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Les infirmières de Windsor en grève mettent en garde le public contre de potentielles infections

Un enfant se fait vacciner.
Un enfant se fait vacciner. Photo: iStock / Jovanmandic
Radio-Canada

Les infirmières de la santé publique de Windsor-Essex ont rejeté l’offre finale de l’employeur la semaine dernière, après un mois de débrayage. Des cliniques de vaccination qui devaient avoir lieu dans les prochains jours sont donc annulées, puisque le travail effectué par les 86 infirmières de la région n’est pas considéré comme étant un service essentiel, alors que des cas de rougeoles se multiplient à quelques kilomètres de la région.

Les enfants particulièrement touchés

Les élèves de 7 e année reçoivent une immunisation contre l’hépatite B, le VPH et la méningite administrée par les infirmières du bureau de santé publique.

Mais l’infirmière Thérèse Taiariol, qui travaille dans les écoles francophones de la région et supervise les cliniques de vaccination, explique que les cliniques ont été annulées puisque les infirmières sont toujours en grève. Ils ont eu leur premier vaccin à l’automne, mais on était censé commencer la semaine dernière la deuxième dose.

Une femme aux cheveux blonds et courtsThérèse Taiariol, infirmière en santé publique depuis 20 ans Photo : Radio-Canada / Floriane Bonneville

L’infirmière ajoute qu’au moins 1000 élèves de la région ont un profil d’immunisation incomplet et attendent d’obtenir un vaccin habituellement administré par les infirmières travaillant dans les écoles. En temps normal, le retard dans l’administration des vaccins peut mener à la suspension de l’élève. Mais ces suspensions ont été annulées, explique Mme Taiariol, ce qui peut augmenter le risque d’infection.

Certains de ces vaccins, comme celui contre l’hépatite B, ne peuvent qu’être administrés à l’école, selon Mme Taiariol, à moins de payer pour obtenir une dose au privé. Ce sont surtout les enfants dont les parents ne bénéficient pas d’assurances privées qui sont vulnérables, suggère Mme Taiariol.

Et plusieurs élèves ont besoin d’un carnet de vaccination complété pour faire une demande d’admission au collège ou à l’université ou pour obtenir un visa, ajoute l’infirmière. Les élèves de 7e année qui vont manquer ces vaccins, ils peuvent le réaliser seulement à 25 ans.

Risque élevé d’infection la fin de semaine de Pâques

Avec le printemps, les gens commencent à sortir. Et maintenant, avec Pâques, il y a beaucoup de personnes qui visitent. Et dans notre région plusieurs personnes visitent Détroit. Selon Mme Taiariol, il y a actuellement 40 cas de rougeole diagnostiqués au Michigan.

Les jeunes enfants de moins d’un an, particulièrement à risque de contracter la rougeole s’ils ne sont pas vaccinés, pourraient facilement contracter le virus selon l’infirmière. Certaines infirmières du Bureau de santé publique s’occupent aussi de visiter les jeunes mamans et leurs bébés. Mais ces mères devront maintenant se tourner vers les urgences pour obtenir des conseils ou du soutien après la naissance, au risque que leur bébé contracte quelque chose explique Mme Taiariol.

Il y a beaucoup de personnes qui n’ont pas de famille, beaucoup d’immigrants qui n’ont personne pour les aider. Mais nos infirmières visitaient ces familles-là.

Thérèse Taiariol, infirmière pour le programme École Saine du Bureau de santé publique de Windsor-Essex

Les infirmières poursuivent leur grève

Trois personnes de dos, en train de manifester.Des infirmières du Bureau de santé publique de Windsor-Essex lors d'une manifestation Photo : Radio-Canada / Dale Molnar/CBC

On veut retourner au travail. Mes élèves me manquent. Mais l’offre est un manque de respect, explique Thérèse Taiariol.

Selon Barb Deter, qui dirige l’unité de négociation du comté de Windsor-Essex, l’offre présentée la semaine dernière n’est pas différente que celle faite au début des négociations. On nous a seulement offert un bonus à la signature, explique Mme Deter en entrevue téléphonique.

Elle précise également qu’une augmentation de 1 % a été proposée dans la dernière offre de l’employeur, ce qui est insuffisant aux yeux des infirmières.

C’est une question d’équité salariale, ajoute-t-elle. Il n’y a que des femmes qui travaillent comme infirmières au Bureau de santé publique. Les pompiers et les policiers, qui sont majoritairement des hommes, ont eu une augmentation de 2 % ajoute Mme Deter.

On ne demande pas beaucoup [...] c’est une question de respect résume la présidente de l’unité de négociation.

Par voie de communiqué, la directrice générale du Bureau de santé publique, Theresa Marentette, a indiqué mercredi dernier que l’offre était juste [...] à la lumière des défis financiers auxquels nous sommes confrontés en raison de l’augmentation de la demande de nos services dans notre région.

Cela signifie que nous ne sommes tout simplement pas en mesure de répondre aux demandes d’augmentation salariale inabordables de l’Association des infirmières et infirmiers de l’Ontario, précisait alors Theresa Marentette.

Le maire de Tecumseh, Gary McNamara, président de l’Unité sanitaire de Windsor-Essex, et Theresa Marentette, directrice générale du Bureau de santé publique de la région, n’ont pas répondu à nos demandes d’entrevue.

Windsor

Santé publique