•  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  

Les murales extérieures bientôt permises à Québec

Une murale de l'artiste MC Grou dans le quartier Limoilou, à Québec.

Photo : Radio-Canada / Bruno Giguère

Charles D'Amboise

Les artistes muralistes auront bientôt un nouveau terrain de jeu dans certains quartiers de Québec. La Ville s'apprête à alléger ses règles en matière d'urbanisme pour encourager cet art de rue qui gagne en popularité dans plusieurs grandes villes du monde.

« Actuellement, c’est très restrictif [à Québec]. En réalité, c’est qu’il n’y a pas de projets qui voient le jour, explique la conseillère municipale responsable de la culture à la Ville de Québec, Alicia Despins. Quand il y a des projets de murales qui voient le jour, ce sont des projets qui sont attachés à la construction d’un bâtiment. C’est assez contraignant. »

D’ici l’été, la Ville de Québec annoncera donc un assouplissement des règles pour « permettre des projets d’envergure un peu partout à travers la ville ». Des subventions seront également offertes pour certains projets retenus.

« Il y a de plus en plus de demandes. C’est un réseau d’artistes et de muralistes qui s’est formé […] Ce qui est dommage, c’est que ces artistes-là, de Québec, quand ils font des projets, c’est ailleurs, c’est dans d’autres villes », poursuit Mme Despins.

La Ville souhaite adopter son nouveau règlement au printemps pour les quartiers qui ne sont pas situés dans les zones patrimoniales.

Alicia Despins Agrandir l’image (Nouvelle fenêtre)

Alicia Despins est conseillère municipale et responsable de la culture à la Ville de Québec.

Photo : Radio-Canada

« Une fois le règlement adopté, un citoyen qui voudrait faire un projet de murale n’a qu’à s’adjoindre à un organisme culturel professionnel ou un artiste et déposer un projet. C’est un peu comme une demande de permis », explique-t-elle.

La Ville rendra ensuite son choix selon différents critères.

« On veut s’assurer de la qualité des œuvres. C’est surtout l’acceptabilité sociale. Quand on est dans un quartier résidentiel, il faut que la communauté se rassemble autour de cette œuvre-là et qu’elle se reconnaisse. »

À terme, la Ville souhaite organiser des événements autour de l’art de rue.

« On peut penser à des festivals, à des concours, à des projets de plus grande envergure, souligne Mme Despins. De plus en plus, il y a des villes qui ont des parcours d’art de rue. Il y a des touristes qui s’intéressent à ça et qui se déplacent pour en voir. »

L’art de rue, ce qui est incroyable, c’est que c’est extérieur, c’est accessible, c’est gratuit et c’est à l’année longue. Il y a des choses incroyables qui se font à travers le monde.

Alicia Despins, conseillère municipale responsable de la culture à la Ville de Québec

Artiste à temps plein, la muraliste de Québec MC Grou croit que le changement de réglementation donnera un coup de pouce à la communauté d'art de rue de Québec.

MC GrouAgrandir l’image (Nouvelle fenêtre)

La muraliste MC Grou

Photo : Radio-Canada / Bruno Giguère

« Juste un petit coup de pouce financier pour avoir des artistes de qualité ou avoir des artistes qui viennent d’ailleurs. Ça peut rendre la ville éclectique, colorée, avec différents styles. »

L’artiste estime que les murales pourraient contribuer à enrayer le phénomène des graffitis indésirables.

« C’est tout à l’avantage de la Ville d’encourager ce genre de démarche pour contrer les tags. Je sais qu’il y avait un plan, mais ça peut faire partie de la solution », affirme-t-elle.

L’exemple de Montréal

Dans la métropole québécoise, l'art de rue fait partie intégrante du paysage urbain. Le festival Mural, qui en est à sa septième année, rassemble chaque année des dizaines de muralistes qui s’exécutent sur les murs qui longent le boulevard Saint-Laurent.

Le directeur général du festival, Pierre-Alain Benoît, croit que l'art urbain contribue à augmenter la notoriété et la valeur touristique de Montréal.

« C’est un attrait touristique, parce que ça devient un legs culturel permanent qui reste dans la Ville. »

Selon lui, l’appui légal et financier d’une ville comme Québec ou Montréal est indispensable.

Pierre-Alain BenoîtAgrandir l’image (Nouvelle fenêtre)

Pierre-Alain Benoît, directeur général du festival Mural

Photo : Radio-Canada

La création de murales, à l’origine, c’était dans l’illégalité. C’est rendu beaucoup plus légal, mais pour le faire correctement, ça demande beaucoup de ressources : de l’équipement, de la peinture et il faut être capable de verser des cachets aux artistes.

Pierre-Alain Benoît, directeur général du festival Mural

Selon M. Benoît, les institutions publiques qui donnent un coup de main assurent une qualité des oeuvres créées. « Sinon, ça va être des marques, ça va être des compagnies. Les artistes vont devoir faire des compromis et ce n'est pas souhaitable », affirme-t-il.

Québec

Arts visuels