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Comment les policiers enquêtent sur les menaces anonymes contre une école

Trois voitures de la police de Thunder Bay sont garées devant une école.
Les policiers de Thunder Bay ont dû se rendre à plusieurs reprises à l’École secondaire Hammarskjold en raison de menaces. Photo: CBC/Gord Ellis
Miguel Lachance

L’École secondaire Hammarskjold de Thunder Bay a reçu mardi une 14e menace en un peu plus de deux mois, ce qui a entraîné la fermeture de l’établissement pour une 12e journée. La police locale indique que son enquête progresse et qu’elle a demandé l’aide de la Police provinciale de l’Ontario. Comment expliquer que la situation ne se règle pas plus rapidement?

François Doré, un policier retraité de la Sûreté du Québec (SQ) et analyste en affaires policières, n’avait jamais entendu parler d’une situation où une école est menacée à répétition autant de fois que l’École Hammarskjold.

Il a accepté de commenter la situation en se basant sur son expérience à la SQ.

L’importance de l’anonymat

Selon le Service de police de Thunder Bay, les menaces sont faites en utilisant la ligne téléphonique de dénonciation Échec au crime [Crime Stopper], qui assure l’anonymat de ceux qui appellent, à tout le moins dans la plupart des cas.

François Doré explique que pour ceux qui appellent pour dénoncer quelqu’un d’autre, il n’y a pas de problème à respecter l’anonymat.

Pour la plupart de ces lignes [téléphonique], on assure l’anonymat de ces personnes pour pouvoir encourager justement la population à participer à des enquêtes policières.

François Doré, policier retraité de la Sûreté du Québec et analyste en affaires policières

Il ajoute que les gens choisissent cette option pour éviter d’être associés à une arrestation, par crainte de représailles.

Cependant, dans certains cas, il est possible selon M. Doré d’obtenir un mandat d’un juge pour identifier la source de l’appel.

Si dans [tous] ces appels ou menaces, il y a une de ces fois-là c’est [une] personne qui dit : “Je vais poser tel geste'', ça porte à réflexion, mais j’imagine que ça ferait agir les policiers plus rapidement pour obtenir l’identité.

François Doré, policier retraité de la Sûreté du Québec et analyste en affaires policières

Il indique qu’en théorie on peut retrouver le numéro de téléphone à l’origine des appels. Évidemment, la technologie étant ce qu’elle est, à l’occasion ça peut-être difficile, parce qu’on peut faire circuler un appel par plusieurs régions du monde.

L'analyste en affaires policières, François DoréFrançois Doré, policier retraité de la Sûreté du Québec et analyste en affaires policières Photo : Radio-Canada / Hugo Lavoie

L’ancien policier ajoute que les forces de l’ordre doivent s’adapter continuellement aux nouvelles technologies pour trouver des solutions.

Outre les outils technologiques, les policiers font appel aux mêmes techniques que pour toute enquête, explique M. Doré  : les rencontres avec des témoins, les déclarations, le recoupage d’informations.

Il est aussi possible que les policiers doivent faire appel à Interpol, s’il s’avère qu’un suspect se trouve dans un autre pays, comme ce fût le cas en décembre lorsqu’un jeune du Royaume-Uni avait envoyé des menaces à sept écoles ontariennes.

L’intervention policière lors de menaces

M. Doré rappelle que le rôle premier de la police est d’assurer la sécurité de la population. C’est pour ça qu’on va voir du confinement, s’il y a une menace de tireur actif, ou des techniciens en explosifs.

Il ajoute que ces procédures normales peuvent devenir considérables, surtout dans le cas d’une école comme Hammarskjold, qui compte près de 800 élèves et 65 enseignants.

Pendant une conférence de presse vendredi dernier, une porte-parole du Service de police de Thunder Bay a indiqué que c’est le conseil scolaire et l’école qui choisissent de la marche à suivre, après avoir reçu l’information des policiers.

Après la fouille par les policiers, la décision de fermer ou non l’école revient habituellement à la direction de l’établissement, confirme M. Doré.

Plusieurs motifs potentiels

S’il ne s’avance pas sur les motivations du ou des auteurs des menaces à Thunder Bay, M. Doré indique que plusieurs raisons peuvent pousser quelqu’un à menacer une école, ce qui peut multiplier les suspects potentiels.

J’ai vu des élèves qui veulent avoir congé parce que le beau temps s’annonce, des conflits syndicaux, des gens qui ont été expulsés, des gens qui ont perdu leur emploi et qui veulent se venger…

François Doré, policier retraité de la Sûreté du Québec et analyste en affaires policières
Deux voitures de police devant une école en hiver.La police de Thunder Bay a dû se rendre plusieurs fois à l'école Hammarskjold depuis la mi-février en raison de menaces anonymes. Photo : CBC/Kris Ketonen

Il ajoute que les menaces à répétition qui touchent l’École Hammarskjold, peu importe la raison, occasionnent beaucoup de stress. La première fois, malheureusement, ce sont des choses qui arrivent, mais les fois suivantes, c’est beaucoup trop.

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