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Des préposés aux bénéficiaires à bout de souffle au CHSLD des Basques

Une préposée aux bénéficiaires aide une patiente

Une préposée aux bénéficiaires aide une patiente (archives)

Photo : Radio-Canada

Laurence Gallant

Heures supplémentaires obligatoires, manque criant de personnel, intimidation et menaces ... Les représentants du Syndicat des travailleuses et des travailleurs de la santé et des services sociaux du Bas-Saint-Laurent dénoncent les conditions de travail des préposés aux bénéficiaires au CHSLD des Basques.

Selon Johanne Campagna, présidente de la section locale du syndicat, les employés tombent comme des mouches. Il manquerait 17 préposés aux bénéficiaires sur un effectif de 31 préposés au CHSLD des Basques.

Les gens s’absentent plus qu’ailleurs, mais vraiment, on a un taux qui est anormalement élevé, au-dessus de 50 % d’absence, par rapport à 15 à 20 % ailleurs. Les taux sont élevés partout, mais c’est vraiment pire ici, soutient Yanick Proulx, conseiller syndical.

Seulement entre le 5 et le 11 avril, une douzaine de quarts de travail étaient à découvert, dénombre le syndicat.

Le conseiller syndical explique que les absences sont notamment causées par des congés de maladie, des départs non remplacés ou des congés de maternité.

Il y en a qui songent actuellement à quitter [leur emploi] et il y en a d’autres qui sont au bout du rouleau. Donc, on peut s’attendre à ce qu’il y ait d’autres congés de maladie bientôt.

Yanick Proulx, conseiller syndical

De plus, les préposés aux bénéficiaires font face à des sanctions pouvant aller jusqu’au congédiement s’ils refusent de faire des heures supplémentaires, selon le syndicat.

Les représentants syndicaux dénoncent aussi tout le climat d’intimidation qui persiste au CHSLD des Basques.

C’est vraiment à coup de menaces qu’on force les gens à rester.

Yanick Proulx, conseiller syndical

Démarches auprès de la direction du CISSS

Bien que le syndicat soit en contact avec le CISSS du Bas-Saint-Laurent, on déplore le manque de considération de l’employeur et la lenteur des procédures devant l’urgence de la situation.

On a rencontré ce matin justement des équipes qui sont venues nous voir. [Une employée] était en larmes. Elle ne veut pas se faire arrêter parce qu’elle sait qu’elle va se faire harceler par le CISSS. "Comment ça tu es arrêtée, tu nous mets dans la merde"… C’est toujours les mêmes phrases encourageantes qu’ils disent à leurs employés, ironise Johanne Campagna.

Une pétition, signée par la plupart des employés du CHSLD, aurait été envoyée à la direction pour dénoncer le comportement de leur gestionnaire. Mais rien ne bouge, martèle le syndicat.

Protéger un gestionnaire au détriment des soins à la population? C’est ça le message que le CISSS veut passer?

Johanne Campagna, présidente de la section locale du SCFP

Au niveau [des heures] supplémentaire obligatoires, malgré le fait qu’on viole la convention collective et la loi sur les normes du travail jour après jour, on nous dit qu’ils sont dans leur droit, ce qui est faux. On a dû déposer un grief là-dessus. Le temps que ce soit auditionné, ça va prendre un certain temps, explique Yanick Proulx

Les impacts seraient directs sur la clientèle

Johanne Campagna et Yanick Proulx soulèvent que les usagers du CHSLD sont les premières personnes à subir les conséquences.

Nos gens sont en surcharge et les usagers n’ont pas les soins auxquels ils devraient avoir droit.

Yanick Proulx, conseiller syndical

Selon le SCFP, certaines personnes résidant au CHSLD des Basques n’ont parfois pas le bain auquel ils ont droit, par exemple. Il y en a qui restent couchés, il y en a qui vont manger plus tard, donc froid…, poursuit Mme Campagna.

Lundi avant-midi, les représentants de la section locale 5007 du Syndicat canadien de la fonction publique (SCFP) sont allés à la rencontre du député caquiste de Rivière-du-Loup-Témiscouata, Denis Tardif, pour faire le point sur la situation alarmante que vivent selon eux les préposés aux bénéficiaires dans les CHSLD de la région.

Ils somment la ministre de la Santé et des Services sociaux Danielle McCann d’intervenir urgemment.

Avec les informations d'Ariane Perron-Langlois

Bas-Saint-Laurent

Politique provinciale