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« Les quotas, c’est un passage obligé », disent Laurence Nerbonne et Julie Le Breton

Elle présente son album, Feu.
Laurence Nerbonne Photo: Avanti Groupe
Radio-Canada

Si les quotas et la parité hommes-femmes ne font pas toujours l'unanimité et ont déjà engendré des discussions à Tout le monde en parle, ce n'était pas le cas dimanche soir. Les artistes invités, la chanteuse Laurence Nerbonne en tête, étaient très favorables à l'instauration de quotas.

Venue parler de son deuxième album Feu, Laurence Nerbonne a abordé la parité et des quotas après une question de l'animateur Guy A. Lepage sur la controverse soulevée par Louis-Jean Cormier sur le sujet. La chanteuse n'était pas d'accord avec lui et lui avait expliqué pourquoi.

C'est alors que le metteur en scène Serge Denoncourt s’est demandé pourquoi un milieu aussi ouvert que celui de la culture n’arrive pas à atteindre la parité en théâtre, en musique.

« De là l’importance de certains quotas, peut-être temporaire », a soutenu la comédienne Julie Le Breton.

Ils parlent de la pièce La nuit où Laurier Gaudreault s’est réveillé.Serge Denoncourt, Julie Le Breton et Michel Marc Bouchard Photo : Avanti Groupe / Karine Dufour

Cette dernière a donné l’exemple de ce qui se passe en réalisation avec la décision de Téléfilm Canada de financer autant de films réalisés par des hommes et des femmes d’ici 2010.

Les gens ont dit : “c’est rendu 50/50 alors que des gars attendaient depuis des années pour faire les films qui n’ont pas été financés”. Peut-être, mais combien de femmes ont attendus toutes ces années-là et attendent toujours pour être financées pour leur film et qu’elles puissent développer leur cinématographie, leur langage artistique.

Julie Le Breton

« Les quotas, c’est un passage obligé. Je suis totalement d’accord avec toi », a soutenu Laurence Nerbonne. « Car on ne le fait pas le travail », a ajouté Serge Denoncourt.

La jeune chanteuse avoue que ce n’est pas une solution idéale. « Il n’y a pas une fille qui veut être prise, car elle est une femme. »

Laurence Nerbonne souligne que le manque de parité est aussi flagrant dans le milieu de la musique.

Il y a des programmations de festivals qui sortent où c’est entièrement masculin. J’en ai vu une cette semaine. Dans le milieu de la musique, on le ressent plus de l’intérieur. Quand j’écoute la radio, je ne me dis pas : “c’étaient trois tounes de gars, il serait temps qu’on ait une toune de fille”.

Laurence Nerbonne

Laurence Nerbonne est bien consciente que le travail n’est pas facile pour les personnes qui font les programmations des festivals. « Est-ce qu’on peut faire l’effort? », demande-t-elle.

Elle ajoute que ce n’est pas la faute des hommes, mais de la socialisation et du poids de l’histoire. « Moi-même, j’aurai tendance à remettre en cause le talent d’une femme musicienne. On n’est pas habitué à en voir, il n’y a pas assez de modèles. Il faut vraiment que ça change. »

L’humoriste Martin Petit, qui se décrit comme féministe, pense que la solution passe par l’éducation. « Je valorise mes deux gars, car je leur explique qu’une femme soit féministe c’est normal, mais un homme féministe c’est que tu acceptes de partager. Je leur dis que c’est une coche de plus. »

Lutter contre l’injustice

Laurence Nerbonne a écrit une chanson #MeToo sur le harcèlement et l’injustice. « Je me suis déjà fait pogner les fesses par un technicien, mais je n’ai jamais été agressée. J’ai essayé de rendre ça un peu plus large. »

Dans cette chanson, la jeune femme voulait aussi parler d’amies que l’on trouve trop grosses pour faire de la télé ou de gens de l’industrie qui lui ont déjà dit qu’elle ne gagnerait jamais sa vie avec la musique.

Si la musique a pris beaucoup de place dans la vie de Laurence Nerbonne, cette dernière est aussi une peintre. D’ailleurs, elle a payé ses études en vendant ses toiles.

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