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Le rôle des médecins pour régler la crise des opioïdes

Le colloque organisé par l'Agence canadienne des médicaments et des technologies de la santé à Edmonton rassemble des professionnels du secteur venus de tout le Canada.

Mieux informer les professionnels de la santé et s'assurer que la prescription d'opioïdes est justifiée font partie des solutions proposées.

Photo : Radio-Canada / Axel Tardieu

Axel Tardieu

La crise des opioïdes était l'un des sujets abordés lors d'un colloque de professionnels de la santé, à Edmonton, alors que les surdoses continuent de faire des milliers de morts au Canada. Selon de nombreux intervenants, les médecins font partie du problème, mais aussi de la solution.

« Cela nous a pris du temps pour réaliser la gravité de la situation », avoue Nathaniel Day, directeur médical du Programme de dépendance rurale aux opioïdes au sein de Services de santé Alberta (AHS).

« En 2015, les chiffres avaient déjà doublé en à peine un an et chaque année nous étions surpris de voir les hausses de cas de surdoses. Nous avons notre part de responsabilité dans cette crise », estime-t-il.

Selon cet expert, il faut surveiller davantage les ordonnances de médecins de famille lorsqu’il s’agit d’opioïdes et informer davantage le public des dangers de ces traitements.

« Est-ce que les médecins disent qu’il y a 1 chance sur 20 que le patient devienne dépendant si on lui prescrit des opioïdes? Est-ce que notre système prescrit trop d’opioïdes? Ce sont des questions sur lesquelles nous travaillons », explique Nathaniel Day, présent au colloque organisé par l’Agence canadienne des médicaments et des technologies de la santé (ACMTS) lundi.

Des recommandations pour les médecins

Pas moins de 4000 personnes sont mortes par surdose d’opioïdes en 2017 au Canada. Cette crise fait, à l’heure actuelle, deux morts par jour en Alberta.

La crise est sans précédent, et le problème est complexe. Le Dr Irfan Dhalla pense également qu’il faut mieux informer les médecins au Canada. Il est médecin à l’agence gouvernementale Qualité des services de santé Ontario. Dans cette province, plus de 600 personnes sont mortes de surdose aux opioïdes durant le premier semestre de 2018.

« Quand j’étais à l'école de médecine, on ne m’a pas appris les dangers des opioïdes. Beaucoup de médecins de famille ne sont toujours pas formés à l’heure actuelle, c’est pourquoi il faut mieux communiquer avec eux », affirme le Dr Dhalla, dont le travail est de faire des recommandations aux professionnels de la santé quant à la prescription d'opioïdes.

Irfan Dhalla, de l’agence gouvernementale Qualité des services de santé Ontario.

Dr. Irfan Dhalla estime, qu'encore aujourd'hui, des médecins manquent de formation sur les risques de la prescription d'opioïdes.

Photo : Radio-Canada / Axel Tardieu

Analyser les ordonnances

Sylvie Bouchard, la directrice du médicament à l’Institut national d’excellence en santé et en services sociaux (INESSS), au Québec, était également présente au colloque d'Edmonton.

Elle explique que, selon leur dernier rapport concernant le portrait des utilisateurs d‘opioïdes dans le régime public, plus de 1 Québécois sur 10 a déjà consommé au moins une fois ce type de médicament prescrit par un médecin.

« On expose les données compilées lors de comités consultatifs avec des médecins, et d’autres professionnels de la santé afin d’évaluer s’il y a un usage démesuré de la prescription d’opioïdes », explique Sylvie Bouchard.

Sylvie Bouchard de l’Institut national d’excellence en santé et en services sociaux durant un colloque à Edmonton.

Les médecins québécois sont bien informés, selon Sylvie Bouchard de l’Institut national d’excellence en santé et en services sociaux.

Photo : Radio-Canada / Axel Tardieu

Il semblerait, selon cette spécialiste, qu’il y ait de bonnes pratiques en matière de prescription d'opioïdes au Québec, comparativement aux autres provinces du Canada, et que les médecins québécois sont bien informés.

Mais ces échanges etces réflexions avec les professionnels de la santé sont essentiels. « Il faut qu’on s’assure que les produits sont prescrits au bon moment, au bon patient, pour une durée adéquate afin d’avoir uniquement les bénéfices du médicament et non pas ses effets néfastes. »

Offrir un traitement sans attendre

En Alberta, une des priorités est axée sur le temps de réponse des services de santé pour prodiguer un traitement à ceux qui le demandent.

Services de santé de l’Alberta (AHS) établit depuis deux ans des contacts avec des centres de soin dans toute la province pour établir une liste accessible aux personnes qui appellent un numéro de téléphone gratuit ee espérant se faire soigner.

« On doit s’assurer que tout le monde puisse avoir accès à des traitements, peu importe où ils habitent, notamment dans les réserves autochtones », explique Nathaniel Day, un porte-parole d’AHS.

Selon lui, les traitements contre les dépendances aux opioïdes donnent de très bons résultats.

« Après une semaine à peine, les patients nous disent qu’ils revivent », ajoute-t-il.

Crise des opioïdes

Santé