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Réouverture de l'unité d'obstétrique à La Sarre : entre soulagement et prudence

hopital de la sarre

Le service d’obstétrique-natalité rouvre ses portes à La Sarre

Photo : Radio-Canada / Émilie Parent-Bouchard

Émilie Parent Bouchard

L'unité d'obstétrique-natalité de l'hôpital de La Sarre a rouvert ses portes dans la nuit de samedi à dimanche après une rupture de services de près de deux mois en raison d'un manque d'infirmières. Si la nouvelle est bien accueillie en Abitibi-Ouest, tant la population que les travailleurs de la santé demeurent vigilants quant au maintien des services de proximité.

La question était sur toutes les lèvres depuis l'annonce de la rupture de services en natalité, le 21 février dernier.

Dans une fête prénatale célébrée à Macamic dimanche après-midi, l'annonce de la réouverture de l'unité d'obstétrique-natalité à La Sarre a été très bien accueillie.

À 27 semaines de grossesse, Annabelle Perreault pousse un soupir de soulagement. Soulagée de pouvoir accoucher proche de chez nous. Étant donné que j'ai un enfant plus vieux, c'est plus commode, explique la jeune mère. On est vraiment contents.

Des services essentiels...

C'est essentiel à mon avis qu'il soit maintenu, ce service-là, renchérit la chef de l'unité d'obstétrique, la Dre Kim Beauregard-Lepage, qui évalue que plus d'une vingtaine de femmes d'Abitibi-Ouest ont été contraintes d'accoucher ailleurs pendant les 51 jours qu'aura finalement duré la rupture de services en obstétrique-natalité.

Elle demeure cependant vigilante quant au maintien des services de proximité, tant en natalité que dans les autres départements.

Il faut être tournés vers l'avenir et sur ce qu'on va faire pour maintenir nos services, pour que nos employés soient bien, qu'ils veuillent rester. Pour moi, c'est la question que le CISSS-AT doit se poser et à laquelle il doit trouver la réponse.

On a besoin de travailler plus fort pour maintenir les choses chez nous, poursuit la médecin originaire du Témiscamingue qui a choisi de pratiquer en Abitibi-Ouest pour la qualité de vie, mais aussi pour le tissu social solidaire du secteur.

De maintenir la cadence à travers plein de réunions, de faire toute cette bataille-là, oui c'est difficile, mais je pense que c'est important et on sait pourquoi on le fait : on veut maintenir ces services-là.

Comme citoyenne d'Abitibi-Ouest, je veux que mon hôpital reste fort et offre de bons soins pour ma famille, mes proches, mes amis, pour tous mes patients. Je pense que c'est dans cette optique-là que l'équipe médicale va se battre.

Dre Kim Beauregard-Lepage
Deux femmes devant un hopitalAgrandir l’image (Nouvelle fenêtre)

Les docteurs Catherine Letarte et Kim Beauregard-Lepage de l'hopital de La Sarre.

Photo : Radio-Canada / Émilie Parent-Bouchard

Essentiels, mais fragiles

Kim Beauregard-Lepage mentionne par ailleurs que d'autres départements ont été fragilisés depuis la réforme mise en oeuvre à partir de 2015 par le ministre libéral de l'époque, Gaétan Barrette.

Ces propos sont corroborés par la Dre Catherine Letarte, actuellement en congé maternité et qui est l'une des sept médecins en Abitibi-Ouest à couvrir les 90 quarts de travail mensuels à l'urgence.

C'est un peu de la centralisation qui a été faite à outrance et on est en train d'en payer les frais, dénonce cette native de La Sarre. Nous, ça fait un bout de temps qu'on demande un recruteur local, dans le contexte, pour pouvoir y aller avec la sauce Abitibi-Ouest, pour accueillir les gens, avoir un peu plus de facilité à retenir cette main-d'oeuvre. On nous dit que c'est impossible, faute de budget. C'est décevant quand on travaille sur place et qu'on travaille plus qu'à temps plein dans tous les départements.

Elle se réjouit par ailleurs de pouvoir compter sur l'aide des dix infirmières venues de Montréal pour la réouverture de l'unité d'obstétrique, mais évalue que cette avenue, en plus d'être coûteuse, n'est pas la solution pour assurer la pérennité des services dans la région.

C'est certain qu'en étant native de l'Abitibi-Ouest, j'ai vraiment à coeur les services et je me vois faire ma vie en Abitibi-Ouest. Mais si on n'a plus de services, qu'il y a des départs, ça va devenir tellement critique et tellement difficile de pratiquer dans ce contexte-là que ça peut nous amener à se questionner à savoir si on va pratiquer ailleurs, laisse-t-elle tomber, la voix nouée par l'émotion. C'est là où je ne veux pas [me rendre] du côté personnel et de la belle qualité de pratique qu'on a avec mes collègues. Dans ce temps-là, on se dit qu'il faut s'impliquer.

Des professionnels soutenus par la population

Le groupe Facebook « Veille citoyenne Abitibi-Ouest - Mes soins de proximité, j'y tiens! » demeurera aussi à l'affût. Le fondateur et administrateur du groupe, Vincent Fluet, est d'ailleurs étonné de la portée de la mobilisation.

Un homme qui sourit Agrandir l’image (Nouvelle fenêtre)

Vincent Fluet du groupe Facebook «Veille citoyenne Abitibi-Ouest - Mes soins de proximité, j'y tiens!»

Photo : Radio-Canada / Émilie Parent-Bouchard.

Tout le poids vient de la population. Parce que sans la population, je pense que les élus locaux auraient eu de la misère à avoir la légitimité de rencontrer la ministre.

Vincent Fluet

Et en même temps, le personnel soignant qui a pris la parole a été très courageux de le faire, mais généralement dans le réseau il y a le principe de loyauté envers l'employeur qui fait que les gens dans le réseau ne se prononcent pas, par peur de représailles. Mais là, la population était là et a été informée dans les rencontres populaires de ce qui se passait. C'est par cette dynamique-là qu'on a réussi à faire avancer les choses et d'avoir de l'écoute.

Comme les Dre Letarte et Beauregard-Lepage, il salue cette ouverture de la ministre de la Santé, Danielle McCann, ainsi que la surcharge de travail absorbée par les unités d'obstétrique-natalité des hôpitaux de Rouyn-Noranda et d'Amos.

Le Centre intégré de santé et de services sociaux de l'Abitibi-Témiscamingue (CISSS-AT) n'a pas été en mesure de donner suite à notre demande d'entrevue dimanche.

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Abitibi–Témiscamingue

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