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APTN 20 ans plus tard : remettre la perspective des Autochtones au cœur des médias

Radio-Canada

Le réseau de télévision autochtone APTN fêtera ses 20 ans en septembre prochain. Son directeur général, Jean La Rose, qui s'apprête à quitter le groupe à la fin de l'année, revient sur l'évolution de APTN.

Lorsque Jean La Rose repense à la raison qu’il l’a poussé à travailler pour APTN, cette dernière est claire.

« Je voyais le moyen de transmettre aux Canadiens ainsi qu’à nos propres communautés une perception des communautés qui est juste et équitable », explique-t-il.

Il ajoute qu’il n’y a jamais eu de chaîne de télévision réellement consacrée aux communautés autochtones au Canada, et qu'APTN est la seule qui existe encore actuellement.

« Souvent, les médias traditionnels se sont intéressés aux questions d’actualité autochtones lorsqu’il y avait des manifestations, mais le reste du temps nous étions invisibles. Pour moi, c’était important de changer cette situation », affirme-t-il.

Il rappelle le but d'APTN : « Être le reflet fidèle de nos communautés. Selon nos sondages, un minimum de 50 % de la communauté autochtone regarde un jour ou plus par semaine le bulletin de nouvelles. Pour eux, c’est la nouvelle sans filtre ou préjugé. »

Il se souvient qu’à ses débuts le réseau ne comptait que huit à dix producteurs autochtones. Aujourd’hui, l’entreprise comprend plus de 100 producteurs autochtones.

« Il y a un talent incroyable au sein de nos communautés. C’était l’occasion d’aller chercher ce talent-là, aider au développement et leur donner des occasions qui n’existaient pas et qui souvent n'existent pas en dehors d'APTN », précise-t-il.

Jean La Rose insiste sur les récentes productions à succès du réseau de télévision comme l’émission Taken, coproduite par CBC.

« La réalisatrice de Taken, Lisa Meeches est rendue une productrice accomplie. Si vous regardez Ron E. Scott, qui a produit Blackstone pour nous, ou le groupe qui a produit Mohawk Girls, vous voyez un talent qui n’aurait pas eu l’occasion [de faire ce qu’ils ont fait], et qui n’aurait toujours pas eu l’occasion en dehors d'APTN », affirme le directeur général du réseau.

La salle des nouvelles de APTN.Le réseau APTN produit un bulletin d'information de nouvelles axé sur les questions autochtones avec une perspective autochtone. Photo : Radio-Canada / Geneviève Murchison

Selon lui, ces créateurs autochtones sont rarement contactés pour des productions et, lorsqu’ils le sont, « on les soumet à un contrôle créatif. »

Toutefois, M. La Rose insiste sur le fait que APTN n’est pas seulement fait par des Autochtones. Il affirme que 33 % des employés ne le sont pas.

« Les employés sont des gens qui ont vraiment cherché à comprendre la réalité quotidienne des Autochtones. Il faut aller rencontrer les communautés, se faire connaître et en se faisant accepter par les communautés », précise-t-il.

La formule semble fonctionner. En 20 ans, APTN a multiplié par 10 son financement, alors que le réseau ne reçoit pas de fonds du fédéral.

« Ça provient des frais d’abonnement, de la publicité ou des commanditaires. On n’est pas reconnu comme service public, explique Jean La Rose. Au début, les gens pensaient qu’on ne réussirait pas, qu’on ne saurait pas gérer l’argent. »

Le réseau médiatique veut continuer à se développer. Deux postes de radio ont été créés à Ottawa et à Toronto. APTN veut aussi se lancer dans l’industrie musicale en appuyant la production, la vente et la diffusion d’artistes autochtones.

Avec des informations de Geneviève Murchison

Manitoba

Autochtones