudes de vie ancestrale et que des enfants ont été arrachés à leur famille pour être envoyés dans des pensionnats.

Tout cela a causé des impacts reconnus par le gouvernement canadien, rappelle le juge, comme l'alcoolisme, la toxicomanie, la violence conjugale, notamment.

Le milieu de vie dans lequel a grandi l'accusé était économiquement défavorisé et n'a pas permis son épanouissement.

Steve Magnan, juge, Cour du Québec

Les crimes commis par Grégoire, et ses conséquences sur la victime, auraient mérité une peine beaucoup plus sévère, convient le juge, n'eût été le passé du jeune père.

« L'accusé doit entretenir l'espoir de guérir, de revoir son fils et de s'en occuper adéquatement. La peine ne doit pas anéantir ses espoirs », a tranché le juge Magnan.

Incarcéré depuis les événements, Steeve Grégoire a déjà purgé l'équivalent de 10 mois sur la peine de 30 mois imposée.

Le juge recommande qu'il intègre, à sa sortie de prison, un centre de guérison autochtone pour l'aider à soigner ses dépendances et guérir ses blessures du passé.

Québec

Justice et faits divers