•  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  

Nombreux départs à la retraite dans des écoles de Laval et Montréal

Stéphane Garneau, directeur de l'école primaire Saint-Jean-de-la-Lande à Montréal, prend sa retraite à la fin de l'année scolaire.

Stéphane Garneau, directeur de l'école primaire Saint-Jean-de-la-Lande à Montréal, prend sa retraite à la fin de l'année scolaire.

Photo : Radio-Canada / Marie-Eve Cousineau

Marie-Eve Cousineau
Mis à jour le 

L'heure de la récréation a sonné pour beaucoup d'enseignants et de directeurs d'école de la Commission scolaire de Montréal (CSDM) et de la Commission scolaire de Laval (CSDL), après des dizaines d'années passées dans le monde de l'enseignement.

À la CSDM, au moins 300 enseignants ont pris ou prendront leur retraite en 2018-2019. Il s’agit d’une hausse de 60 % par rapport à l'année dernière, selon les données obtenues auprès de l'organisme.

Depuis le début de l’année scolaire, 46 directeurs et directeurs adjoints de la CSDM ont signifié leur intention de tirer leur révérence ou l’ont déjà fait. C’est quatre fois plus que l’an dernier.

« C'est plus de 15 % [des directeurs, directeurs adjoints et gestionnaires administratifs] qui quittent [l'enseignement]. Ce qui change la donne cette année, c'est que le régime de retraite va changer », dit Hélène Bourdages, présidente de l'Association montréalaise des directions d'établissement scolaire (AMDES).

Le Régime de retraite des employés du gouvernement et des organismes publics (RREGOP), dont bénéficient les enseignants, ainsi que le Régime de retraite du personnel d'encadrement (RRPE), qui concerne les directeurs d'école, ont connu des modifications qui vont entrer en vigueur dès le 1er juillet prochain.

« Les critères vont être moins généreux », dit Hélène Bourdages. Les conditions de travail difficiles pèsent aussi dans la balance, selon elle.

« Si je prends cinq collègues qui ont pris leur retraite, il y en a trois que ça a été des retraites anticipées, dit Stéphane Garneau, directeur de l'école primaire Saint-Jean-de-la-Lande à Montréal. Une l'a prise avant la fin de l'année. Elle voulait partir. On voit bien que ce n'est pas seulement l'usure normale. »

Après 31 ans en éducation, Stéphane Garneau quittera son poste à la fin de l’année scolaire. Il aura droit à une retraite sans pénalité. Mais il constate que sa tâche, au fil des ans, s'est alourdie. « Moi, j'ai pratiquement doublé d'élèves en sept ans ici, dit-il. Plus l'ajout de classes d'accueil, plus des chantiers. »

Beaucoup de commissions scolaires touchées

La majorité des commissions scolaires de la province sont préoccupées par ce phénomène de départs à la retraite, selon la Fédération des commissions scolaires du Québec.

À la Commission scolaire de Laval, 1574 employés, dont 721 enseignants, seront admissibles à la retraite en juin.

« On a fait un sondage d’intention auprès de tous nos employés qui ont plus de 53 ans, donc qui seraient admissibles, dit le directeur général de la CSDL, Yves-Michel Volcy. […] Ce qu'on comprend des données préliminaires, c'est qu'on a environ 70 profs par année, dans les cinq prochaines années, qui pensent prendre leur retraite. »

En date du 10 avril, 68 enseignants de la Commission scolaire de Laval avaient annoncé que leur carrière se terminerait le 30 juin prochain. La moyenne annuelle de départ à la retraite est d’environ 55, selon Yves-Michel Volcy.

Des solutions pour pourvoir les postes

Pour recruter de nouveaux enseignants et des suppléants, la Commission scolaire de Laval tente de séduire les étudiants dans les universités, mais aussi ses anciens employés retraités. « On a environ, cette année, une cinquantaine d'enseignants retraités qui ont bien voulu prêter main-forte dans notre organisation », dit Yves-Michel Volcy.

La CSDM, elle, a notamment créé une quinzaine de postes de directeurs adjoints dans les écoles de son territoire. « Je sais pertinemment qu'il y a des gens qui ont retardé [leur retraite] parce que leur adjoint a été confirmé, parce qu'ils sont sûrs de ne pas travailler tout seuls l'année prochaine », dit la présidente de l'AMDES, Hélène Bourdages.

La CSDM révisera aussi à la baisse les critères d'embauche pour les directeurs adjoints, c'est-à-dire qu'ils pourront accéder à ces postes dès lors qu'ils auront amorcé la préparation d'un diplôme d’études supérieures spécialisées en enseignement. Actuellement, ils doivent avoir obtenu six crédits. « C'est sûr qu'on va regarder le dossier de chaque personne, précise la présidente de la CSDM, Catherine Harel-Bourdon. Il y a des entrevues de sélection qui sont faites pour tous nos postes de direction et de direction adjointe. »

Dès cet automne, la CSDM envisage d'embaucher des professionnels, comme des psychologues, des conseillers en orientation et des psychoéducateurs, à titre de directeurs adjoints. Ces postes étaient auparavant réservés aux enseignants. « Je souligne l'ouverture de notre association [AMDES] pour que des gens qui sont professionnels dans d'autres domaines puissent devenir directeurs adjoints », dit Catherine Harel-Bourdon.

L’AMDES précise qu’elle pourrait consentir au recours de professionnels, mais de façon exceptionnelle. Elle rappelle que la CSDM doit conclure à ce sujet une entente formelle avec l’association, en vertu du règlement actuel.

Vos commentaires

Veuillez noter que Radio-Canada ne cautionne pas les opinions exprimées. Vos commentaires seront modérés, et publiés s’ils respectent la nétiquette. Bonne discussion !

Grand Montréal

Éducation