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Le système d'adoption coutumier cri prend forme

Un enfant marche dans la neige avec son sac d'école.
Au Canada, plus de 40 000 enfants issus des Premières Nations sont placés en familles d'accueil. Photo: Radio-Canada
Radio-Canada

Les Cris du Québec poursuivent leurs efforts pour officialiser la pratique ancestrale de l'adoption coutumière autochtone.

Un projet de loi modifiant le Code civil du Québec et la Loi sur la protection de la jeunesse est entré en vigueur en juin 2018, après plusieurs années de pressions de la part de groupes autochtones à travers la province.

Ces changements réconnaissent désormais officiellement la pratique répandue au sein des familles autochtones de choisir un foyer au sein de la communauté, et souvent au sein de la famille élargie, où un enfant peut être adopté.

Depuis l'adoption de ce projet de loi 113, la nation crie s'efforce de mettre en place les mécanismes, les comités et les autorités nécessaires pour aider les familles cries dans ce processus.

L'une des personnes chargées de bâtir le système d'adoption coutumier cri est James Bobbish, ancien chef du Conseil cri de la santé et des services sociaux de la Baie James, qui travaille sur ce dossier depuis 2008.

« Nous travaillons sur la façon dont nous allons fonctionner pour que ce système fonctionne correctement », a déclaré James Bobbish, en ajoutant que dans le passé ces adoptions coutumières se sont déroulées d'une manière très naturelle.

Une adoption coutumière pourra dorénavant être réalisée au niveau local et régional, sans aucune implication du gouvernement provincial.

« Pouvoir revenir à cette façon ancestrale de procéder serait un grand avantage pour la situation sociale et culturelle des communautés », a-t-il ajouté.

Il assure que les familles auront cependant le choix de passer par le processus d'adoption officiel du Québec ou de choisir une adoption coutumière crie. Une fois l’adoption coutumière choisie, ils seront référés à des comités locaux qui devraient être mis sur pied dans les mois à venir.

« Ces comités locaux auront le mandat d'être la ressource et le point de discussion pour les deux familles », a alors déclaré M. Bobbish, ajoutant que le comité pourra également inviter des conseillers, des aînés et des « détenteurs de savoirs », qui connaissent de façon approfondie le processus de ces adoptions traditionnelles.

Une fois que le comité aura terminé son travail, James Bobbish précise que le dossier sera soumis à une « autorité compétente », désignée au sein du gouvernement cri, qui signera le certificat d'adoption.

Le bureau de cette autorité compétente a déjà été créé, mais les personnes qui effectueront le travail doivent encore être embauchées, selon James Bobbish, qui précise également que les détails concernant les comités locaux sont encore en cours d'élaboration.

L'objectif est de former les comités locaux et de les préparer à conseiller les familles cries d'ici la fin de l'été ou l'automne.

Avec les informations de la CBC.

Société