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Un meilleur contrôle des populations de dindons sauvages réclamé en Outaouais

Des dindons sauvages dans un champ, devant des sapins
La forte population de dindons sauvages en Outaouais inquiète les agriculteurs, mais ravit les chasseurs. Photo: Jean-Philippe Larocque
Radio-Canada

La réintroduction des dindons sauvages au Québec fait le bonheur de bien des chasseurs, mais pas nécessairement celui des agriculteurs. L'Union des producteurs agricoles (UPA) réclame un meilleur contrôle de l'espèce en Outaouais, parce qu'elle nuit aux récoltes.

Ça va prendre un contrôle, on est prêts à s'asseoir et à discuter avec les parties prenantes dans ce dossier-là, indique le vice-président de la Fédération UPA Outaouais-Laurentides, Stéphane Alary. On veut trouver une solution, trouver un moyen de les contrôler, sans les exterminer.

Selon M. Alary, qui est également copropriétaire de la Ferme Stépido, les problèmes liés aux dindons sauvages dans la région augmentent d'année en année. Lui-même a déjà perdu deux tonnes de blé, il y a deux ans, alors que des dindons sauvages avaient mangé 10 % de son champ de 20 acres.

Ainsi, plusieurs agriculteurs abandonnent la production de grains, qui serait de moins en moins rentable, selon le représentant de l'UPA. M. Alary propose, entre autres, de jumeler des chasseurs avec des producteurs et de permettre une saison de chasse à l'automne, au moment des récoltes.

Un homme répond aux questions d'une journaliste sur une ferme.Stéphane Alary, vice-président de la Fédération UPA Outaouais-Laurentides Photo : Radio-Canada

Richard Brûlé, un résident de Bowman en Outaouais, réclame quant à lui une augmentation des quotas de chasse. À l'heure actuelle, un chasseur peut abattre deux dindons mâles durant la saison, qui s'étend cette année du 26 avril au 17 mai.

Il faut ouvrir plus la chasse, pas juste chasser les mâles, soutient M. Brûlé, qui reçoit quotidiennement la visite de 20 à 25 dindons dans sa cour. Les oiseaux sont attirés chez lui par la nourriture qu'il laisse pour les chevreuils.

C'est beau à voir, mais c'est rendu une nuisance.

Richard Brûlé, chasseur et résident de Bowman en Outaouais

Les volatiles s'aventurent jusqu'au pas de la porte de sa résidence, laissant des excréments partout sur leur passage.

Davantage de signalements

Le ministère des Forêts, de la Faune et des Parcs a reçu davantage de signalements de dindons sauvages cette année que par le passé, confirme le biologiste André Dumont, responsable de la gestion de la grande faune pour le ministère.

S'il n'est pas en mesure de chiffrer le nombre exact de dindons sauvages en Outaouais, il indique que la population est considérée comme en augmentation. Il y aurait de 10 000 à 15 000 spécimens en Outaouais, dit-il.

Un homme répond aux questions d'une journalisteAndré Dumont, biologiste au ministère de la Forêt, de la Faune et des Parcs Photo : Radio-Canada

On a eu une très bonne saison de reproduction l'année passée, puis, cette année, l’hiver est difficile pour les dindons, souligne M. Dumont.

En raison des importantes chutes de neige, les dindons sauvages ont dû se rapprocher davantage des bordures d'autoroute, où il se nourrissent du vinaigrier commun, et des résidences, où ils picorent dans les mangeoires d'oiseaux.

Avec le redoux, on va voir de moins en moins de dindons dans les prochaines semaines.

André Dumont, biologiste au ministère de la Forêt, de la Faune et des Parcs

Une chasse en pleine expansion

Depuis l'instauration d'une chasse régulière aux dindons sauvages au Québec, le nombre de permis émis est passé de 2277, en 2008, à 18 003, en 2018.

C'est une chasse en expansion, qui devient de plus en plus populaire ici au Québec. Le dindon a été réintroduit [au début des années 2000]. Donc, c'est normal qu'on en voie un peu plus. On n'en voyait pas au début des années 2000, note Jean-Philippe Larocque, propriétaire de la Pourvoirie de la Lièvre, à Bowman, en Outaouais.

Une précédente version de ce texte laissait entendre que le dindon sauvage a été réintroduit en 2007 au Québec. Or, les efforts de repopulation du ministère des Forêts, de la Faune et des Parcs et de la Fédération québécoise des chasseurs et pêcheurs ont plutôt commencé au début des années 2000.

D'après M. Larocque, il s'agit d'une chasse particulièrement prisée des amateurs, en raison de l'interaction avec le gibier et du goût de la viande. Le nombre de spécimens abattus en Outaouais a augmenté de 2014 à 2018, passant de 976 à 1398.

M. Larocque croit que l'autorisation de la chasse à l'arc dans certaines zones rurales, comme en Ontario, pourrait aider à réduire les populations là où l'oiseau n'a pas de prédateurs. Il rappelle toutefois que c'est d'abord et avant tout la nature qui se charge du contrôle de la population.

Même son de cloche de la part du biologiste André Dumont. Le ministère de la Faune pourrait autoriser une chasse plus intensive pour mettre davantage de pression sur l'espèce, notamment en permettant la chasse des femelles ou en augmentant les quotas, reconnaît-il. Mais les effets de telles mesures seraient minimes.

La chasse ne réussirait jamais à diminuer les populations de dindons, fait Valoir M. Dumont. La population de dindons se régule par elle-même, en fonction des hivers rigoureux ou des conditions de nidification du printemps. On ne peut pas contrôler la population de dindons sauvages.

Avec les informations de Florence Ngué-No

Ottawa-Gatineau

Faune et flore