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Québec veut que les gens quittent les zones inondables

Un homme circule à bord d'une chaloupe dans les rues de Gatineau.

Un homme circule à bord d'une chaloupe dans les rues de Gatineau. La vie de milliers de résidents de l'Outaouais a été bousculée au printemps 2017, en raison d'une crue printanière historique.

Photo : La Presse canadienne / Adrian Wyld

Julien McEvoy

Québec a dévoilé lundi la nouvelle version de son programme d'aide aux sinistrés, qui vise à encourager les gens à sortir des zones inondables autant que de leur simplifier la vie quand ils doivent être indemnisés.

Le nouveau Programme général d’indemnisation et d’aide financière lors de sinistres réels ou imminents (Nouvelle fenêtre) a été présenté lundi par la ministre de la Sécurité publique, Geneviève Guilbault.

« Le nouveau programme va vraiment simplifier la vie des gens sinistrés et aussi celle des gens au ministère de la Sécurité publique qui doivent traiter ces dossiers, a-t-elle déclaré. Ça aura une incidence favorable sur le dénouement des dossiers. »

Le gouvernement souhaite notamment encourager les gens à sortir des zones inondables. Une nouvelle mesure a ainsi été créée. « Si la somme des montants versés au fil des années pour la résidence est égale ou supérieure à 50 % du coût neuf ou 100 000 $ », les sinistrés pourront réclamer une aide financière afin de déplacer la maison, ou encore afin de l’utiliser comme allocation de départ.

« On veut éviter que des gens, année après année, bénéficient d’une aide financière sans maximum, a expliqué la ministre. Avec cette nouvelle mesure, quand le maximum est atteint, la personne est confrontée à un choix : prendre un dernier chèque et ne plus être indemnisée ou bénéficier des possibilités qu’on lui offre, c’est-à-dire se relocaliser, déplacer sa maison ou l’immuniser, si c’est possible. »

La mesure s’applique à l’adresse de résidence. Si la propriété est vendue, les compensations versées pour cette adresse ne seront pas oubliées. Bref, avec l’entrée en vigueur de ce nouveau programme, le compteur ne repartira plus à zéro entre deux sinistres, que la maison change de propriétaire ou non.

Pour ce qui est de l’hébergement temporaire, le programme annoncé par la ministre Guilbault est plus généreux que l’ancien. Toutefois, pour profiter du nouveau montant de 1000 $ par mois offert pour un maximum de six mois afin de se reloger, il faut que la structure de la maison soit touchée ou que l’eau atteigne le rez-de-chaussée.

Dans le cas des mesures préventives temporaires, c'est-à-dire les travaux faits durant le sinistre pour protéger la maison, la grande nouveauté est qu’aucune pièce justificative ne sera exigée pour obtenir un remboursement. Le maximum offert demeure de 5000 $.

Pour les biens et les meubles essentiels, les sinistrés n’auront plus à fournir les preuves de remplacement au ministère de la Sécurité publique.

Pour les dommages à la résidence, on pouvait auparavant réclamer un montant maximal de 200 000 $, pourvu que cela ne dépasse pas le coût neuf de la résidence. Ce chiffre se maintient, mais les sinistrés pourront désormais réclamer jusqu’à 265 000 $ si la résidence compte aussi un logement.

Une autre nouvelle mesure s’ajoute finalement au programme. Le coût des travaux préventifs sera dorénavant admissible à un remboursement de 90 % sur présentation du reçu. Il est question, par exemple, de l’installation d’une pompe de puisard ou du déplacement d’une fournaise, d’un chauffe-eau ou d’une boîte électrique.

Plus simple, dit la CAQ

Lors de l'annonce, lundi, la ministre Guilbault n'a cessé de répéter que le nouveau programme « va favoriser un retour à la vie normale beaucoup plus rapidement » pour les sinistrés.

Comment, exactement? « Mettons-nous à la place d’une personne sinistrée. Elle devait attendre que les dommages soient constatés, ensuite envoyer ses papiers au ministère, envoyer la preuve qu’elle a effectivement fait les travaux, que l’argent a servi aux travaux, etc. », a énuméré la ministre. « Maintenant, les dommages vont survenir, vont être constatés avec des grilles, la personne va pouvoir savoir environ à quel montant elle a droit, et cet argent va lui être versé plus rapidement. Donc, elle va pouvoir faire ses travaux rapidement », a-t-elle poursuivi.

Les libéraux de Philippe Couillard s'étaient résignés à « trop de bureaucratie », a fait valoir Mme Guilbault. « Le citoyen n’a plus à fournir de pièces justificatives, déjà, ça ira plus rapidement », a-t-elle offert.

Nous voulions un programme avec des délais moins longs, un programme moins compliqué, plus flexible, plus efficace et, surtout, plus humain.

La ministre de la Sécurité publique, Geneviève Guilbault

Reste maintenant à voir si la série de souhaits de la ministre deviendra réalité. Les premiers avis d'inondation commencent à peine à être publiés, en ce début de printemps.

De nombreux débris tout autour d'une maison frappée par la tornade du 21 septembre à Gatineau.Agrandir l’image (Nouvelle fenêtre)

Une maison complètement démolie après le passage de la tornade vendredi à Gatineau

Photo : Radio-Canada

Une tornade et une genèse

La mise à jour du programme d'aide aux sinistrés trouve sa source dans la tornade qui a frappé Gatineau le 21 septembre dernier. De force 3 sur l'échelle de Fujita, cette tornade avait d'abord pris naissance à Ottawa avant de franchir la rivière des Outaouais et de frapper Gatineau à une vitesse maximale de 265 km/h. Des maisons ont été détruites, des toits ont été arrachés et des centaines de milliers de foyers de l’Outaouais et de l'Est ontarien ont été privés de courant.

Fin octobre 2018, alors fraîchement élu, le premier ministre Legault s'était rendu auprès des sinistrés à Gatineau. Sur place, il avait mandaté sa ministre de la Sécurité publique, Geneviève Guilbault, de « mettre rapidement en place un nouveau programme qui va s’appliquer à Gatineau et qui va s’appliquer à tous les sinistres ».

Lundi, la ministre a aussi parlé des « malheureuses inondations historiques » du printemps 2017.

« En six mois, nous avons réussi à finaliser plus de 1000 dossiers » liés à ces inondations, a-t-elle déclaré.

Il resterait 1750 dossiers à finaliser dans le cadre des réclamations du printemps 2017, selon la ministre.

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