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Élections en Finlande : les sociaux-démocrates veulent renouer avec la victoire

Le candidat Anti Rinne fait campagne pour les élections législatives en Finlande prévues dimanche.
Le candidat social-démocrate Anti Rinne fait campagne pour les élections législatives en Finlande prévues dimanche. Photo: Reuters / Lehtikuva Lehtikuva
Reuters

Les sociaux-démocrates finlandais, qui font la course en tête dans les sondages depuis près d'un an, abordent les élections législatives de dimanche avec l'espoir de l'emporter pour la première fois depuis 20 ans.

Le dernier sondage diffusé cette semaine par la chaîne de télévision publique crédite le SDP d'Anti Rinne de 19 % des intentions de vote, un score qui, s'il se concrétise dans les urnes, placerait l'ancien syndicaliste âgé de 56 ans en bonne position pour accéder au poste de premier ministre.

Le SDP n'a pas gagné de législatives depuis sa victoire au scrutin de 1999, mais a servi par la suite de force d'appoint à différentes alliances gouvernementales.

Une victoire des sociaux-démocrates, qui ont mené campagne sur la nécessité d'augmenter les impôts pour renforcer l'État-providence et combattre les inégalités économiques, marquerait aussi une inflexion des tendances observées dans les pays scandinaves.

Mais la poussée dans les urnes des Vrais Finlandais pourrait compliquer la tâche de Rinne.

Une série de crimes sexuels commis sur des mineurs par des ressortissants étrangers depuis le début de l'année a étayé le discours de cette formation nationaliste et anti-immigration. Dirigée par Jussi Halla-aho, elle est désormais mesurée à 16,3 % des intentions de vote (deux fois plus qu'en novembre) et s'est installée en deuxième place des sondages.

Alors que les sociaux-démocrates s'appuient sur le sentiment d'insécurité économique croissant d'une population vieillissante, les Vrais Finlandais soutiennent que le pays est allé trop loin, et à ses dépens, sur des questions comme le changement climatique ou l'accueil des migrants.

Nous vivons un choc culturel en Finlande. Une partie de la population est en état de choc face à tous ces changements et, en conséquence, elle saisit la main que lui tendent les Vrais Finlandais.

Karina Jutila, chercheuse au centre d'étude E2

La campagne qui s'achève a été marquée par un climat de tension. À trois semaines du scrutin, le ministre des Affaires étrangères, Timo Soini, ex-membre fondateur des Vrais Finlandais qui en est parti en 2017 pour créer le parti Réforme bleue, a été menacé en pleine tournée électorale par un homme portant un t-shirt marqué du logo des Soldats d'Odin, un groupe d'extrême droite. L'agresseur a été maîtrisé par la sécurité avant de pouvoir le frapper.

La présidente du parlement sortant, Paula Risikko, s'est publiquement interrogée sur l'impact des discours politiques. « Les mensonges et les confrontations sont le carburant des violences politiques. On devrait les traiter avec une égale gravité », a-t-elle dit.

19 partis en lice

Au total, 19 partis sont en lice, dont 8 sont actuellement représentés au Parlement.

Les bureaux de vote ouvriront à 9 h et fermeront à 20 h. Les premières estimations devraient être connues peu après.

Anti Rinne a exclu de former une alliance de gouvernement avec les Vrais Finlandais. Il lui sera par ailleurs difficile de s'entendre avec la Coalition nationale du ministre des Finances, Petteri Orpo, qui juge « irresponsable » son programme économique.

À l'approche des élections européennes, le mois prochain, le scrutin finlandais sera observé de près à Bruxelles.

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