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AquaBounty songe à étiqueter son saumon transgénique

Cette photo fournie en 2010 par AquaBounty Technologies illustre deux saumons du même âge, l’.un génétiquement modifié à l’arrière et un autre non génétiquement modifié à l’avant.
Cette photo fournie en 2010 par AquaBounty Technologies illustre deux saumons du même âge, l’un génétiquement modifié à l’arrière et un autre non génétiquement modifié à l’avant. Photo: The Associated Press / AP Photo/AquaBounty Technol
Radio-Canada

L'entreprise américaine AquaBounty ouvre la porte à l'étiquetage du saumon transgénique qu'elle élèvera bientôt dans une usine de l'Île-du-Prince-Édouard.

L’entreprise a obtenu au début du mois le feu vert d’Environnement Canada pour commencer la production de ce saumon de l’Atlantique modifié génétiquement pour qu’il arrive à maturité plus rapidement.

Santé Canada n’exige pas l’étiquetage de ce produit, considéré comme sans danger pour la consommation humaine, de sorte que les Canadiens peuvent en acheter sans se douter qu’il s’agit de saumon transgénique.

Le saumon est déjà élevé au Panama et vendu dans certains supermarchés canadiens, bien que les grandes chaînes comme Loblaws, Sobeys et Wal-Mart refusent de lui faire une place sur leurs tablettes.

Dans une déclaration écrite, AquaBounty affirme qu’elle étudie actuellement diverses options d’étiquetage pour déterminer quelle est la meilleure solution.

L'« acceptabilité sociale » nécessaire à AquaBounty

Cette ouverture réjouit Sylvain Charlebois, professeur en distribution et en politique agroalimentaire à l’Université Dalhousie d’Halifax. Il avait encouragé AquaBounty à faire preuve de transparence, même si les règles actuelles ne rendent pas l’étiquetage obligatoire.

Je suis agréablement surpris. Je crois que l’industrie [agroalimentaire] commence à prendre conscience de l’importance de bons rapports avec les consommateurs pour obtenir l’acceptabilité sociale nécessaire à leurs activités. 

Le professeur Sylvain Charlebois en entrevue au Téléjournal Acadie.Sylvain Charlebois estime que le consommateur pourrait être moins réticent s'il y avait plus de transparence entourant le saumon génétiquement modifié. Photo : Radio-Canada

Le saumon AquAdvantage de la compagnie AquaBounty fait face à une forte opposition, tant de groupes environnementaux que de consommateurs.

Des groupes sceptiques

Le Réseau canadien d’action sur les biotechnologies est l’un de ces groupes. Les commentaires d’AquaBounty sur l’étiquetage laissent sceptique Lucy Sharrat, une porte-parole.

Si on laisse l’industrie déterminer elle-même le mode d’étiquetage plutôt que de lui imposer une norme gouvernementale, on ne sait trop à quoi ressemblera le résultat. Il risque de créer plus de confusion. 

Mark Butler, du Centre d’action écologique d’Halifax, croit qu’AquaBounty n’a aucunement l’intention d’afficher clairement sur ses produits le fait qu’il s’agit de poissons génétiquement modifiés.

Il rappelle que l’entreprise vend ses saumons transgéniques au Canada depuis qu’ils ont été approuvés par Santé Canada en mai 2016 et que jusqu’ici, il n’a pas été possible de savoir où ces poissons étaient vendus. AquaBounty a toutefois révélé à des investisseurs en septembre dernier qu’un acheteur s’en servait pour préparer des sashimis de haute qualité.

Mark Butler le 7 août 2018 à Halifax.Mark Butler, directeur des politiques au Centre d'action écologique, à Halifax, doute de la volonté réelle de transparence d'AquaBounty. Photo : Radio-Canada / Jonathan Villeneuve

AquaBounty a l’intention d’élever 250 tonnes de saumon transgénique par année dans des bassins terrestres à Rollo Bay, près de Souris, dans l’est de l’Île-du-Prince-Édouard. Les premiers saumons devraient être vendus tard l’an prochain.

Avec les informations de Preston Mulligan, CBC

Île-du-Prince-Édouard

Industrie alimentaire